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Un nouveau plan pour lutter contre les risques de l’amiante

Par Assia Bedja
Publié le 6 mai 2026 à 13h54 – Temps de lecture : 4 minutes

Le Gouvernement a publié le second plan d’actions interministériel consacré à la prévention des risques liés à l’amiante (PAIA2), qui couvre la période 2026-2030. Ce nouveau dispositif s’inscrit dans la continuité du premier plan lancé en 2016 et vise à renforcer la coordination des politiques publiques relatives à ce matériau encore présent dans de nombreux bâtiments et infrastructures.

Ce plan est piloté conjointement par plusieurs ministères, notamment ceux chargés du travail, de la santé, de l’environnement et du logement. D’autres administrations y sont également associées, comme celles en charge de l’agriculture, de l’éducation nationale ou encore des Outre-mer. L’objectif affiché est de mieux structurer l’action de l’État face à un risque sanitaire et professionnel toujours majeur, malgré l’interdiction de l’amiante en France depuis le 1er janvier 1997.

Le PAIA2 s’appuie sur une organisation en six grands axes. Le premier concerne le renforcement de l’information destinée au grand public et aux professionnels, afin de mieux faire connaître les risques liés à l’exposition à l’amiante ainsi que le cadre réglementaire en vigueur. Le deuxième axe porte sur la professionnalisation des acteurs intervenant dans les opérations de repérage, de maintenance ou de désamiantage, avec un accent mis sur la formation et la montée en compétence des filières concernées.

Le troisième axe vise à améliorer les connaissances disponibles et à développer des outils de suivi et de collecte de données plus performants. Le quatrième concerne l’évolution de la réglementation et la mise en place de mesures destinées à réduire l’exposition des populations et des travailleurs. Le cinquième axe est centré sur l’accompagnement des acteurs publics et privés dans l’application des règles existantes, afin de faciliter leur mise en œuvre sur le terrain. Enfin, le sixième axe soutient les démarches de recherche et d’innovation, notamment dans les techniques de détection, de traitement et de gestion des matériaux contenant de l’amiante.

L’amiante demeure un enjeu sanitaire important en France. Très largement utilisé avant son interdiction, il reste encore présent dans de nombreux bâtiments, installations industrielles et équipements. Il peut également être retrouvé à l’état naturel dans certains sols et massifs rocheux, notamment en Haute-Corse et dans certaines zones montagneuses. Cette persistance contribue à maintenir un risque d’exposition, en particulier lors de travaux de rénovation ou de démolition.

Les conséquences sanitaires sont lourdes et bien documentées. Chaque année, l’exposition à l’amiante est à l’origine de plus de 1 000 cas de mésothéliomes pleuraux et de 1 800 à 4 000 cancers broncho-pulmonaires. Il s’agit de la première cause de cancers d’origine professionnelle en France. La longue période de latence, pouvant atteindre plusieurs décennies entre l’exposition et l’apparition des maladies, rend la prévention particulièrement complexe et nécessite une vigilance continue.

Le premier plan d’actions interministériel avait déjà permis plusieurs avancées, notamment le renforcement de la professionnalisation des intervenants, la structuration de la filière de désamiantage et le développement de solutions techniques innovantes via des programmes de recherche et développement. Il avait également contribué à améliorer la cohérence globale de l’action publique sur ce sujet.

Avec le PAIA2, le Gouvernement entend poursuivre ces efforts tout en élargissant le périmètre d’action. Une attention particulière est portée à l’amiante présent dans les établissements scolaires, ainsi qu’aux spécificités des territoires ultramarins, où les conditions d’exposition et les capacités d’intervention peuvent différer.

Le plan prévoit également une évolution progressive et adaptable, susceptible d’être ajustée en fonction des avancées scientifiques, techniques et réglementaires. Cette approche doit permettre d’adapter en continu les politiques publiques aux connaissances les plus récentes et aux besoins de terrain, avec l’objectif constant de réduire l’exposition à l’amiante et ses conséquences sanitaires.