Une semaine après la fusillade mortelle du quartier des Moulins, l’enquête avance à Nice. Lundi 18 mai 2026, le procureur de Marseille a annoncé la mise en examen de trois suspects. La justice les a aussi placés en détention provisoire. Parmi eux figure l’homme soupçonné d’avoir tiré en pleine journée, le 11 mai, sur une place commerçante de ce quartier populaire de l’ouest niçois.
Ce jour-là, la violence a frappé brutalement les Moulins. Un homme a ouvert le feu en rafales près d’un café et d’un commerce de confiserie. Les tirs ont tué deux pères de famille, âgés de 57 et 39 ans. Six autres personnes ont été blessées, dont plusieurs grièvement. Le drame a provoqué une vive émotion dans le quartier, déjà marqué par les tensions liées au trafic de drogue.
Selon les éléments présentés par les procureurs de Nice et de Marseille, l’affaire s’inscrit dans un contexte de narcotrafic. Les enquêteurs évoquent une guerre de territoire entre groupes criminels. Le quartier des Moulins, proche de l’autoroute et enclavé à l’entrée de Nice, reste régulièrement touché par des violences autour des points de deal. Pourtant, les deux hommes tués n’auraient eu aucun lien avec ce trafic.
Le tireur présumé, âgé de 30 ans, nie les faits. Cependant, les enquêteurs disposent de plusieurs éléments qui le placeraient dans le secteur. Sa téléphonie aurait notamment borné près du lieu de la fusillade. Elle l’aurait aussi situé autour d’un endroit lié à l’incendie d’un véhicule utilisé après les faits. D’après les premiers éléments, l’homme serait arrivé à trottinette électrique avant de tirer sur la place des Amaryllis.
Deux autres personnes ont aussi été mises en examen. Un homme de 19 ans est soupçonné d’avoir participé à la logistique de l’opération. Il aurait notamment convoyé des véhicules, dont l’un aurait servi à la fuite du tireur. Une femme de 26 ans est, elle, soupçonnée d’avoir loué un appartement et hébergé le tireur présumé. Les enquêteurs cherchent maintenant à comprendre le rôle exact de chacun.
Les interpellations auraient aussi permis d’éviter un nouveau drame. Les autorités ont indiqué qu’une autre opération criminelle semblait en préparation. Les policiers ont découvert un véhicule volé avec plusieurs bidons d’essence. Selon les enquêteurs, ce véhicule pouvait servir à une nouvelle action violente avant d’être incendié. Cette découverte renforce l’idée d’une organisation méthodique.
Le procureur de Marseille a parlé de faits de “narcomicide”. Il a aussi évoqué une guerre territoriale en lien avec le trafic de stupéfiants. Le chef de la police judiciaire des Alpes-Maritimes a décrit une montée des tensions entre des équipes criminelles de l’ouest et de l’est de Nice. Les autorités étudient également des liens avec Marseille et des influences venues de région parisienne.
Dans le quartier, les familles des victimes tentent de faire entendre leur douleur. La fille d’Ahmed Nhacha, l’un des deux hommes tués, a témoigné publiquement. Elle a décrit un père comme un repère familial. Elle souhaite que son histoire ne se limite pas à celle d’une victime collatérale. Son message vise aussi l’État, qu’elle appelle à agir pour éviter de nouveaux drames.
Face à l’émotion, les pouvoirs publics renforcent leur présence. Un poste de police municipale a ouvert à quelques mètres du lieu de la fusillade. Cette implantation doit rassurer les habitants et montrer une réponse concrète. Toutefois, beaucoup attendent aussi des résultats durables contre les réseaux de drogue.
Cette affaire rappelle l’ampleur du défi sécuritaire à Nice. Les Moulins ont déjà connu plusieurs épisodes violents ces dernières années. Les autorités affirment avoir réduit le nombre de points de deal actifs, mais les rivalités persistent. La fusillade du 11 mai montre que les habitants restent exposés à des règlements de comptes dont ils ne sont pas responsables.
L’enquête devra maintenant établir les responsabilités précises. Elle devra aussi identifier la cible réelle des tirs, si une cible existait. En attendant, trois suspects dorment en prison et deux familles pleurent des pères de famille. À Nice, cette fusillade laisse une blessure profonde et une question urgente : comment empêcher que la guerre des trafiquants frappe encore des innocents ?

