Le 23 février 2026, le Salon International de l’Agriculture est devenu le théâtre d’échanges stratégiques entre représentants de l’État et acteurs du monde agricole en Île-de-France. Marc Guillaume, préfet de la région et de Paris, s’est rendu sur place accompagné de Marie Gautier-Melleray, préfète et secrétaire générale aux politiques publiques, ainsi que des préfets des départements franciliens. Ils ont été accueillis par Damien Greffin, président de la Chambre d’agriculture d’Île-de-France, et ont également rencontré Mylène Testut-Neves, directrice de la DRIAAF, soulignant l’importance accordée à ce moment de dialogue avec les professionnels du secteur.
La matinée a commencé autour d’un petit-déjeuner de travail sur le stand d’Interbev Île-de-France, où élus et services de l’État ont pu approfondir les questions évoquées lors du débat sur l’élevage organisé en décembre dernier à Brie-Comte-Robert. L’accent a été mis sur les enjeux spécifiques de la filière dans une région où l’agriculture demeure un pilier économique, tout en faisant face à la nécessité de diversifier les exploitations. La filière ovine a particulièrement retenu l’attention, avec une rencontre entre le préfet de région et David Tourte, président de l’association Les Bergers d’Île-de-France, pour discuter des contraintes économiques et environnementales que connaissent les éleveurs locaux.
Les discussions se sont élargies à la question de l’approvisionnement local et de la souveraineté alimentaire. Sur le stand de McDonald’s France, l’entreprise a présenté ses initiatives visant à soutenir les filières françaises, mettant en avant ses politiques de contractualisation avec les producteurs et la valorisation des productions nationales, dans le but de maintenir un équilibre entre prix et coûts de production. Cette démarche reflète une tendance plus large de rapprochement entre grandes entreprises et producteurs locaux, afin de renforcer la résilience des circuits alimentaires face aux fluctuations du marché et aux crises internationales.
Le Salon a également été l’occasion de s’interroger sur l’avenir des filières végétales, notamment le blé et les grandes cultures. Les conditions climatiques et les incertitudes géopolitiques sont au centre des préoccupations des agriculteurs. Malgré des rendements satisfaisants cette année, les prix bas mettent en difficulté de nombreux exploitants. Le préfet de région a rappelé les mesures de soutien mises en œuvre par le gouvernement, dont le prolongement en 2026 du dispositif de garantie de prêts via BPI France pour sécuriser la trésorerie des exploitations, et le fonds d’urgence national de 35 millions d’euros pour les céréaliers, dont 2,12 millions spécifiquement destinés à l’Île-de-France, afin d’accompagner les agriculteurs les plus vulnérables.
La Politique agricole commune (Pac) a constitué un autre sujet majeur des échanges. Elle représente un filet de sécurité crucial pour les exploitations, avec 115,5 millions d’euros d’aides versés fin 2025 à près de 3 600 exploitants franciliens au titre du premier pilier. Les professionnels ont exprimé leurs inquiétudes concernant la réforme en cours de la Pac ainsi que l’impact du mécanisme européen d’ajustement carbone aux frontières sur le coût des engrais. Le préfet a souligné que le gouvernement travaille en collaboration avec la Commission européenne pour mettre en place un dispositif de compensation adapté aux besoins des exploitations locales, cherchant à concilier contraintes environnementales et viabilité économique.
Pour clore la matinée, la délégation a visité le stand de Chambres d’agriculture France en présence de son président Sébastien Windsor, afin de faire le point sur les échanges et de dresser un bilan. Les discussions ont porté sur la transition écologique, le renouvellement des générations d’agriculteurs, la viabilité économique des exploitations et l’urgence du dépôt du projet de loi en cours au Parlement. Cette journée a mis en lumière les enjeux structurels et conjoncturels qui traversent l’agriculture francilienne et a renforcé le dialogue entre pouvoirs publics et professionnels, offrant un cadre privilégié pour construire des solutions durables et adaptées aux réalités du terrain.
Le Salon, qui se poursuit jusqu’au 1er mars, offre au public l’opportunité de découvrir la richesse de l’agriculture française, de valoriser les terroirs d’Île-de-France et d’autres régions, et de sensibiliser chacun aux défis et aux réussites des producteurs locaux. Il représente un moment fort de rencontres et de réflexion sur l’avenir d’un secteur au cœur de l’économie et de l’identité régionale.

