L’assemblée départementale des Hauts-de-Seine, dirigée par Georges Siffredi, a approuvé en séance publique son budget primitif pour l’année, illustrant une gestion stratégique face à des contraintes financières nationales et internationales particulièrement pesantes. Ce vote faisait suite à l’examen du compte administratif 2025, qui témoignait d’une maîtrise des dépenses courantes, d’un excédent budgétaire obtenu et du retour à une épargne nette positive, autant d’éléments pour consolider les bases financières du département à l’horizon 2026.
Ce budget prévoit des dépenses réelles de fonctionnement à hauteur de 1,708 milliard d’euros, complétées par un effort d’investissement substantiel de 587 millions d’euros, dans un environnement marqué par des incertitudes institutionnelles au niveau national et des répercussions concrètes des tensions géopolitiques mondiales sur les finances publiques locales. Le département continue de subir l’« effet ciseau » qu’il dénonce depuis plusieurs exercices : d’un côté des recettes structurellement fragiles, sans possibilité d’ajustement fiscal propre, de l’autre une hausse continue et rapide des dépenses contraintes, en particulier les allocations individuelles de solidarité qui alourdissent les charges de près de 50 millions d’euros supplémentaires sur un an. Les politiques de solidarité représentent ainsi 1,065 milliard d’euros, constituant le poste dominant des engagements financiers du département.
Georges Siffredi a qualifié cette dynamique d’« intenable », évoquant les multiples prélèvements imposés par l’État central tels que le mécanisme Dilico 2 amputant le budget de 22 millions d’euros en 2026, l’écrêtement de la dynamique de TVA, la péréquation interdépartementale pesant 397 millions d’euros, les sous-compensations systémiques et la multiplication des normes réglementaires qui grèvent mécaniquement les comptes. « Malgré la hausse continue de nos dépenses non pilotables et des contraintes pesant sur nos ressources, nous continuons de mener une action volontariste grâce à notre gestion attentive et rationnelle, conformément aux engagements pris auprès des Altoséquanais. Le Département des Hauts-de-Seine n’est pas et ne sera jamais un opérateur de l’État : il est une collectivité territoriale dont les représentants sont démocratiquement élus pour mener à bien un projet et faire des choix courageux, comme nous le faisons en 2026 », a-t-il déclaré.
Malgré cette pression budgétaire exceptionnelle, le département des Hauts-de-Seine réaffirme sans ambiguïté sa mission de proximité auprès de son 1,6 million d’habitants, en particulier les populations les plus fragiles confrontées à une précarité croissante. Les services essentiels couvrant les solidarités humaines, l’éducation, le sport, la culture et la jeunesse maintiennent un niveau d’ambition élevé, tandis que la stratégie d’investissement à 587 millions d’euros dessine une vision prospective pour le développement harmonieux du territoire.
Le budget consacré aux solidarités atteint précisément 1,065 milliard d’euros, se déployant autour de quatre axes prioritaires répondant aux besoins urgents des Altoséquanais. La protection de l’enfance mobilise 248,3 millions d’euros, avec un effort particulier pour développer des solutions d’accueil innovantes et adaptées aux fratries, comme la Maison de l’Avenir à Nanterre ou le Foyer d’accueil des Fratries à Rueil-Malmaison, deux équipements actuellement en phase de construction pour offrir des environnements sécurisants et familiaux aux enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance. Les personnes en situation de handicap se voient attribuer 246,2 millions d’euros, destinés à renforcer leur inclusion sociale, à soutenir le maintien à domicile via des aides techniques et humaines, et à accélérer le développement de l’habitat inclusif comme alternative moderne aux institutions spécialisées traditionnelles.
Les personnes âgées captent 169,4 millions d’euros, principalement orientés vers le maintien à domicile – priorité absolue dans un contexte de vieillissement démographique accéléré – et l’accompagnement individualisé en établissements d’hébergement, garantissant à chaque senior une prise en charge digne et respectueuse de son autonomie. Enfin, 214 millions d’euros sont dédiés aux bénéficiaires du Revenu de Solidarité active, avec des dispositifs d’accompagnement personnalisé visant un retour rapide vers l’emploi stable, à travers des formations qualifiantes, un suivi socioprofessionnel renforcé et des partenariats avec les acteurs de l’insertion.
L’éducation des 140 000 collégiens altoséquanais demeure une priorité inébranlable, avec 124 millions d’euros alloués au fonctionnement des 36 collèges départementaux, à la restauration scolaire assurant des repas équilibrés et nutritifs, ainsi qu’au financement de projets pédagogiques et citoyens menés aussi bien au sein des établissements que lors d’activités périscolaires ou extrascolaires. Ces ressources garantissent l’entretien des infrastructures scolaires, la qualité des services aux élèves et l’égalité des chances éducatives sur l’ensemble du territoire.
La culture et le sport reçoivent 95 millions d’euros, soutenant les associations culturelles et sportives locales, les manifestations patrimoniales d’envergure et les infrastructures collectives, contribuant à l’animation dynamique du département et au développement d’une citoyenneté active par la pratique physique dans l’un des territoires les plus denses de France. Par ailleurs, le département maintient un soutien indéfectible à ses 36 communes partenaires : 5,9 millions d’euros pour la politique de la ville ciblant les quartiers prioritaires, et des contrats de développement municipaux structurants totalisant 26 millions d’euros en fonctionnement et 71,3 millions en investissement, permettant aux équipes municipales de mener à bien des projets d’aménagement et de services publics d’envergure.
L’effort d’investissement culmine à 587 millions d’euros, structuré autour de trois orientations stratégiques majeures, toutes réalisées selon un référentiel qualité environnementale du bâti strictement appliqué. L’avenir de la jeunesse absorbe 154 millions d’euros, avec pas moins de six collèges en chantier au cours de l’année 2026, dont trois livrables dès cette année à Châtenay-Malabry, Malakoff et Le Plessis-Robinson, modernisant l’offre scolaire avec des bâtiments exemplaires en matière de performance énergétique et de confort d’usage.
L’amélioration continue du cadre de vie mobilise 106,5 millions d’euros pour la création d’équipements sportifs et culturels de pointe, tels que le centre aquatique de la Grenouillère ou le Musée du Grand Siècle, 14,3 millions d’euros pour l’ouverture au public de nouveaux espaces naturels dans le cadre de la Stratégie nature qui sera dévoilée à l’été 2026, et 5,9 millions d’euros pour la reconquête des berges de Seine, fusionnant urbanisme durable et préservation de la biodiversité. La politique de mobilités capte 145,9 millions d’euros, avec l’accélération du plan Vélo départemental, le lancement d’opérations emblématiques de voirie comme le projet « Cœur&Seine » autour de la Manufacture de Sèvres, ainsi que le renforcement du maillage des transports en commun par le prolongement des tramways T1 et T10 et la création de pôles d’échange autour des futures gares du Grand Paris Express.
Département : un budget ambitieux malgré les contraintes
Par Gilbert Caron
Publié le 21 avril 2026 à 14h54 – Temps de lecture : 6 minutes
