1. Home
  2. Nos départements
  3. Yerres : art et nature

Yerres : art et nature

Par Marie Aschehoug-Clauteaux
Publié le 22 juin 2026 à 17h31 – Temps de lecture : 4 minutes

Écrin de verdure aux portes de Paris, Yerres cultive depuis longtemps un lien privilégié avec la peinture et le paysage. C’est ici, dans la propriété familiale devenue la Maison Caillebotte, que le peintre impressionniste Gustave Caillebotte a planté son chevalet et saisi les bords de l’eau et les jardins. Cet été, la commune de l’Essonne offre un double rendez-vous à la croisée de l’art et de la nature : une grande exposition de peinture et un festival de cinéma à la belle étoile, en pleine forêt.
Présentée du 8 mai au 18 octobre à la Ferme Ornée et à l’Orangerie, l’exposition « La nature n’est pas un décor » constitue l’événement de la saison. Le parcours explore l’évolution du sentiment de la nature dans l’art, de l’impressionnisme à nos jours. Comment les artistes, d’hier à aujourd’hui, ont-ils regardé, ressenti et représenté le monde vivant ? C’est tout l’enjeu de cette traversée sensible, qui fait dialoguer les époques autour d’une même question, plus actuelle que jamais.
La pièce maîtresse, à elle seule, justifie le déplacement. L’exposition s’ouvre sur un chef-d’œuvre de Claude Monet, « Le Bassin aux nymphéas » (1917-1919), prêté exceptionnellement par le musée Marmottan Monet. Rare hors les murs, cette toile monumentale, où l’eau, le ciel et les fleurs se confondent en une vibration de couleurs, offre au public essonnien l’occasion peu commune d’approcher l’un des sommets de l’art moderne, sans quitter les bords de l’Yerres.
Autour de Monet, l’exposition orchestre un dialogue avec des artistes contemporains déjà liés à la Maison Caillebotte : Markus Lüpertz, Érik Desmazières, Malgorzata Paszko, Evi Keller, Ronan Barrot, Charlotte de Maupeou ou encore Youcef Korichi. Tous partagent une même exigence : peindre au plus près de la sensation et révéler les forces invisibles à l’œuvre dans la nature. De la toile impressionniste à la création la plus récente, le fil tendu invite à mesurer ce qui change, et ce qui demeure, dans notre regard sur le monde.
Le lieu, à lui seul, vaut la visite. Étape de la route des impressionnismes, la Maison Caillebotte conjugue patrimoine, art de vivre et promenade : la demeure, l’Orangerie, la Ferme Ornée et le parc paysager qui descend vers la rivière composent un ensemble rare en Île-de-France. Les espaces d’exposition sont ouverts tous les jours sauf le lundi, de 14h à 18 h 30, pour un tarif plein de douze euros.
Le second temps fort de la saison se vit, lui, à la nuit tombée. Le vendredi 26 juin, Yerres accueille une séance du festival Branche & Ciné, organisé par l’Office national des forêts et parrainé par la comédienne Juliette Binoche. Le principe : projeter de grands films en plein air, au cœur des plus belles forêts franciliennes. Rendez-vous est donné à l’Étoile de Bellevue, en forêt domaniale de la Grange, pour une expérience immersive et gratuite, à partager en famille ou entre amis.
À l’affiche cette année, « Nausicaä de la vallée du vent », le classique d’animation de Hayao Miyazaki, présenté en version française à 22h. Fable écologique avant l’heure, le film résonne idéalement avec le décor forestier. Les spectateurs sont invités à pique-niquer sur place dès 20h, en veillant à tout remporter : aucune restauration ni sanitaire ne sont prévus sur le site. Une soirée hors du temps, le regard tourné vers l’écran… et vers les étoiles.
Entre une toile de Monet admirée à l’ombre d’une orangerie et un film de Miyazaki savouré sous les frondaisons, Yerres confirme, le temps d’un été, sa vocation de destination culturelle à part entière. À quelques minutes de la capitale, la ville prouve que l’on peut, sans aller loin, conjuguer grand art, nature et émerveillement.