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Villeneuve-Saint-Georges : bilan de l’enquête rue Charles Péguy

Par Gilbert Caron
Publié le 20 août 2026 à 13h41 – Temps de lecture : 5 minutes

L’enquête publique portant sur la création d’un secteur de renouvellement urbain rue Charles Péguy, à Villeneuve-Saint-Georges, a franchi une nouvelle étape. Le rapport et les conclusions du commissaire enquêteur ont été mis en ligne le 20 août 2026 sur le site des services de l’État en Val-de-Marne. La consultation s’était déroulée un peu plus tôt dans l’été, du 10 juin au 10 juillet 2026, après un arrêté préfectoral de prescription daté du 22 mai.
Le projet, porté par l’établissement public territorial Grand-Orly Seine Bièvre, prévoit la démolition puis la reconstruction de 124 logements dans ce secteur, situé en ex-zone C du plan d’exposition au bruit de l’aéroport d’Orly. L’opération est estimée par le dossier à environ 80 habitants supplémentaires, un chiffre volontairement contenu qui tient à la réglementation propre aux abords des aéroports. Ce type d’opération vise le plus souvent un habitat ancien et dégradé, que la collectivité entend remplacer par des constructions neuves.
Le plan d’exposition au bruit délimite en effet, autour des plateformes aéroportuaires, des zones où l’urbanisation est restreinte afin de ne pas exposer davantage d’habitants aux nuisances sonores. En zone C, la construction de logements neufs est en principe prohibée. Cette contrainte, destinée à protéger les riverains, complique aussi le renouvellement d’un habitat souvent ancien et dégradé dans les communes survolées, dont Villeneuve-Saint-Georges fait partie.
Établi par l’État, le plan d’exposition au bruit distingue plusieurs zones, des abords immédiats des pistes aux secteurs les plus éloignés. Les zones les plus exposées interdisent quasiment toute construction nouvelle, tandis que les zones intermédiaires n’admettent, pour le logement, que des opérations de rénovation ou de reconstruction n’apportant pas de population supplémentaire notable. C’est précisément dans ce cadre restrictif que s’inscrit la démarche engagée rue Charles Péguy.
La délimitation d’un secteur de renouvellement urbain, prévue par le code de l’urbanisme, ouvre une exception encadrée à cette règle. Elle autorise la démolition puis la reconstruction de logements existants à l’intérieur d’un périmètre défini, à la condition de ne pas augmenter sensiblement la population soumise au bruit. C’est ce plafond qui explique le nombre limité d’habitants supplémentaires annoncé pour la rue Charles Péguy, alors même que 124 logements seront reconstruits.
Prescrite par le préfet, l’enquête publique a permis aux habitants de consulter le dossier et de déposer leurs observations pendant un mois. Un commissaire enquêteur, indépendant, a recueilli les remarques avant d’établir un rapport et de rendre un avis motivé sur l’intérêt de l’opération. Ces documents, désormais publics, sont consultables en ligne, aux côtés du dossier soumis à la population.
La rue Charles Péguy n’est pas le premier périmètre de ce type dans la commune. Un secteur de renouvellement urbain dit « rue des Vignes », également situé en ex-zone C du plan d’exposition au bruit, avait été créé par arrêté préfectoral du 22 avril 2024, au terme d’une procédure comparable engagée l’année précédente. La ville, l’une des plus concernées du Val-de-Marne par les nuisances aériennes d’Orly, avance ainsi quartier par quartier pour rénover son parc de logements.
Il revient maintenant au préfet du Val-de-Marne de se prononcer. S’il mène la procédure à son terme, un arrêté viendra créer officiellement le secteur de renouvellement urbain, ouvrant la voie aux démolitions puis aux reconstructions. La mise en œuvre s’accompagnera alors d’un calendrier de travaux et, le cas échéant, du relogement des occupants, dont les modalités relèveront de l’aménageur et des bailleurs.
Le rapport et l’avis du commissaire enquêteur étant désormais accessibles, chacun peut prendre connaissance du sens donné à la consultation avant que l’État ne tranche. Une fois l’arrêté de création éventuellement publié, les habitants et les associations disposeront des voies de recours habituelles s’ils souhaitent en contester le bien-fondé devant la juridiction administrative.
Pour les riverains, l’enjeu est double. Il s’agit de remplacer des immeubles vétustes par des constructions plus confortables et mieux isolées, tout en respectant les limites fixées par le voisinage de l’aéroport. La publication du rapport du commissaire enquêteur marque, de ce point de vue, le passage de la phase de consultation à celle de la décision, désormais entre les mains de l’État.