Il y a des villes où l’art se cache dans les musées, et d’autres où il s’invite dans la rue. Vitry-sur-Seine appartient résolument à la seconde catégorie. Dans cette commune populaire du Val-de-Marne, la création contemporaine se vit autant sur les murs des immeubles que dans les salles d’un grand musée. Et cet été, elle se donne rendez-vous le 28 juin pour une journée festive et ouverte à tous, au cœur du Mac Val.
Vitry, d’abord, c’est une réputation : celle de capitale du street art en Île-de-France. Au fil des rues, des centaines d’œuvres se découvrent à ciel ouvert – fresques monumentales, pochoirs, collages – qui font de la ville un musée à ciel ouvert, gratuit et permanent. Ici, une façade entière se couvre d’un portrait géant ; là, un boîtier électrique se transforme en miniature peinte. La promenade devient une chasse au trésor artistique, sans cesse renouvelée.
Cette effervescence doit beaucoup à une figure : Christian Guémy, alias C215, l’un des pochoiristes les plus connus de sa génération, installé à Vitry. En multipliant les interventions dans sa propre ville et en y attirant des artistes venus du monde entier, il a contribué à faire de Vitry un haut lieu de l’art urbain. Les œuvres, exposées aux intempéries et au regard de tous, vivent, s’effacent et se renouvellent au rythme de la ville.
À quelques pas de cette galerie à ciel ouvert se dresse le Mac Val, le musée d’art contemporain du Val-de-Marne. Ouvert en 2005, il a la particularité d’être l’un des rares musées d’art contemporain implantés en banlieue et gérés par un département. Collection permanente, expositions temporaires et jardins en font un équipement culturel de premier plan, qui défend depuis vingt ans une idée simple : l’art le plus exigeant a toute sa place hors des grands centres parisiens.
Le musée présente actuellement « Ici grand ouvert », une exposition consacrée à l’artiste Smith, dont le travail mêle photographie, image en mouvement et questionnements sur le vivant et le cosmos. Une proposition immersive, à l’image d’une programmation qui aime brouiller les frontières entre les disciplines et inviter le visiteur à ressentir autant qu’à comprendre.
Mais c’est le dimanche 28 juin que le Mac Val ouvrira le plus grand. Ce jour-là, le musée organise son traditionnel « Pic Nic », un rendez-vous annuel convivial où le public est invité à investir les salles et les jardins, un repas partagé à la main. Au programme de cette édition : des concerts, avec notamment Barbara Carlotti, Radio Levania et Youmna Saba, des projections de films de Smith et des visites accompagnées. Une journée pensée pour mêler découvertes gustatives, musicales et artistiques.
Derrière la fête, il y a une conviction : celle de rendre l’art contemporain accessible, débarrassé des codes parfois intimidants du musée. En proposant un événement gratuit, familial et chaleureux, le Mac Val cherche à faire venir un public large, y compris ceux qui n’oseraient pas, d’ordinaire, en franchir le seuil. Une démarche en parfaite cohérence avec l’esprit d’une ville où l’art s’expose, d’abord, sous les yeux de tous.
Pour qui veut s’y retrouver, la ville et l’office de tourisme proposent des parcours et des visites pour partir à la rencontre des œuvres, carte en main. Mais le plus beau reste sans doute la découverte au hasard d’une rue, au détour d’un carrefour ou d’une cour : à Vitry, l’art ne s’annonce pas, il surgit. Cette dimension mouvante, où des œuvres apparaissent et disparaissent au fil des saisons, fait de chaque visite une expérience unique, impossible à reproduire à l’identique.
Entre les fresques des rues et les salles du musée, Vitry-sur-Seine offre ainsi une leçon d’ouverture : celle d’un art contemporain qui descend de son piédestal pour se frotter au quotidien. Une invitation, tout l’été, à lever les yeux sur les murs de la ville – et à pousser la porte d’un musée pas comme les autres.
Mac Val : de la fresque urbaine aux jardins
Par Renaud Morelli
Publié le 22 juin 2026 à 19h41 – Temps de lecture : 4 minutes
