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Sécurité industrielle : la Dreal durcit ses contrôles en région Paca

Par Marcel Grenay
Publié le 1 juin 2026 à 11h27 – Temps de lecture : 6 minutes

L’inspection des installations classées de la Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (Dreal) Provence-Alpes-Côte d’Azur vient de finaliser un important cycle de vérifications sur le terrain. Menée entre janvier et avril 2026 sous l’autorité directe des préfets de département, cette opération dite « coup de poing » s’est fixé pour objectif prioritaire de vérifier la conformité des sites industriels vis-à-vis de l’arrêté ministériel du 4 octobre 2010, qui encadre très strictement la maîtrise des risques liés aux atmosphères explosives, communément appelées Atex. Les services de l’État ont souhaité anticiper les défaillances potentielles, l’accidentologie historique et les retours d’expérience nationaux démontrant que la concomitance de sources d’inflammation et de poussières ou de vapeurs de solvants représente un facteur de danger majeur pour la survie des infrastructures et la sécurité des personnels.

Au total, ce sont 62 établissements industriels soumis au régime technique de l’autorisation, le plus contraignant de la législation environnementale, qui ont reçu la visite surprise ou programmée des inspecteurs de l’environnement. Afin d’avoir une vision globale et représentative de la situation à l’échelle de l’ensemble du territoire régional, la campagne a ciblé des entreprises basées dans tous les départements de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. De plus, les autorités ont veillé à inspecter un panel diversifié de secteurs d’activité, incluant de grandes usines de transformation chimique, des complexes pétrochimiques, des centres de traitement, de valorisation et de transit des déchets, ainsi que diverses plateformes logistiques d’entreposage et de stockage de matières premières. Le choix minutieux de ces 62 cibles s’est opéré en analysant en amont la dangerosité intrinsèque des procédés thermiques mis en œuvre et la réactivité chimique des substances stockées à l’intérieur des bâtiments.

Sur le terrain, les investigations menées par la police de l’environnement se sont structurées de manière méthodique autour de quatre grands piliers réglementaires. Les inspecteurs ont en premier lieu analysé la documentation technique pour s’assurer que chaque exploitant avait pleinement pris en compte le risque d’explosion, notamment par la rédaction d’une analyse de risques exhaustive et la mise en place d’un plan de zonage cartographique précis. Dans un deuxième temps, une vérification de cohérence a été opérée pour confronter ces données théoriques avec la réalité matérielle des ateliers de production afin de s’assurer de l’installation effective de barrières de sécurité et de mesures de maîtrise des risques adaptées. Le troisième axe de contrôle s’est concentré sur la conformité technique des matériels électriques (moteurs, éclairages, capteurs) implantés au cœur même des zones qualifiées à risque d’explosion. Enfin, le quatrième volet concernait le suivi et la traçabilité des vérifications périodiques obligatoires auxquelles doivent être soumis l’ensemble des équipements électriques de chaque site.

Le bilan tiré par la Dreal au terme de cette campagne met en lumière des marges de progression significatives et démontre que la culture du risque Atex doit impérativement être mieux appréhendée par une partie des industriels de la région. Parmi les manquements et les écarts réglementaires, les plus fréquemment répertoriés par les inspecteurs figurent un manque évident de clarté dans l’organisation des secours, ainsi qu’une insuffisance flagrante dans la rédaction des consignes de sécurité écrites destinées aux opérateurs pour prévenir le déclenchement d’un sinistre. Sur le plan purement matériel, l’inspection a également mis en évidence une méconnaissance technique de la part de certains exploitants concernant l’adéquation de leurs équipements avec le niveau de dangerosité de la zone où ils se trouvent. Face à ces constats, près d’un tiers des points de contrôle méticuleusement analysés ont formellement donné lieu à des notifications administratives exigeant des actions correctives immédiates ou la fourniture rapide de justificatifs complémentaires. Pour les non-conformités jugées les plus lourdes et menaçant directement la sécurité des travailleurs ou des riverains, la Dreal a transmis 14 propositions de mise en demeure préfectorale. L’intégralité des réponses techniques et des investissements correctifs qui seront apportés par les exploitants visés fera l’objet d’un examen de contrôle rigoureux par l’inspection de l’environnement.

Cette vaste campagne s’inscrit pleinement dans la stratégie globale de surveillance du territoire menée par la Dreal, qui conçoit chaque année une ou plusieurs de ces opérations thématiques coordonnées à fort impact. Deux actions similaires, reposant sur le principe d’un contrôle simultané d’un grand nombre d’usines en un temps restreint, avaient déjà été menées au cours de l’année 2025 pour lutter contre la prolifération des légionelles et auditer les systèmes de gestion des pertes d’utilités industrielles. Soucieuse de maintenir une pression de contrôle constante, l’administration a d’ores et déjà programmé une nouvelle action « coup de poing » sectorielle pour le second semestre de l’année 2026. À travers ces interventions régulières par sondage, l’État ne se limite pas à une simple vérification de conformité administrative. Ces missions de terrain permettent de s’assurer concrètement que les chefs d’entreprise maîtrisent au quotidien les risques sanitaires et environnementaux de leurs installations. À terme, les données collectées lors de ces vagues d’inspections alimentent la réflexion nationale et peuvent conduire à des modifications des prescriptions applicables au niveau local, voire à des évolutions majeures de la réglementation technique nationale. La tâche reste d’envergure, puisque la région Provence-Alpes-Côte d’Azur compte en 2026 un tissu industriel dense composé d’environ 1 500 installations classées soumises aux régimes les plus stricts de l’enregistrement ou de l’autorisation environnementale.