La protection du littoral niçois franchit une étape majeure. En effet, l’État a officialisé la création d’une nouvelle aire marine protégée au large de Nice. Pour cela, le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, le préfet maritime de la Méditerranée et le préfet des Alpes-Maritimes ont cosigné un arrêté interpréfectoral. Ce texte crée deux zones de protection forte dédiées aux habitats naturels marins de la baie des Anges.
Tout d’abord, ce projet émane de la Métropole Nice Côte d’Azur et de la commune de Nice. Ensuite, la Direction départementale des territoires et de la mer des Alpes-Maritimes en a assuré la coordination. Dès le départ, les porteurs du projet ont affiché une ambition claire. Ils ont souhaité répondre à l’ensemble des critères exigés pour obtenir le label de zone de protection forte.
Par ailleurs, cette initiative s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale pour les aires marines protégées. La France s’est en effet engagée à protéger 30 % de ses eaux marines d’ici 2030. Dans ce cadre, 10 % doivent bénéficier d’une protection renforcée. Ainsi, la nouvelle aire marine protégée de Nice contribue directement à cet objectif national.
Grâce à cette réglementation, les autorités entendent désormais limiter les activités humaines qui dégradent les fonds marins. Concrètement, le dispositif vise à préserver des milieux essentiels. Il s’agit notamment des herbiers de posidonie et de cymodocée, mais aussi du coralligène et des roches infralittorales. Ces habitats jouent un rôle clé pour la biodiversité et pour la qualité des eaux côtières.
Cette aire marine protégée se compose de deux zones distinctes. La première se situe face à la promenade des Anglais. Elle couvre une surface de 21 hectares. Elle s’étend sur 300 mètres à partir du rivage, entre un épi situé à l’ouest du Centre universitaire méditerranéen et l’Hôtel Negresco. Dans ce secteur, la réglementation s’avère particulièrement stricte. Ainsi, les autorités interdisent la pêche de loisir sous toutes ses formes. Elles interdisent également la pêche professionnelle, y compris sous-marine. De plus, elles prohibent la plongée sous-marine, le mouillage et l’arrêt des navires. Enfin, elles bannissent la navigation des embarcations motorisées, sauf dérogation exceptionnelle.
La seconde zone se situe à l’est de la ville, le long du Cap de Nice, près de la pointe des Sans-Culottes. Cette zone couvre 27,7 hectares. Elle s’étend elle aussi sur 300 mètres depuis le rivage, entre la plateforme Maeterlinck et l’est de la pointe du Gaton. Là encore, les autorités interdisent la pêche de loisir et la pêche professionnelle. De même, elles interdisent le mouillage des navires et des engins immatriculés.
Cependant, le texte prévoit certaines adaptations. Ainsi, les pêcheurs professionnels des prud’homies de Nice et de Villefranche-sur-Mer pourront poursuivre leur activité traditionnelle au Cap de Nice. L’État leur accordera des dérogations annuelles, délivrées à titre individuel. En revanche, la réglementation suspendra totalement la pêche professionnelle du 1er août au 30 novembre dans l’ensemble de l’aire protégée.
Par ailleurs, l’arrêté prend aussi en compte les contraintes liées à la plongée sous-marine. Les clubs pourront installer des bouées d’amarrage afin d’éviter l’ancrage, désormais interdit. En complément, les autorités autorisent le positionnement dynamique des navires. Cette solution permet ainsi de concilier la sécurité des plongeurs et la protection des fonds marins.
Enfin, avant son adoption définitive, le projet a fait l’objet d’une consultation publique en ligne. De nombreux participants ont exprimé leur soutien à cette démarche. Ils ont également proposé plusieurs ajustements. Les services de l’État ont donc fait évoluer certaines dispositions, sans modifier l’équilibre général du projet.
Les nouvelles règles entreront en vigueur le 1er juin 2026.

