Le Département du Val-d’Oise, réuni en Assemblée départementale sous l’autorité de Marie-Christine Cavecchi, sa présidente, a approuvé une aide financière ciblée de 27 553 euros au bénéfice de trois exploitations agricoles locales, scellant ainsi un soutien tangible à l’avenir rural du territoire. Cette décision s’inscrit dans une vision stratégique d’accompagnement des filières locales, où durabilité environnementale et excellence artisanale se conjuguent pour préserver un patrimoine vivant. Avec 55 000 hectares de terres cultivées – près de la moitié de sa superficie – et une primauté francilienne en arboriculture grâce à 400 hectares de vergers, le Val-d’Oise ancre son identité dans ces champs et vergers qui nourrissent l’économie, façonnent les paysages bocagers et protègent la biodiversité face à l’urbanisation vorace. Chaque euro investi amplifie cette boucle vertueuse : relocalisation alimentaire, réduction des émissions liées au transport, et transmission d’un savoir-faire qui fait la fierté collective.
L’exploitation Delacour à Commeny capte la plus grosse enveloppe, 15 476 euros, pour une rénovation intérieure d’un bâtiment clé. Cet aménagement accueillera bientôt le conditionnement méticuleux de légumes secs – pois chiches, lentilles locales – et la fabrication artisanale de moutardes aromatisées, où épices rares et savoir ancestral se marient pour des produits d’exception destinés aux marchés de proximité. À Béthemont-la-Forêt, l’exploitation Guébet décroche 9 800 euros pour transformer un camion en outil nomade de vente directe : réfrigération optimisée, présentoirs modulables et marquise déployable permettront aux pommes, poires et prunes des 400 hectares arboricoles de conquérir les étals des bourgs ruraux et des halles parisiennes. Enfin, la Ferme d’en Bas à Attainville investira 2 777 euros dans un broyeur d’accotement dernier cri, indispensable pour tailler les haies vives qui ceinturent les parcelles, abritent la faune sauvage et dessinent ce bocage valdoisien si caractéristique, menacé par l’expansion périurbaine.
Marie-Christine Cavecchi porte cette ambition avec conviction, voyant dans l’agriculture un levier d’attractivité autant qu’un rempart écologique. Engagée localement depuis trois décennies, elle défend une ruralité résiliente où chaque hectare cultivé devient un acte citoyen : circuits courts qui ravissent les papilles du 1,2 million de Valdoisiens, préservation des nappes phréatiques par des pratiques vertueuses, et diversification face aux aléas climatiques. Ces aides s’ajoutent à un arsenal étoffé – filets paragrêles pour vergers, subventions à la méthanisation, accompagnement à l’installation de jeunes agriculteurs – tissé en partenariat avec la Chambre d’agriculture d’Île-de-France, dans un département qui conjugue céréales, maraîchage et viticulture naissante au Heaulme.
Mais le Département ambitionne plus que des subventions : il érige ses producteurs en ambassadeurs lors d’événements grand public, à commencer par le Salon de l’Agriculture du 21 février au 1er mars 2026 à Paris. Avec 610 000 visiteurs en 2025, ce rendez-vous incontournable accueillera un stand valdoisien à la scénographie audacieuse fusionnant agriculture et cinéma : projections immersives de moissons d’antan sur champs actuels, ateliers olfactifs autour de moutardes fraîches, et rencontres avec les lauréats Delacour, Guébet et Ferme d’en Bas. Paul Dubray, conseiller délégué à la Ruralité, y orchestrera des masterclass sur la greffe fruitière, des dégustations de cidre bio et des forums sur l’agroécologie.
À l’heure où l’Île-de-France perd 2 000 hectares agricoles par an, le Val-d’Oise trace une contre-piste : innovation logistique pour écouler les surplus, entretien paysager qui dope le tourisme vert, et promotion qui dope les ventes locales de 20 % en moyenne.
Soutien aux agriculteurs : modernisation et filières locales
Par Renaud Morelli
Publié le 17 février 2026 à 10h45 – Temps de lecture : 3 minutes
