À Alfortville, la résidence Véron-Berthelot, véritable empreinte des années 1930, connaît une métamorphose de grande ampleur, à la fois architecturale, énergétique et environnementale. Cet ensemble immobilier, propriété du bailleur social Logial-COOP, comprend 351 logements répartis autour de quatre petits squares plantés, dans une architecture en brique qui a valu à la ville de la classer comme immeuble remarquable. Avec environ 1 350 habitants accueillis dans des appartements allant du T1 au T4, cette résidence constitue un morceau de patrimoine bâti au cœur de la commune, aujourd’hui soumis à une réhabilitation lourde et ambitieuse.
L’opération de rénovation, entièrement portée par Logial-COOP, vise à transformer la résidence non seulement en bâtiment plus confortable, mais aussi en ensemble nettement plus sobre sur le plan énergétique. Le budget global du projet atteint 13 millions d’euros, un montant conséquent qui reflète l’ampleur des travaux envisagés. Dans ce cadre, Grand Paris Sud Est Avenir, intercommunalité chargée de coordonner le financement et l’accompagnement des politiques d’habitat sur le territoire, a accordé une aide de 877 500 euros, dans le cadre précis de son dispositif d’aide à la rénovation énergétique des logements sociaux et des copropriétés. Cette subvention vient compléter les financements publics et renforcer la capacité du bailleur à mener à bien une rénovation profonde, tout en modulant l’impact sur les locataires.
Les interventions de rénovation thermique représentent un pan majeur de l’ensemble. Les logements bénéficient notamment d’un remplacement complet des fenêtres, persiennes et portes palières, ainsi que de l’installation de nouveaux ballons thermodynamiques, de systèmes de VMC (ventilation mécanique contrôlée) et de nouvelles chaudières, conçues pour une répartition de chaleur plus efficace. L’isolation des caves et des combles vient se greffer à ces actions, tandis que la façade, élément patrimonial sensible, fait l’objet d’un traitement particulier. En raison de la qualité de l’architecture en brique, l’isolation par l’extérieur a été écartée, de sorte que le planning s’est orienté vers un nettoyage soigneux, suivi de la réparation de certaines briques et de certains joints usés, avant l’application d’un produit hydrofuge conçu pour protéger le bâti contre les infiltrations d’eau et garantir un meilleur comportement face aux intempéries.
Ces actions combinées doivent permettre aux logements de passer d’une étiquette énergétique F ou G, correspondent à des performances médiocres, à une étiquette C ou D, soit un gain d’au moins deux niveaux sur l’échelle réglementaire. Ce déplacement n’est pas seulement une affaire de label, il se traduit très concrètement par une amélioration sensible du confort thermique, une meilleure qualité de l’air intérieur et une réduction importante des dépenses énergétiques pour les résidents. Le projet s’inscrit ainsi dans une logique de lutte contre la précarité énergétique, en s’assurant que les occupants bénéficient de logements plus chauds l’hiver, mieux ventilés toute l’année, tout en consommant moins d’énergie.
L’attention portée à l’environnement ne se limite pas aux seuls matériaux et équipements techniques. La résidence Véron-Berthelot héberge aussi une colonie d’hirondelles et de martinets d’une taille particulière, parmi les plus importantes du sud de l’aire francilienne. À la découverte de cette présence, les équipes de suivi ont adapté le calendrier des travaux et la position des équipements, afin de prendre en compte scrupuleusement le cycle de vie et de migration de ces espèces protégées. Un écologue accompagne le chantier, veillant à ce que les activités de réhabilitation viennent perturber le moins possible les oiseaux. Pour pérenniser la colonie, une cinquantaine de nids artificiels, ainsi qu’une centaine de dispositifs incitatifs à la reconstruction de nids naturels ont été installés sous les toitures, offrant aux hirondelles et aux martinets une alternative sûre là où les travaux ont pu obliger temporairement à la modification de leurs emplacements habituels.
Le chantier, qui s’étend sur plusieurs années, doit se conclure au dernier trimestre 2026. L’ensemble de la démarche est à terme visé par la certification « Mon Logement Santé – Rénovation », un label qui valorise les projets de réhabilitation intégrant la santé des occupants comme un objectif central, à travers l’amélioration du bâti, de la qualité de l’air, du confort thermique, de la réduction des bruits, ainsi que la maîtrise des risques environnementaux. À Alfortville, la réhabilitation de la résidence Véron-Berthelot s’inscrit donc à la fois comme un chantier technique, une opération de sauvegarde du patrimoine, une initiative en faveur de la transition énergétique et une preuve de réflexion élargie, où la présence des habitants, humains comme animalières, est prise en compte dans le détail du projet.
Alfortville : la réhabilitation de Véron‑Berthelot
Par Assia Bedja
Publié le 23 avril 2026 à 13h04 – Temps de lecture : 5 minutes
