Le stade Sébastien Charléty, dans le 13e arrondissement, a vécu une semaine peu ordinaire. Du 6 au 11 juillet, l’enceinte parisienne a accueilli la troisième édition de la Coupe du monde de football unifié, organisée sous l’égide de Special Olympics. La compétition rassemblait des joueurs et des joueuses venus de vingt-quatre pays, autour d’un principe simple : faire évoluer, au sein d’une même équipe, des athlètes avec et sans déficience intellectuelle, sur un pied d’égalité.
C’est tout le sens du « football unifié », une discipline qui associe sur le terrain des sportifs en situation de handicap mental et des partenaires dits unifiés. L’objectif affiché est de dépasser la seule performance pour promouvoir l’inclusion, le jeu collectif et la mixité, en confiant à chacun un rôle à part entière dans le déroulement des rencontres, quel que soit son profil ou son niveau.
Portée par le mouvement Special Olympics, cette forme de compétition s’est développée à l’échelle internationale au fil des dernières décennies. Elle repose sur l’idée qu’en réunissant, dans une même formation, des joueurs aux profils différents, le sport peut faire évoluer le regard porté sur le handicap. Sur le terrain, les partenaires unifiés ne se contentent pas d’accompagner les athlètes : ils partagent réellement le jeu, les passes et les responsabilités, dans un esprit de coopération qui distingue nettement ces rencontres des tournois traditionnels et en fait un moment d’échange autant qu’une épreuve sportive.
Vingt-quatre équipes étaient engagées, douze masculines et douze féminines, soit plus de trois cents joueurs et joueuses, accompagnés d’une cinquantaine d’entraîneurs. À leurs côtés, plusieurs centaines de proches des athlètes et de nombreux bénévoles ont participé à l’organisation, faisant du stade du 13e arrondissement un véritable point de rassemblement international durant six jours de compétition.
Les formats de jeu variaient selon les tournois. Chez les hommes, les matchs se disputaient à onze contre onze, avec sur la pelouse une majorité d’athlètes en situation de handicap et plusieurs partenaires unifiés. Chez les femmes, la compétition se jouait à sept contre sept, selon une répartition comparable entre les athlètes et leurs partenaires, afin de préserver l’esprit d’équipe recherché par la discipline.
L’événement revêtait une portée particulière. Après Chicago en 2018 et Détroit en 2022, Paris devenait la première ville à recevoir cette Coupe du monde hors des États-Unis. La capitale, déjà rompue à l’organisation de grands rendez-vous sportifs internationaux, confirmait ainsi sa volonté d’accueillir des compétitions ouvertes à tous les publics et attentives à la place des personnes en situation de handicap.
L’organisation a réuni plusieurs acteurs publics et sportifs, parmi lesquels l’État, la Ville de Paris, la Métropole du Grand Paris, la Région Île-de-France, la Fédération française de football et le club du Paris FC. Cette coopération illustre l’attention croissante portée au sport comme outil d’inclusion, de rencontre et de cohésion entre des publics qui se croisent encore trop rarement sur un terrain.
Pour le public, l’accès aux rencontres était gratuit, sur réservation. Ce choix visait à ouvrir largement les tribunes aux familles, aux scolaires et aux habitants du quartier, et à faire découvrir une pratique encore méconnue du grand public. Les matchs se sont enchaînés tout au long de la semaine sur la pelouse d’un stade surtout habitué à l’athlétisme et au football classique.
Sport : le football unifié réuni à Charléty
Par Marc Blanc
Publié le 13 juillet 2026 à 18h28 – Temps de lecture : 4 minutes
