À l’occasion de la Journée internationale de sensibilisation aux troubles du spectre de l’autisme, le conseil départemental du Val-de-Marne a marqué son attachement profond à l’inclusion des personnes concernées et de leurs proches. À Créteil, Olivier Capitanio, président de l’assemblée départementale, a rejoint les associations Apogei94, L’Heure civique val-de-marnaise et Trott-Autrement pour réaffirmer la détermination collective à entourer au mieux celles et ceux touchés par ce handicap invisible.
La matinée s’est ouverte par un déplacement symbolique autour du lac de Créteil, réunissant familles, riverains, bénévoles et représentants associatifs dans un élan collectif. Ce temps fort de fraternité a permis de placer l’inclusion au centre des échanges, avant de se prolonger l’après-midi dans une démarche alliant engagement écologique et message social. En partenariat avec le domaine de Grosbois et l’association Le Trot à Marolles-en-Brie, une opération de reboisement a réuni éco-délégués de trois collèges – La Guinette à Villecresnes, Simone Veil à Mandres-les-Roses et Georges Brassens à Santeny – ainsi que les structures Trott’Autrement, Apogei 94 et L’Heure civique. Soixante-dix arbres ont ainsi pris racine, dont le 37 000e plant du programme départemental « 50 000 arbres », marquant la fin de la campagne de plantation annuelle. Ce geste, liant environnement et solidarité, reflète les deux axes prioritaires portés par le territoire.
À travers ces initiatives, le Val-de-Marne rappelle avec force que l’accueil de chacun constitue un enjeu sociétal majeur. Depuis l’adoption de son plan autisme le 19 octobre 2023, la collectivité structure ses efforts pour transformer les perceptions et apporter des solutions tangibles là où les besoins se font sentir. Ce cadre ambitieux répond à un constat partagé : l’accompagnement des personnes autistes reste trop souvent insuffisant localement, entre délais diagnostiques trop longs et ruptures dans les parcours de soin ou d’éducation.
Au cœur de cette stratégie figure le dépistage précoce, renforcé par la sensibilisation des équipes des centres de protection maternelle et infantile ainsi que du personnel des crèches municipales. Un repérage systématique des signaux précoces est désormais intégré dès les premiers mois de vie, soutenu par le recrutement de six psychomotriciennes au sein des services de PMI. Cette mesure vise à raccourcir les temps d’attente pour un diagnostic formel et à épargner aux parents les parcours semés d’incertitudes.
Le département investit également dans un réseau dense d’établissements médico-sociaux, de services dédiés et de collectifs militants qui travaillent sans relâche pour favoriser l’autonomie et le bien-être quotidien. Au-delà des financements, 257 places d’hébergement ou d’accueil spécialisé ont été ouvertes ou programmées, permettant aux personnes concernées de bénéficier d’un accompagnement de proximité, adapté à leur environnement. Cette politique s’enrichit de projets novateurs, à l’image des espaces « Épanouî » implantés à Saint-Maur et Boissy-Saint-Léger, qui ouvrent leurs portes à une quarantaine de jeunes privés jusqu’alors de solutions adaptées.
D’autres initiatives complètent ce dispositif. L’établissement « Archipel », dont l’ouverture est prévue pour 2027, proposera 54 places, dont 42 en internat complet et 12 en journée, répondant à des besoins spécifiques non couverts à ce jour. En parallèle, le département soutient l’accès à une scolarité ouverte à tous via la maison départementale des personnes handicapées, qui instruit les demandes de projets personnalisés dans des délais alignés sur la rentrée scolaire. Dès le plus jeune âge, les crèches publiques intègrent l’accueil des tout-petits présentant des particularités neurodéveloppementales, grâce à des formations ciblées pour les professionnels, des ajustements matériels et un suivi individualisé.
Cette mobilisation se prolonge au collège, où des programmes de sensibilisation touchent élèves comme équipes pédagogiques, appuyés par des ressources didactiques conçues pour l’autisme. Les familles et proches bénéficient quant à elles de pauses organisées et d’espaces d’information dédiés, tandis que les citoyens sont invités à s’engager via des partenariats comme celui noué avec L’Heure civique. La collectivité poursuit enfin sa campagne de grande ampleur auprès du public, notamment avec la 3e édition de « Lumière sur l’autisme » programmée le 10 octobre prochain.
Née d’une concertation étroite avec l’ensemble des acteurs spécialisés, cette stratégie s’articule autour de quatre piliers fondamentaux. Elle cherche d’abord à diffuser une connaissance juste des réalités de l’autisme auprès des habitants, des métiers de l’enfance et de l’insertion, ainsi que des recruteurs. Elle consolide ensuite les outils de repérage dans les 71 PMI du département, accélérant ainsi les premières étapes décisives. Elle fluidifie les transitions tout au long de l’existence, de l’école à l’emploi stable, et déploie enfin des réponses sur mesure en développant les capacités d’accueil, en resserrant les liens entre intervenants et en s’ouvrant aux innovations reconnues.
Santé : sensibilisation à l’autisme
Par Marie Aschehoug-Clauteaux
Publié le 13 avril 2026 à 14h17 – Temps de lecture : 5 minutes
