Sous l’impulsion de la préfecture des Hauts-de-Seine, le territoire de Gennevilliers s’apprête à devenir le théâtre d’une opération d’envergure nationale en matière de gestion des risques. Ce jeudi 21 mai, l’autorité préfectorale déploiera un exercice de sécurité civile au sein de la zone hautement stratégique d’Haropa Port. Cette manœuvre d’interconnexion des services, orchestrée depuis les salons de commandement de l’État, vise à tester en conditions réelles la réactivité, la coordination et l’efficacité de l’ensemble des forces de secours, des forces de l’ordre, des collectivités territoriales et des opérateurs industriels face à un scénario de crise majeure.
Pour les besoins de cet entraînement réglementaire et pour garantir la sécurité des intervenants comme des riverains, les services de la préfecture piloteront une modification des conditions de circulation. Un plan de bouclage hermétique sera activé dès 9h du matin et restera en vigueur jusqu’à 15h au plus tard. Durant cette période, la physionomie routière du secteur industriel et de ses abords sera lourdement impactée. L’autorité préfectorale procédera à la fermeture totale de plusieurs axes de communication névralgiques, tandis que d’autres axes majeurs seront soumis à de strictes mesures de filtrage policier. La préfecture invite les acteurs économiques, les transporteurs routiers et les usagers du quotidien à modifier leurs itinéraires et à planifier leurs déplacements en amont afin d’éviter l’engorgement du secteur.
Le choix de localiser cet exercice au sein d’Haropa Port à Gennevilliers répond à une logique de prévention rigoureuse menée par l’État. Cette plateforme portuaire abrite des installations classées pour la protection de l’environnement, des infrastructures sensibles qui entrent dans le cadre strict des Plans particuliers d’Intervention (PPI). Au cœur du dispositif général Orsec, le PPI incarne l’outil juridique et opérationnel d’exception dont dispose le préfet de département. C’est à ce haut fonctionnaire de l’État que revient la responsabilité de concevoir, de mettre à jour et d’activer ces mesures de protection particulières, taillées pour contrer les effets hors site d’un sinistre technologique et pour sauvegarder l’intégrité physique de la population civile.
Le département des Hauts-de-Seine concentre plusieurs de ces sites industriels à haut risque, et la commune de Gennevilliers en accueille deux particulièrement stratégiques pour l’approvisionnement énergétique de la région francilienne : les dépôts pétroliers de la multinationale TotalEnergies ainsi que les cuves de stockage de la Sogep-TrapiL. Compte tenu de la nature des produits traités, la loi impose à la préfecture de soumettre ces plans d’urgence à des simulations périodiques obligatoires.
Pour les services de l’État, cet exercice grandeur nature constitue un test de résistance indispensable. Il permet d’évaluer la fluidité de la chaîne de transmission de l’alerte, de valider l’interopérabilité des réseaux de communication d’urgence et d’entraîner les différents personnels à une prise de décision rapide en situation de stress intense.
Au-delà de l’alignement des forces de l’ordre et des pompiers, la démarche préfectorale vise également à acculturer la population locale aux réflexes de sauvegarde indispensables. L’objectif de la préfecture est de peaufiner chaque détail et corriger la moindre faille organisationnelle lors de cette répétition générale, afin de garantir une efficacité absolue et une protection optimale des citoyens le jour où l’accident n’appartiendra plus à la fiction.
Préfecture : exercice Orsec à Gennevilliers
Par Assia Bedja
Publié le 20 mai 2026 à 10h46 – Temps de lecture : 4 minutes
