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Sécurité renforcée dans les transports : test des pistolets électriques

Par Renaud Morelli
Publié le 19 février 2026 à 12h29 – Temps de lecture : 5 minutes

Le Gouvernement engage une expérimentation inédite autorisant les agents de sécurité interne de la SNCF et de la RATP à porter des pistolets à impulsion électrique. Cette mesure s’inscrit dans le prolongement de la loi sur la sûreté des transports publics adoptée le 28 avril 2025, portée notamment par Philippe Tabarot. Malgré une baisse globale de la délinquance de 2 %, atteignant un niveau inédit depuis 2016, les incidents restent nombreux et justifient un renforcement des moyens d’intervention. Le décret, signé par Laurent Nuñez et Philippe Tabarot, prévoit une phase expérimentale de trois ans, strictement encadrée par le code des transports.

Les agents concernés appartiennent à des unités spécialisées : la Suge pour la SNCF et le GPSR pour la RATP. Déjà formés et habilités au port d’armes à feu, ils pourront désormais utiliser le pistolet à impulsion électrique, considéré comme une arme intermédiaire non létale. Ce dispositif permet d’intervenir de manière graduée face à des individus violents, en limitant les risques mortels dans des environnements sensibles comme les gares ou les rames bondées. L’objectif est de mieux protéger les voyageurs, les personnels et les agents eux-mêmes, dans des réseaux où plus de 100 000 incidents sont recensés chaque année.

L’utilisation de cette arme sera soumise à une autorisation préfectorale individuelle, délivrée après une formation obligatoire assurée par des instructeurs qualifiés. Des sessions régulières de remise à niveau seront également imposées afin de garantir une parfaite maîtrise technique et éthique. Un arrêté précisera prochainement le nombre d’agents concernés, estimé entre 300 et 400 au démarrage, ainsi que les conditions d’usage adaptées aux spécificités des transports publics, notamment les espaces confinés et les fortes affluences.

Un comité d’évaluation indépendant sera chargé de suivre cette expérimentation. Il réunira des représentants des opérateurs, des membres de l’inspection générale et des experts extérieurs, avec pour mission d’analyser l’efficacité du dispositif, les éventuels incidents et son impact global sur la sécurité. À l’issue des trois ans, un rapport détaillé sera remis au Gouvernement afin de décider d’une éventuelle généralisation ou de l’abandon du dispositif.

Cette initiative s’inscrit dans une politique progressive de sécurisation des transports. Si la délinquance recule globalement grâce à des effectifs renforcés et à l’usage de technologies de surveillance, certaines formes de violence persistent, notamment dans les gares et sur certaines lignes très fréquentées. Les équipes de la SNCF et de la RATP, qui encadrent chaque jour plusieurs millions de voyageurs, doivent ainsi disposer d’outils adaptés à des situations parfois imprévisibles.

Le pistolet à impulsion électrique, souvent appelé Taser, délivre une décharge brève qui neutralise temporairement une personne sans provoquer de dommages durables dans la majorité des cas. Déjà utilisé par les forces de l’ordre, il permet de réduire les risques de blessures lors d’interventions physiques et d’éviter le recours à des armes létales. Son introduction dans les transports vise particulièrement les situations tendues, comme les agressions nocturnes ou les comportements liés à l’alcool.

La formation des agents inclura également des modules de désescalade, de secourisme et de respect des règles déontologiques. Les préfets adapteront les autorisations en fonction des réalités locales, en ciblant les zones les plus exposées. Chaque utilisation fera l’objet d’un suivi précis, grâce à des dispositifs de traçabilité permettant de garantir la transparence et le contrôle des pratiques.

Le comité d’évaluation analysera plusieurs indicateurs : fréquence d’utilisation, efficacité dans la résolution des incidents, nombre de plaintes et perception des usagers. Cette approche vise à garantir une décision fondée sur des données concrètes, dans un souci d’équilibre entre sécurité et respect des droits.

Les transports publics, essentiels au quotidien de millions de personnes, nécessitent un haut niveau de vigilance dans un contexte urbain parfois tendu. Cette expérimentation vient compléter les mesures déjà adoptées, sans banaliser l’usage de la force, mais en offrant une réponse adaptée aux situations les plus critiques.

Elle marque ainsi une nouvelle étape dans la sécurisation des réseaux, en réponse aux attentes des usagers et des agents. L’objectif affiché est clair : renforcer la sécurité sans excès, en s’appuyant sur une évaluation rigoureuse pour décider de l’avenir de ce dispositif.

Pour les voyageurs, cette mesure pourrait contribuer à restaurer un sentiment de sécurité dans des espaces parfois perçus comme anxiogènes. Si la tendance globale est à l’amélioration, certaines disparités subsistent selon les zones et les horaires. L’expérimentation devra donc démontrer sa capacité à prévenir les violences tout en maintenant un cadre strict et proportionné.