Le paysage économique de la Seine-et-Marne évolue fortement en ce mois de juin, sous l’effet conjugué des grands projets d’infrastructures et des adaptations réglementaires en cours. La Chambre de Commerce et d’Industrie de Seine-et-Marne suit de près l’avancement du Grand Paris Express, considéré comme un levier majeur de transformation pour l’Est francilien. Le 10 juin, une délégation a ainsi pu visiter les coulisses de la future gare de Chelles-Gournay, appelée à devenir un pôle multimodal stratégique et à modifier en profondeur les conditions de mobilité comme l’attractivité économique de ce secteur. Cette gare, qui intégrera plusieurs lignes du réseau, sera un point de connexion entre les transports en commun, les réseaux routiers et les dessertes régionales, ce qui devrait renforcer la place de Chelles dans les échanges quotidiens et positioningner le territoire comme un lieu de passage structurant pour les entreprises.
Cette dynamique s’accompagne d’un tissu entrepreneurial toujours actif, comme l’a montré le Festival des Entrepreneurs 2026, organisé à Serris le 20 mai dernier. L’événement s’est affirmé comme un lieu de rencontres privilégié entre dirigeants, porteurs de projets et acteurs de l’innovation, favorisant les échanges d’idées et la création de relations d’affaires durables. Les tables de discussion ont permis de mettre en avant des modèles de croissance adaptés aux réalités locales, du commerce de proximité aux industries de pointe. Dans le même temps, la CCI continue de mettre en avant le savoir-faire industriel local à travers le label « Made in 77 », qui valorise les entreprises du territoire et souligne leur contribution au rayonnement économique départemental. Cette reconnaissance dépasse d’ailleurs le seul cadre local, puisque deux entreprises seine-et-marnaises ont été retenues le 4 juin pour représenter la région aux Trophées du Commerce nationaux, confirmant ainsi la capacité du département à produire des références reconnues au niveau plus large.
Mais les entreprises du département doivent aussi se préparer à des changements administratifs d’ampleur. À compter du 1er janvier 2027, l’Insee mettra en place la nouvelle nomenclature d’activités économiques. Cette évolution entraînera une mise à jour automatique des codes APE attribués aux entreprises et à leurs établissements, avec des conséquences concrètes sur les démarches de gestion et de classement statistique. Les dirigeants devront notamment vérifier comment ces nouveaux codes s’appliquent à leur activité, notamment pour les contrats, les déclarations fiscales et les échanges avec les partenaires publics ou privés. Anticipant cette réforme, la CDI a lancé dès le mois de juin une campagne d’information destinée à aider les dirigeants à comprendre ce basculement et à en mesurer les effets sur leur activité, tout en proposant des supports pratiques pour faciliter la transition.
Sur le plan environnemental, les questions de transition énergétique et de décarbonation prennent également une place croissante dans les stratégies locales. Le salon Remoove 2026, organisé en avril, a illustré cette évolution en montrant que les démarches liées à la responsabilité sociétale des entreprises peuvent désormais constituer un véritable avantage concurrentiel. Les échanges du salon ont mis en lumière des solutions concrètes d’efficacité énergétique, de réduction des émissions et d’optimisation des processus industriels. Cette orientation s’est retrouvée dans plusieurs initiatives de terrain, notamment lors de matinales organisées chez Bardusch France, à Val d’Europe, autour des enjeux de décarbonation et d’adaptation des pratiques industrielles. Ces rencontres ont permis de partager des expériences entre acteurs de différents secteurs, de l’industrie textile aux services, en montrant que la décarbonation peut être abordée de manière progressive et adaptée aux réalités de chaque entreprise.
Dans un contexte pourtant plus instable, les entreprises seine-et-marnaises restent exposées à des tensions venues de l’international. Les conflits au Moyen-Orient commencent à se répercuter sur les coûts logistiques, les délais d’approvisionnement et l’organisation de certaines chaînes de valeur, fragilisant les structures les plus dépendantes des importations ou du transport. Les entreprises doivent dès lors ajuster leurs stratégies, en réévaluant leurs sources d’approvisionnement, en anticipant les risques de rupture et en consolidant leurs relations avec des partenaires locaux ou européens. Pour faire face à ces difficultés, la CCI renforce ses dispositifs d’accompagnement, en particulier avec SOS Entreprise, un outil destiné à soutenir les structures confrontées à des chocs extérieurs et à limiter les effets de ces perturbations sur leur activité. Ce dispositif permet notamment de mettre en place des diagnostics rapides, des plans d’action adaptés et un appui concret pour accompagner les entreprises dans la gestion de situations difficiles, tout en veillant à préserver leur pérennité et leur capacité à poursuivre leur développement.
Économie : attractivité en hausse
Par Assia Bedja
Publié le 17 juin 2026 à 11h09 – Temps de lecture : 5 minutes
