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Zéro artificialisation nette : le Département réaffirme sa ligne

Par Assia Bedja
Publié le 27 avril 2026 à 17h54 – Temps de lecture : 4 minutes

Face aux reculs nationaux, le Département de l’Essonne maintient le cap du Zéro Artificialisation nette. Malgré les assouplissements votés à l’Assemblée nationale dans le projet de loi de simplification de la vie économique, l’exécutif départemental entend poursuivre sa politique de transition écologique et préserver durablement les espaces naturels, agricoles et forestiers.
À la suite du vote intervenu à l’Assemblée nationale sur le projet de loi de simplification de la vie économique, le Département de l’Essonne estime qu’un signal préoccupant a été envoyé aux collectivités engagées depuis plusieurs années dans la lutte contre l’artificialisation des sols. Pour les élus essonniens, ce recul fragilise les efforts déjà engagés sur le terrain et risque de freiner des politiques locales pourtant déjà structurées. Dans ce contexte, le président du Département, François Durovray, affirme vouloir conserver une ligne ferme : poursuivre la transition écologique, renforcer les investissements utiles et protéger les terres qui constituent une ressource essentielle pour l’avenir du territoire.
L’Essonne revendique depuis plusieurs années une stratégie d’aménagement fondée sur la sobriété foncière. Département attractif, en croissance démographique et économique, il dit avoir fait le choix d’un développement plus responsable, avec pour objectif de limiter la consommation d’espaces naturels et d’éviter l’étalement urbain. Parmi les premiers départements à s’être dotés d’une banque foncière environnementale, l’Essonne entend utiliser cet outil comme un levier concret pour préserver les sols, soutenir la renaturation et accompagner des projets d’aménagement moins consommateurs d’espace. Cette orientation s’inscrit dans une vision de long terme qui associe protection de la biodiversité, préservation du foncier agricole et adaptation aux enjeux climatiques et alimentaires.
François Durovray dénonce une remise en cause qu’il juge difficilement acceptable. Selon lui, le Zéro Artificialisation nette n’est pas un cadre parfait, mais il a déjà démontré son efficacité. Le président du Département rappelle notamment qu’en Essonne, la consommation d’espaces naturels a reculé de 40 %, ce qui constitue, à ses yeux, une preuve de l’intérêt d’une politique volontariste. Il estime que les parlementaires ne peuvent pas effacer des années de travail mené par les élus locaux pour réorienter l’aménagement du territoire vers plus de sobriété et de responsabilité. Pour le Département, la transition écologique ne relève pas d’un discours d’intention, mais d’un engagement politique et opérationnel.
Cette ligne s’incarne dans la stratégie Eco-Ambition 91, adoptée en 2023 et pensée comme la feuille de route départementale à l’horizon 2030. Ce cadre fixe plusieurs priorités déjà mises en œuvre sur le territoire. Il prévoit notamment de lutter contre l’artificialisation des sols, de mieux encadrer l’extension commerciale, de développer des outils fonciers au service de la renaturation et de soutenir l’émergence de projets plus sobres portés par les collectivités. L’ambition est également de rendre 100 hectares à la nature d’ici 2030, un objectif présenté comme à la fois mesurable et mobilisateur. Le Département souhaite aussi renforcer l’accompagnement des communes et intercommunalités afin qu’elles puissent intégrer plus facilement les exigences environnementales dans leurs opérations d’aménagement.
Malgré un contexte budgétaire contraint, l’Essonne affirme qu’elle n’entend pas ralentir ses efforts en 2026. Le Département souhaite poursuivre ses investissements dans des domaines considérés comme directement utiles à la vie quotidienne des habitants, comme les mobilités douces, la renaturation des espaces dégradés ou l’adaptation des équipements publics aux défis climatiques. Cette stratégie vise à concilier développement territorial et préservation des ressources, sans céder à une logique de bétonisation.