Le Festival de Cannes a choisi Park Chan-wook pour présider le Jury des longs métrages en Compétition lors de sa 79e édition. Le cinéaste sud-coréen dirigera les délibérations jusqu’à la remise de la Palme d’or, prévue le 23 mai 2026 sur la scène du Grand Théâtre Lumière. Cette nomination marque une première historique pour le cinéma coréen.
Avec douze longs métrages marquants, Park Chan-wook s’est imposé comme l’une des figures majeures du cinéma contemporain. Réalisateur, scénariste et producteur, il a conquis à la fois la critique internationale et le grand public. Son style audacieux, à la fois viscéral et raffiné, a profondément marqué les deux dernières décennies.
Le 23 mai prochain, il remettra la Palme d’or 2026, succédant au prix attribué l’an dernier à l’Iranien Jafar Panahi pour Un simple accident, récompense remise par Juliette Binoche. Ainsi, le réalisateur coréen inscrira son nom dans l’histoire du Festival non plus seulement comme lauréat, mais comme président du Jury.
Depuis 2004, Cannes entretient un lien étroit avec lui. Cette année-là, Old Boy remporte le Grand Prix et révèle son talent à l’échelle mondiale. Par la suite, plusieurs de ses films figurent en Compétition et décrochent des distinctions. Thirst, ceci est mon sang obtient le Prix du Jury en 2009. Plus tard, Decision to Leave lui vaut le Prix de la mise en scène en 2022. Entre-temps, Mademoiselle confirme son goût pour les héroïnes complexes et les récits sensuels.
Son cinéma explore sans relâche les thèmes de l’obsession et de la vengeance. Dès 2002, Sympathy for Mister Vengeance ouvre une trilogie qui se poursuit avec Old Boy en 2004, puis Lady Vengeance en 2005. À travers ces œuvres, Park Chan-wook construit un univers sombre où violence et ironie cohabitent. Il joue avec les contrastes et alterne malaise, humour noir et tension dramatique.
Cependant, son œuvre ne se limite pas à la brutalité. Le cinéaste interroge aussi les rapports de pouvoir, la morale et les pulsions humaines. En 2025, Aucun autre choix propose une satire mordante de la réussite sociale dans la Corée contemporaine. De plus, son film JSA avait déjà battu des records au box-office national en 2000, preuve de son ancrage populaire.
Les observateurs rapprochent souvent son travail de celui de Quentin Tarantino, Brian De Palma ou David Fincher. Pourtant, Park Chan-wook revendique d’autres influences. Il cite volontiers Akira Kurosawa, Ingmar Bergman, Luchino Visconti et surtout Alfred Hitchcock. La découverte de Sueurs froides a d’ailleurs déclenché sa vocation. On retrouve l’empreinte du maître britannique dans Stoker en 2013, puis dans Decision to Leave, où il pousse l’obsession à son paroxysme.
Sa nomination symbolise aussi l’attachement du Festival de Cannes au cinéma coréen. Depuis le début des années 2000, la Croisette accueille régulièrement des réalisateurs venus de Séoul. Im Kwon-taek, Hong Sang-soo, Kim Ki-duk ou Lee Chang-dong ont tous marqué les sélections. En 2019, Bong Joon-ho a franchi une étape supplémentaire en offrant à son pays une première Palme d’or.
Les acteurs coréens brillent eux aussi à Cannes. Jeon Do-yeon et Song Kang-ho ont décroché des prix d’interprétation, confirmant la vitalité de cette cinématographie. D’ailleurs, Song Kang-ho a collaboré à plusieurs reprises avec Park Chan-wook.
À quelques mois de l’ouverture, le futur président du Jury s’est exprimé sur sa vision du cinéma. Il évoque la salle obscure comme un lieu de partage et de communion. Selon lui, regarder un film ensemble permet de créer une forme de solidarité, même dans un monde traversé par les divisions.
La 79e édition du Festival international du Film de Cannes se tiendra du 12 au 23 mai 2026. La Sélection officielle sera dévoilée à la mi-avril. D’ici là, la Croisette se prépare déjà à accueillir un président dont le regard singulier promet des débats passionnés et des choix forts.

