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Val-de-Marne : un budget responsable

Par Assia Bedja
Publié le 28 mars 2026 à 09h16 – Temps de lecture : 4 minutes

Le budget 2026 du Val-de-Marne s’inscrit dans un environnement économique particulièrement dégradé, qui oblige la collectivité à revoir en profondeur ses équilibres financiers. La situation est marquée par une chute importante des recettes issues des droits de mutation à titre onéreux, directement liées au ralentissement du marché immobilier. Entre 2021 et 2026, la perte de ressources atteint environ 110 millions d’euros, privant le Département d’une part essentielle de son autofinancement. À cette fragilité s’ajoute le contexte national, avec une loi de finances imposant aux collectivités un effort global d’économies, réduisant encore leurs marges de manœuvre. Enfin, le poids d’une dette élevée, héritée des années précédentes et s’élevant à plus de 1,2 milliard d’euros, limite fortement les capacités d’investissement et accentue la nécessité d’un redressement.
Face à cette accumulation de contraintes, le Département met en place une stratégie de gestion rigoureuse. L’objectif est de stabiliser la dette dès 2026, avant d’enclencher une diminution progressive à partir de 2027. Cela passe par un contrôle strict des dépenses de fonctionnement et par une limitation des investissements afin de réduire le recours à l’emprunt. Malgré la baisse des recettes, l’épargne brute est maintenue à un niveau proche de 97 millions d’euros, ce qui permet d’améliorer légèrement les indicateurs financiers, notamment la capacité de désendettement. Cette approche traduit une volonté claire de restaurer la solidité budgétaire sans compromettre l’action publique.
Dans ce contexte, le Département choisit de préserver en priorité ses politiques sociales, qui représentent une part majeure de ses dépenses. Environ 430 millions d’euros sont consacrés aux prestations de solidarité, incluant le RSA, l’accompagnement des personnes en situation de handicap ou encore l’aide aux personnes âgées. Ces dépenses continuent de progresser sous l’effet de la conjoncture, avec une hausse du nombre de bénéficiaires et des besoins croissants. L’aide sociale à l’enfance connaît également une augmentation significative, notamment en raison du coût des placements. Malgré une compensation insuffisante de l’État, le Département maintient ces engagements, considérés comme essentiels.
Au-delà des aides financières, l’action sociale évolue vers un accompagnement plus global. Des moyens supplémentaires sont mobilisés pour favoriser l’insertion et le retour à l’emploi, avec le développement de parcours de formation et le renforcement des dispositifs d’accompagnement. Le soutien aux structures de proximité, comme les centres sociaux ou les espaces départementaux, est également maintenu afin de garantir un accès aux droits sur l’ensemble du territoire. Dans le domaine de la protection de l’enfance, des solutions d’accueil supplémentaires sont mises en place, tandis que les services de protection maternelle et infantile continuent d’être renforcés.
Les investissements, bien que réduits, restent orientés vers des priorités structurantes. Le Département poursuit ses efforts en matière d’éducation, notamment à travers la rénovation et la modernisation des collèges, avec une attention particulière portée à la performance énergétique des bâtiments. La politique en faveur de la petite enfance se poursuit également, avec la réouverture et la création de places en crèche, malgré un contexte national tendu en matière de recrutement. Par ailleurs, la transition écologique demeure un axe fort, avec des projets liés aux énergies renouvelables, au développement des mobilités douces et à l’amélioration de la qualité de l’eau, illustrée notamment par le retour de la baignade dans la Marne et la Seine.