À l’approche de la saison estivale, la Métropole Toulon Provence Méditerranée et la Ville d’Hyères reconduisent un dispositif désormais bien installé dans le paysage de la presqu’île de Giens. Du 1er juillet au 31 août 2026, le petit train routier reliant la plage de l’Almanarre au village de Giens circulera de nouveau gratuitement, sept jours sur sept. Pour sa cinquième saison consécutive, ce service de transport vise autant à faciliter la vie des visiteurs qu’à protéger un espace naturel parmi les plus remarquables du littoral varois.
Le projet s’inscrit dans le cadre de l’Opération Grand Site de la Presqu’île de Giens et des Salins d’Hyères, une démarche nationale destinée à concilier la fréquentation touristique et la préservation des paysages d’exception. Le tombolo ouest, ce mince cordon de sable qui relie le continent à l’ancienne île de Giens, constitue un milieu particulièrement fragile. Soumis à l’érosion et à la pression automobile, il ne supporte pas la circulation et le stationnement massifs des véhicules individuels. C’est précisément cette vulnérabilité, conjuguée à la faible largeur de la route du sel, qui a conduit la Ville d’Hyères et TPM à retenir dès l’été 2021 la solution d’un petit train touristique plutôt qu’un mode de transport plus lourd.
Le fonctionnement du service a été pensé pour s’adapter à l’affluence estivale. Deux petits trains assureront cette année des rotations en continu et se croiseront tout au long de la journée, de 9h30 à 12h puis de 14h à 18h30, le dernier départ étant fixé à 18h30 depuis le parking de l’Almanarre et à 19h depuis le village de Giens. Chaque rame peut embarquer jusqu’à soixante personnes et passe à chaque arrêt toutes les trente minutes environ, en fonction de la circulation. Le départ s’effectue depuis le parking nord de la route du sel, où les visiteurs sont invités à laisser leur voiture sur le grand parking gratuit Almanarre-Biancotto, qui compte neuf cents places.
Le tracé dessert l’ensemble des points d’intérêt de la presqu’île. Dans chaque sens, trois arrêts sont positionnés au milieu du tombolo ouest pour rejoindre les plages du Passe-Pied, prisée des amateurs de kitesurf, et des Estagnets. Le petit train rejoint ensuite le parking du marché puis le village de Giens, où il effectue une boucle passant par la place Saint-Pierre avant de marquer son arrêt place du Belvédère. Cette desserte fine permet aux baigneurs comme aux promeneurs d’accéder aux différents sites sans dépendre de leur véhicule, tout en découvrant au passage le caractère naturel et culturel de ce territoire.
La gratuité du service, reconduite comme l’an dernier, répond à une logique précise. En supprimant tout frein financier, les collectivités espèrent inciter le plus grand nombre de visiteurs à délaisser leur voiture dès l’entrée de la presqu’île. Cette approche s’accompagne d’une réduction progressive du stationnement le long de la route du sel. Chaque année, de nouvelles zones de stationnement sont supprimées et protégées par des ganivelles, ces clôtures de bois qui mettent les espaces sensibles en défens et sécurisent le cheminement des piétons sur les bas-côtés. Ces secteurs ont été choisis pour rouvrir la vue vers le salin des Pesquiers et favoriser l’observation des nombreux oiseaux qui y trouvent refuge.
La sécurité des usagers les plus exposés a également guidé l’organisation de la saison. Du 1er juillet au 31 août, la vitesse sur la route du sel sera limitée à trente kilomètres par heure, une mesure qui apaise la circulation et facilite la cohabitation entre voitures, cyclistes et piétons traversant pour rejoindre les plages. Pour compléter le dispositif, trois parkings gratuits sont mis à disposition autour de la presqu’île. Le parking Arromanches offre six cent trente places connectées aux lignes de bus E65 et E67, celui de l’Almanarre-Biancotto neuf cents places reliées à la ligne E65 et au petit train, tandis que le parking du marché de Giens propose cent cinquante places desservies par le petit train.
Au fil des étés, ce dispositif est devenu un repère pour les habitants comme pour les vacanciers. En allégeant la pression automobile sur un site classé tout en garantissant un accès simple aux plages et au village, il illustre la manière dont un territoire littoral peut accueillir ses visiteurs sans sacrifier les milieux qui font sa valeur. Pour la presqu’île de Giens, chaque trajet effectué à bord du petit train est une voiture de moins sur la route du sel et un peu de répit gagné pour un paysage que beaucoup viennent admirer chaque année.

