Le ministre des Petites et Moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, Serge Papin, a inauguré la première séance plénière de l’année 2026 du Conseil national du commerce, consacrée au développement du commerce circulaire. À ses côtés, le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a participé aux échanges qui s’appuient sur un travail approfondi mené tout au long de l’année précédente. Un groupe spécialisé a en effet étudié les différentes formes que peut prendre ce modèle économique, allant de la vente de produits d’occasion à la location, en passant par la réparation, la distribution en vrac, les systèmes de consigne ou encore la gestion des invendus. Ces analyses ont donné lieu à deux documents structurants, comprenant à la fois un état des lieux précis de l’application des réglementations existantes et une série de mesures destinées à accélérer la généralisation de ces pratiques.
Le diagnostic réalisé met en évidence une dynamique déjà engagée au sein du commerce français, tout en soulignant la nécessité de lever plusieurs obstacles pour permettre un déploiement à grande échelle. Les travaux du Conseil identifient plusieurs axes prioritaires pour accompagner cette transformation. Il s’agit notamment d’assurer la rentabilité économique des modèles circulaires face à une concurrence internationale parfois moins contrainte, de simplifier leur mise en œuvre pour les commerçants, de développer des compétences adaptées et d’encourager l’évolution des comportements d’achat. L’ensemble de ces orientations vise à transformer des initiatives encore dispersées en un modèle dominant, capable de structurer durablement le commerce de proximité.
Les représentants du gouvernement ont réaffirmé leur engagement en faveur de cette transition et présenté plusieurs mesures destinées à concrétiser rapidement certaines propositions. Dans le domaine de la seconde main, un guide pratique diffusé à la fin de l’année 2025 permet d’harmoniser les démarches administratives, notamment en clarifiant les obligations déclaratives. Une réflexion est également engagée afin d’alléger certaines formalités pour les circuits fermés, considérées comme devenues inadaptées à la maturité du secteur.
La question des invendus alimentaires fait également l’objet d’une attention particulière. Une réforme est envisagée pour faciliter leur redistribution, y compris au bénéfice des salariés des entreprises concernées, en complément des dispositifs existants à destination des associations. Cette évolution vise à réduire le gaspillage tout en simplifiant l’organisation logistique des acteurs concernés. Par ailleurs, un appel à candidatures doit être lancé au début de l’année 2026 afin d’identifier et de valoriser des initiatives innovantes dans le domaine du commerce circulaire. Les projets retenus seront mis en réseau et présentés lors d’un événement dédié, favorisant ainsi leur diffusion à plus grande échelle.
Les travaux du Conseil s’inscrivent dans une approche globale visant à adapter le commerce aux nouvelles attentes des consommateurs et aux contraintes environnementales. Ils mettent en avant la nécessité de former les professionnels à ces nouveaux modèles, notamment dans les domaines de la réparation, du réemploi ou de la logistique spécifique au vrac. Cette évolution des compétences apparaît essentielle pour accompagner la transformation du secteur et garantir la pérennité des activités locales.
Les ministres ont insisté sur le caractère déjà concret de cette transition, visible dans de nombreux points de vente où ces pratiques se développent progressivement. Elles répondent à la fois à des enjeux économiques, environnementaux et sociaux, en permettant de réduire les coûts, de limiter l’impact écologique et de soutenir l’emploi local. Le développement du commerce circulaire apparaît ainsi comme un levier pour renforcer la résilience du secteur face aux mutations en cours.
Les données analysées dans le cadre des travaux montrent l’ampleur des transformations déjà engagées. Le marché de la seconde main connaît une croissance soutenue depuis plusieurs années, tandis que les services de location ou d’abonnement séduisent une part croissante des consommateurs, en particulier les plus jeunes. Les activités de réparation contribuent à la création d’emplois spécialisés, et les dispositifs de vente en vrac permettent de réduire significativement les volumes d’emballages. Les systèmes de consigne favorisent quant à eux le réemploi, tandis que l’optimisation de la gestion des invendus participe à une meilleure utilisation des ressources.
L’évaluation des lois relatives à la lutte contre le gaspillage et à la transition écologique met en évidence un niveau d’appropriation déjà élevé, bien que certains freins subsistent. Les recommandations formulées visent notamment à renforcer la compétitivité des acteurs engagés dans ces démarches, à simplifier les procédures administratives et à soutenir financièrement les initiatives les plus prometteuses. Des dispositifs d’accompagnement sont également envisagés pour faciliter l’accès à ces pratiques pour les commerçants, notamment à travers des outils numériques et des formations adaptées.
Les mesures annoncées devraient permettre de lever plusieurs obstacles à court terme, en réduisant les contraintes administratives et en favorisant l’émergence de nouveaux projets. Elles s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à faire du commerce circulaire un pilier du modèle économique français. Cette orientation repose sur la conviction que ces pratiques peuvent concilier performance économique, réduction de l’empreinte environnementale et dynamisme des territoires.
À terme, les objectifs fixés traduisent une ambition de transformation en profondeur du secteur, avec une part croissante du commerce reposant sur des modèles circulaires. Cette évolution s’accompagne d’un effort important en matière de formation, de sensibilisation et d’investissement, afin de soutenir l’ensemble des acteurs concernés. Elle vise également à renforcer l’ancrage local des activités, en favorisant le développement de filières de production et de transformation sur le territoire national.

