Un an après la troisième Conférence des Nations unies pour l’océan (UNOC-3), qui avait rassemblé 50 chefs d’État et de gouvernement, la France dresse le bilan de ses ambitions environnementales. À l’occasion de la Journée mondiale de l’océan, ce lundi 8 juin 2026 à Paris, Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, et Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, coorganisent un événement commémoratif avec la Mission Neptune au Muséum national d’histoire naturelle. En présence du Commissaire européen Costas Kadis, cette rencontre permet de mesurer le chemin parcouru à l’échelle nationale et internationale sur des dossiers cruciaux. Parmi les avancées de l’année écoulée figurent la ratification du traité BBNJ sur la protection de la haute mer, la préservation de la biodiversité sous juridiction, la lutte contre la pêche illégale (INN), la décarbonation du transport maritime ou encore le déploiement d’outils scientifiques, comme le baromètre Starfish et la mission Neptune.
La matinée s’est prolongée par un déplacement sur le terrain au Port du Gros Caillou, point de départ d’une offensive majeure face à un fléau écologique alarmant : les près de 12 millions de tonnes de plastique qui rejoignent nos océans chaque année. Les ministres et le Commissaire européen y ont officiellement présenté le nouveau plan d’action interministériel de lutte contre les plastiques en mer 2026-2030. Cette feuille de route globale, érigée en priorité depuis les engagements de l’UNOC-3, vise à endiguer la pollution plastique à la source, en traitant le problème depuis l’intérieur des terres jusqu’aux façades littorales pour préserver durablement la santé des écosystèmes marins.
Afin de marquer les esprits et de sensibiliser le grand public au cheminement des déchets, une action symbolique forte a été menée sur les bords de Seine, le long de la promenade Gisèle Halimi. Les représentations de l’État et de l’Union européenne ont dévoilé une plaque signalétique gravée « La mer commence ici », immédiatement rejointe par une plaque « La Seine commence ici » apposée par la mairie de Paris. Ce double marquage urbain rappelle aux passants que chaque déchet jeté peut se retrouver dans le fleuve, puis finir sa course dans la mer.
La séquence s’est clôturée à bord du navire de l’association environnementale Maewan par un temps d’échange pédagogique. Des élèves de niveau CE2-CM1 venus de Montreuil ont pu dialoguer avec les officiels et écouter le témoignage du navigateur Simon Bernard de Plastic Odyssey. Cette rencontre a mis en avant le dispositif des Aires éducatives, des espaces d’apprentissage citoyen qui encouragent la mobilisation de la jeunesse autour des enjeux du lien indissociable entre la terre et la mer, notamment sur la question de la gestion des déchets. En parallèle, les discussions de l’Institut d’Histoire naturelle se sont structurées autour de deux tables rondes stratégiques, l’une dédiée à la gouvernance de la colonne d’eau des abysses à la haute mer, et l’autre axée sur la coopération scientifique et la dépollution des espaces maritimes en vue de la future conférence UNOC-4.

