Pendant que les plus jeunes écumeront les rues en quête de bonbons, une autre fête d’Halloween se jouera à Ris-Orangis, nettement plus électrique. Le samedi 31 octobre, Le Plan accueille Les Négresses vertes, l’une des formations les plus attachantes de la scène française. Un rendez-vous qui tombe à pic au cœur des vacances de la Toussaint, et qui devrait réunir plusieurs générations au pied de la même estrade, des nostalgiques des années 1990 aux curieux venus vérifier la légende.
Difficile de résumer la trajectoire de la bande en quelques lignes. Née à Paris en 1987, dans le sillage de la scène punk et des fanfares de quartier, la formation impose très vite un son métissé, entre rock bringueur, chanson réaliste et parfums méditerranéens. Son premier album, « Mlah », paru en 1988, devient un petit phénomène et franchit les frontières, jusqu’aux classements britanniques. Suivront des disques devenus familiers, comme « Famille nombreuse » en 1991, portés par une énergie de troupe et des refrains que l’on reprend sans même y penser. Après une longue parenthèse, le groupe s’est reformé en 2018 et tourne régulièrement depuis, sans jamais renier l’esprit de bande qui a fait sa réputation.
C’est dans ce long compagnonnage avec la scène que s’inscrit le concert essonnien, l’une des dates de la tournée baptisée « Zobi Tour ». Sur le plateau, six musiciens proposent toujours ce répertoire bigarré, fidèle à l’esprit des débuts : on vient autant pour chanter que pour danser, et les plus anciens succès voisinent avec des morceaux plus récents. La première partie n’était pas encore dévoilée à l’heure où ces lignes sont écrites, mais la maison a l’habitude de confier l’ouverture à de jeunes talents à suivre, histoire de mettre un pied à l’étrier à la relève.
Côté pratique, tout se passe dans la grande salle. Les portes s’ouvrent à 19h, le concert démarre à 20h, en configuration debout et placement libre. Comptez 30 € en plein tarif, 27 € en tarif réduit sur présentation d’un justificatif, et 24 € pour les détenteurs de la carte d’adhésion de la saison, laquelle coûte 10 € et donne droit à une place à prix doux par soirée. Les billets se réservent à l’avance comme sur place, dans la limite des capacités de la salle. De quoi s’offrir une sortie sans trop entamer le budget des vacances, à quelques minutes seulement du centre de l’agglomération.
Le lieu, justement, mérite qu’on s’y arrête. Installé au 1, avenue Louis-Aragon, Le Plan est la salle de musiques actuelles de Ris-Orangis, aujourd’hui gérée par la communauté d’agglomération Grand Paris Sud. Depuis des années, l’équipement accueille têtes d’affiche et découvertes, mais ne se limite pas aux concerts. Studios de répétition, résidences et accompagnement de groupes y tiennent une place centrale : son dispositif « Factory », lancé en 2016, aide de jeunes artistes à structurer leur projet, de la scène à l’enregistrement. Preuve de cette double vocation, la journée du 31 octobre ne se résume pas à la soirée rock : dès le matin, de 10h à 17 h 30, Le Plan organise dans ses studios une masterclass consacrée au logiciel Ableton Live, deuxième du nom. Au menu de cet atelier de musique assistée par ordinateur, réglages pour jouer en concert, choix du matériel, pilotage par contrôleurs et astuces pour bâtir un set sans le figer. Animée par deux praticiens aguerris, la session vise un public de niveau intermédiaire, pour 25 €.
Ris-Orangis : les Négresses vertes débarquent au Plan
Par Renaud Morelli
Publié le 28 octobre 2026 à 12h06 – Temps de lecture : 4 minutes
