Mickaël Debusschere, 35 ans, vit sans domicile fixe depuis l’été dernier à Antibes, dans les Alpes-Maritimes. Son seul refuge : un camion aménagé, garé sur le parking aux abords du théâtre Anthéa, qu’il occupait avec son chien Noupy, un Jack Russell. Vendredi 10 avril 2026, la police municipale a contrôlé son véhicule et l’a envoyé à la fourrière pour défaut d’assurance, de carte grise et de contrôle technique.
Face à cette situation, Mickaël a choisi la transparence. « Je suis en tort, je le sais, mais le véhicule ne roulait pas », a-t-il reconnu. Il n’empêche, la perte de ce camion l’a laissé sans rien. « Je n’ai rien, et on m’a pris le peu que j’avais », a-t-il confié. La nuit suivante, il a dormi dans une caravane abandonnée à proximité, faute d’alternative.
Dès le lendemain, Mickaël a publié un appel à l’aide sur les réseaux sociaux. Sa publication a rapidement circulé sur la page Facebook « Tu sais que tu viens d’Antibes Juan-les-Pins car… ». En quelques heures, plus de 1 000 personnes l’ont relayé et plus de 650 commentaires ont afflué. Des internautes, qu’ils le connaissent ou non, lui ont proposé du soutien, des solutions concrètes et des encouragements. « J’ai passé ma soirée à pleurer tellement j’étais ému », a-t-il raconté.
Parallèlement à cet élan en ligne, Mickaël a lancé une cagnotte pour financer la remise en conformité de son véhicule. Celle-ci a rapidement dépassé les 2 700 euros. Grâce à ces fonds, il espère récupérer son camion dès la semaine prochaine et régler les frais nécessaires pour y retourner vivre.
La situation a également alerté les institutions locales. La mairie d’Antibes a indiqué que ses services n’avaient jusqu’alors pas identifié Mickaël. Depuis, la municipalité lui a proposé différentes aides, notamment une domiciliation auprès du Centre communal d’action sociale, le CCAS. Il a d’ores et déjà un rendez-vous dans les prochains jours. « Pour être honnête, je ne comptais pas trop dessus jusque-là », a admis l’intéressé. Sur la mise en fourrière elle-même, la mairie a simplement indiqué que la police « a fait son travail » lors de contrôles qu’elle qualifie d' »habituels ».
Mickaël n’était pas totalement inconnu du tissu associatif local. En effet, l’association Maraude 06 Sam and Co le suit depuis environ un an. Sa présidente, Sandrine Rousseau, décrit un homme discret. « Il demande souvent peu de choses, essentiellement pour son chien. Il ne se plaint pas, mais subit la situation », explique-t-elle. Elle regrette la mise en fourrière et estime par ailleurs que la région reste « très en retard » pour accompagner les personnes en grande précarité. Toutefois, elle souligne que cette mise en lumière médiatique peut parfois ouvrir des portes.
Mickaël a perdu son appartement à Villeneuve-Loubet l’été dernier, après une perte d’emploi. La difficulté à trouver un nouveau logement en pleine saison estivale l’a d’abord poussé à dormir dans sa voiture, qu’il a ensuite échangée contre ce camion, qu’il aménageait progressivement. Parmi les propositions reçues sur les réseaux sociaux, certaines concernent directement son domaine professionnel. Ainsi, plusieurs personnes lui ont transmis des offres d’emploi. Pour l’avenir, Mickaël formule un souhait simple : retrouver un travail, puis un logement, en gardant Noupy à ses côtés.

