Le bassin des Moulinets d’Eaubonne s’apprête à bénéficier d’une ambitieuse opération de restauration écologique orchestrée par le Siare en étroite collaboration avec les communes locales, un projet qui allie préservation de la nature, sécurité des usagers et gestion intelligente des eaux pluviales. Prévu pour démarrer fin mars 2026 et s’étendre sur environ trois mois, ce chantier intervient à un moment clé pour redonner un souffle nouveau à cet espace emblématique, devenu au fil des ans un lieu de respiration prisé par les habitants de la région. En renforçant les berges érodées et en favorisant la biodiversité, l’initiative répond à des enjeux climatiques pressants tout en transformant un simple ouvrage technique en un véritable poumon vert au cœur du Val-d’Oise.
Installé stratégiquement à Eaubonne, ce bassin tire son nom évocateur des petits moulins qui animaient jadis les berges du ru de Montlignon, plus connu localement sous l’appellation ru d’Enghien. Conçu dès 1963 comme une retenue « à sec » pour absorber les ruissellements urbains et prévenir les inondations, il couvre une surface généreuse de 9 320 m2 et peut engloutir jusqu’à 31 000 m3 d’eau lors des fortes pluies. Transformé en 1997 en un parc paysager plus accueillant, il intègre désormais un plan d’eau permanent de près de 19 000 m2, bordé de sentiers piétons qui attirent promeneurs et familles en quête d’un havre de paix au milieu du tumulte quotidien. Ce site, à la fois fonctionnel et esthétique, incarne parfaitement l’évolution des infrastructures hydrauliques vers des aménagements plus humains et respectueux de leur environnement immédiat.
Cependant, les outrages du temps et les assauts répétés de l’érosion ont fragilisé ses 440 mètres linéaires de berges, avec des points critiques particulièrement alarmants. Un effondrement partiel du cheminement piéton situé en pied de la berge nord témoigne de l’urgence d’une intervention, confirmée par un diagnostic exhaustif du terrain. Plusieurs tronçons affichent une dégradation avancée, menaçant directement la sécurité des visiteurs habitués à flâner le long de l’eau. Face à ces constats, le Siare a opté pour une stratégie équilibrée qui ne se contente pas de consolider mécaniquement les talus, mais ambitionne au contraire de revitaliser l’ensemble du milieu naturel, en restaurant des habitats propices à la faune et en améliorant l’intégration paysagère du bassin dans son écrin urbain.
Au programme de ces travaux figure notamment l’installation d’une descente à oiseaux en prolongement de l’îlot central, une mesure ingénieuse destinée à protéger les berges du piétinement intensif causé par les oies bernaches et autres oiseaux aquatiques qui affectionnent particulièrement les lieux. Cette adaptation réduit les pressions physiques sur les sols humides tout en favorisant une meilleure circulation pour la vie sauvage, contribuant ainsi à une renaturation mesurée et efficace. Les interventions globales visent à harmoniser sécurité humaine et équilibre écologique, en évitant les solutions rigides du passé pour privilégier des techniques douces qui laissent s’épanouir la végétation indigène et attirent une plus grande diversité d’espèces. Le résultat attendu : un bassin non seulement plus résistant aux caprices climatiques, mais aussi plus vibrant de vie, où la biodiversité s’épanouit au bénéfice de tous.
Ce projet n’aurait pas vu le jour sans une coordination exemplaire entre acteurs du territoire. Le Siare pilote l’opération en concertation avec les municipalités d’Eaubonne et de Margency, ainsi qu’avec la communauté d’agglomération Val Parisis, le tout soutenu financièrement par le Conseil départemental du Val-d’Oise. La maîtrise d’œuvre est confiée au bureau d’études Ingetec, réputé pour son expertise en hydraulique et environnement, tandis que l’entreprise CDES assurera l’exécution concrète des travaux sur le terrain. Pendant une phase du chantier, le site sera partiellement inaccessible au public pour des raisons évidentes de sécurité.
Bassin des Moulinets : chantier vert à Eaubonne
Par Assia Bedja
Publié le 31 mars 2026 à 16h14 – Temps de lecture : 4 minutes
