Le 20 février, la Seine-Saint-Denis a franchi une étape majeure dans sa lutte contre les discriminations et les violences haineuses. Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, a signé aux côtés de Julien Charles, préfet du département, Éric Mathais, procureur de la République près le tribunal judiciaire de Bobigny, et Oriane Filhol, conseillère départementale en charge de la jeunesse et de la lutte contre les discriminations, le premier plan départemental dédié à ces enjeux. Ce dispositif s’inscrit comme la déclinaison locale de deux plans nationaux en vigueur jusqu’en 2026 : le Plan national de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations liées à l’origine, ainsi que le Plan national pour l’égalité et contre la haine et les discriminations anti-LGBT+.
La Seine-Saint-Denis se dote ainsi d’une stratégie coordonnée pour répondre de manière ciblée aux phénomènes de haine et de discrimination sur son territoire. Le plan repose sur quatre axes principaux. Il prévoit tout d’abord de renforcer l’information et l’accompagnement des victimes d’actes racistes, antisémites ou LGBTphobes, tout en consolidant la formation des professionnels susceptibles d’être confrontés à ces situations. Il vise également à lutter contre les discriminations dans l’accès et l’exercice de l’emploi, un domaine où les inégalités persistent malgré les cadres législatifs existants. Un troisième volet concerne la prévention des stéréotypes et des préjugés, en particulier auprès des jeunes publics, afin de travailler à long terme sur la transformation des mentalités. Enfin, le plan inclut des mesures spécifiques pour garantir la sécurité et les droits des personnes LGBT+, un engagement qui reflète l’évolution des préoccupations sociétales et la nécessité d’une protection adaptée.
La connaissance précise des phénomènes discriminatoires et des actes haineux constitue également un enjeu central de cette initiative. L’objectif est de pouvoir ajuster les réponses publiques aux réalités observées sur le terrain, en s’appuyant sur des données fiables et actualisées. Cette approche repose sur un travail partenarial étroit, impliquant services de l’État, partenaires institutionnels et associations locales. Le plan est le fruit de plusieurs années de concertation et d’analyse, notamment alimentées par des recherches et enquêtes sur le vécu des habitants. Entre avril et octobre 2023, l’Association de Recherche et d’Étude sur la Santé, la Ville et les Inégalités (Aresvi) a mené une étude commandée par la préfecture pour identifier les discriminations ressenties par la population. Ces résultats ont nourri les priorités définies dans le plan.
À cette base de données s’ajoutent les travaux menés au sein de groupes thématiques organisés en 2024 et 2025, qui ont réuni services publics, partenaires institutionnels et acteurs associatifs. Cette méthodologie a permis de croiser analyses et retours d’expérience, consolidant la pertinence et la faisabilité des actions envisagées. La signature de ce plan formalise une feuille de route partagée, visant à renforcer la coordination entre dispositifs institutionnels et associatifs et à structurer une réponse territoriale intégrée face aux discriminations et violences haineuses.
La mise en œuvre sera encadrée de manière rigoureuse par le Corahd, instance chargée de piloter l’action départementale contre le racisme, l’antisémitisme, et les discriminations. Ce suivi inclura des indicateurs communs pour évaluer l’efficacité des mesures, l’animation de groupes de travail thématiques et un reporting régulier sur les progrès réalisés. L’approche adoptée vise à garantir que les dispositifs ne restent pas théoriques mais se traduisent concrètement sur le terrain, permettant une meilleure protection des victimes et un impact durable sur la prévention des comportements discriminatoires.
En mobilisant l’ensemble des acteurs institutionnels et associatifs autour d’une stratégie commune, la Seine-Saint-Denis se positionne comme un département pilote dans l’organisation d’une réponse coordonnée aux discriminations et aux violences de haine.
Préfecture : plan contre les discriminations
Par Renaud Morelli
Publié le 23 février 2026 à 19h54 – Temps de lecture : 4 minutes
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