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Durable : la géothermie en marche

Par Marc Blanc
Publié le 6 juin 2026 à 09h09 – Temps de lecture : 4 minutes

Le territoire du sud de la Seine-et-Marne s’apprête à franchir une étape importante dans sa transition énergétique. Depuis ce 1er juin, un vaste chantier est engagé à proximité du Nautil afin de poser les premières bases d’un réseau de géothermie d’envergure. Porté par le projet GéoBrie, ce dispositif vise à alimenter en chaleur plusieurs communes : Émerainville, Pontault-Combault, Roissy-en-Brie et Le Plessis-Trévise. À terme, ce réseau devrait répondre aux besoins énergétiques d’environ 12 000 logements, marquant ainsi un tournant vers des solutions plus durables.
Le lancement des travaux se traduira dans un premier temps par la mise en place du réseau de distribution de chaleur. Cette infrastructure constituera l’ossature du futur système, permettant d’acheminer l’énergie produite vers les habitations et équipements publics. Dans un second temps, un double forage sera réalisé afin d’atteindre la nappe géothermale du Dogger, située à près de 2 000 mètres sous la surface. Cette opération technique permettra de capter une eau naturellement chauffée par les profondeurs terrestres.
Ce chantier, d’une ampleur notable, aura des répercussions temporaires sur la circulation locale. La route départementale 21 sera particulièrement concernée entre le Nautil et Roissy-en-Brie, avec des perturbations attendues durant toute la période estivale, jusqu’à la fin du mois d’août. Les travaux se poursuivront ensuite sur d’autres secteurs, notamment à Roissy-en-Brie, avant d’entrer dans une nouvelle phase avec la construction de la centrale géothermique elle-même. Celle-ci devrait débuter en 2027, pour une mise en service envisagée à l’horizon 2028.
Au-delà de l’aspect technique, ce projet s’inscrit dans une volonté plus large de transition énergétique et de réduction de l’empreinte carbone. La géothermie repose sur un principe simple mais efficace : récupérer la chaleur naturellement présente dans le sous-sol. L’eau captée, dont la température oscille entre 65 et 85 degrés, est utilisée pour chauffer les bâtiments et produire de l’eau chaude sanitaire. Une fois son énergie exploitée, elle est réinjectée dans la nappe souterraine, garantissant ainsi un fonctionnement en circuit fermé.
Ce mode de production présente de nombreux avantages environnementaux. Il s’agit d’une énergie locale, disponible en continu et largement renouvelable, à hauteur de 94 %. Contrairement aux énergies fossiles, elle ne génère pas de combustion et n’émet donc quasiment aucun polluant dans l’atmosphère. Le futur réseau GéoBrie devrait ainsi permettre d’éviter le rejet de plus de 21 000 tonnes de dioxyde de carbone chaque année, contribuant de manière significative à la lutte contre le changement climatique.
L’ampleur du projet se mesure également à son infrastructure. À terme, ce sont près de 42 kilomètres de canalisations souterraines qui seront déployés pour distribuer la chaleur. Environ 200 sous-stations seront installées afin de relier le réseau principal aux bâtiments desservis. La production globale est estimée à 116 gigawatts heures par an, une capacité qui témoigne du potentiel de cette énergie dans l’approvisionnement des zones urbaines.
Au-delà des chiffres, la mise en place de ce réseau traduit une évolution des modèles énergétiques locaux. Les collectivités territoriales cherchent aujourd’hui à réduire leur dépendance aux énergies importées et à sécuriser leur approvisionnement. La géothermie offre une réponse pertinente à ces enjeux en s’appuyant sur une ressource stable et disponible à proximité. Elle permet également de mieux maîtriser les coûts sur le long terme, en limitant l’exposition aux fluctuations des prix de l’énergie.
Pour les habitants concernés, ce projet pourrait se traduire par un chauffage plus écologique, mais aussi plus stable économiquement. En s’affranchissant en partie des énergies fossiles, les collectivités espèrent offrir une alternative durable face aux incertitudes énergétiques actuelles. Cette initiative s’inscrit par ailleurs dans les objectifs nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de développement des énergies renouvelables.
Afin d’accompagner le lancement de ce projet et d’informer les riverains, une réunion publique est prévue le 8 juin à Roissy-en-Brie. Ce temps d’échange permettra de présenter les différentes étapes du chantier, ses impacts et ses bénéfices attendus. Les habitants pourront ainsi mieux comprendre les enjeux de cette transformation énergétique et poser leurs questions aux porteurs du projet.
Avec GéoBrie, le Sud francilien s’engage résolument dans une dynamique de modernisation énergétique. La géothermie, encore peu visible mais déjà bien implantée dans certaines régions, pourrait ainsi devenir un pilier essentiel de la transition énergétique locale dans les années à venir.