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Festival de Tréteaux à Cergy-Pontoise

Par Marie Aschehoug-Clauteaux
Publié le 30 mars 2026 à 10h35 – Temps de lecture : 5 minutes

Le 20e Festival de Tréteaux investit l’agglomération de Cergy-Pontoise avec un bouquet de pièces classiques qui célèbrent le théâtre dans toute sa diversité, mêlant drame social, contes enchanteurs et farce italienne. Si l’événement rayonne sur plusieurs quartiers depuis le 18 mars, c’est uniquement à la maison de quartier des Linandes que les amateurs de spectacle sont attendus à partir du 2 avril, pour une série de représentations qui prolongent l’élan festif jusqu’au 12 avril. Porté par la compagnie Théâtre en Stock, ce rendez-vous annuel transforme les lieux de proximité en scènes vivantes, accessibles à tous les publics, des familles aux passionnés d’éloquence théâtrale.
Dès ce samedi 4 avril, la maison de quartier des Linandes vibre au rythme de Mille francs de récompense, une œuvre puissante de Victor Hugo qui résonne avec une brûlante actualité. L’histoire suit Glapieu, un bagnard évadé rongé par le désir de rédemption : il décide de porter secours à Cyprienne et sa mère, victimes d’une misère écrasante. Mais l’ombre menaçante de Rousseline, figure impitoyable du capitalisme vorace, se dresse sur son chemin, prêt à tout anéantir pour protéger ses intérêts. Ce duel entre lumière et ténèbres interroge la pureté des intentions : Glapieu agit-il par calcul pour effacer son passé, ou par une humanité profonde qui transcende ses fautes ? Tendue comme un ressort, la pièce oscille entre tragédie sociale, instants de tendresse et éclats comiques inattendus, rappelant que les monstres d’aujourd’hui portent souvent costume et cravate. La représentation se déroule de 20 h 30 à 22h, ouverte à un public dès 10 ans, avec des tarifs modulés à 7 €, 10 € ou 13 €. Pour réserver, un appel au 01 30 75 08 89 ou un mail à theatre.stock@orange.fr suffit à sécuriser sa place dans cette salle intime où les mots de Hugo prennent vie sous les yeux du quartier.
Le mercredi 8 avril après-midi, la magie opère pour les plus jeunes avec Chapeau, Perrault, un spectacle enchanteur qui convie petits et grands à un voyage au cœur des contes intemporels de Charles Perrault. Imaginez un grand-père complice et sa petite-fille malicieuse déroulant Le Petit Poucet, Le Maître Chat ou le Chat botté, Grisélidis, La Belle au bois dormant, Les Fées, Riquet à la houppe, Les Souhaits ridicules, Cendrillon et sa pantoufle de verre, Peau d’Âne ou encore La Barbe bleue. Grâce à des objets astucieux, des formules cultes et des jeux d’ombres chinoises, ces récits familiers renaissent dans une forêt imaginaire, pleine de suspense et de poésie. Tirer la chevillette de la bobinette cherra devient prétexte à un rire partagé, où chaque conte distille une leçon subtile sur le courage, la ruse ou l’amour. De 15h à 16h, ce moment familial dès 6 ans coûte seulement 5 €, idéal pour initier les enfants au plaisir du théâtre vivant dans un cadre convivial, loin des écrans omniprésents.
Le festival gagne en intensité le samedi 11 avril avec Le Trafic de Pantalone, une comédie italienne endiablée qui transporte sous le soleil brûlant du Sud italien. Rosa, exilée par son oncle tyrannique Magnifico, gouverneur de Venise, atterrit dans le palais somptueux de Pantalone, où elle est promise à son fils Tancredi. Mais le vieil avare cache un secret : comment accumule-t-il sa fortune avec de simples olives ? Arlequin et une armée d’ouvriers ploient sous les ordres d’un Pulcinella mystérieux dans l’oliveraie, révélant un réseau occulte. Rosa, figure de rébellion, démasque le trafic pour reconquérir sa liberté et celle des exploités. Amours contrariées, intrigues de pouvoir, injustices criantes et crise écologique se télescopent dans un tourbillon de commedia dell’arte, où le rire devient arme de résistance populaire. De 20 h 30 à 21 h 30, dès 8 ans, les tarifs restent abordables (7 € / 10 € / 13 €), avec les mêmes contacts pour les réservations. Cette pièce effrénée capture l’essence du festival : un théâtre engagé qui divertit tout en questionnant le monde.
Enfin, le dimanche 12 avril clôture en douceur avec Square des belles rencontres, une évocation poétique des instants fugaces dans un parc public. Des silhouettes croisent leurs chemins sur un banc : rendez-vous manqués ou tenus, retrouvailles émouvantes, confidences chuchotées, souvenirs ravivés, projets esquissés. Parents et grands-parents veillent sur leurs petits, le temps s’étire dans une douceur quotidienne où chaque échange tisse du lien. À 15h, pour 5 €, ce spectacle intimiste célèbre la beauté des rencontres ordinaires, offrant une note apaisante à l’édition anniversaire du festival.
Dans ce quartier des Linandes, devenu épicentre théâtral à partir du 2 avril, le 20e Festival de Tréteaux démontre que le spectacle vivant fleurit là où la communauté se rassemble. Ces quatre pièces, jouées dans l’écrin chaleureux de la maison de quartier, invitent à renouer avec l’art dramatique sous toutes ses formes : drame hugolien, contes perraultiens, farce italienne et tranche de vie contemporaine. Que l’on vienne en famille, entre amis ou seul pour se laisser porter, ces soirées promettent émotion, rire et réflexion, à un coût modeste qui démocratise la culture. Pour ne rien manquer, composez le 01 30 75 08 89 ou écrivez à theatre.stock@orange.fr : les places partent vite dans cette bulle artistique locale. Alors que le festival embrasse d’autres horizons de l’agglomération, les Linandes deviennent ce printemps un passage obligé pour qui veut vibrer au rythme des tréteaux nomades.