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La navette toulonnaise dessine le futur réseau express ferroviaire du Var

Train régional à quai sous une verrière de gare, navette toulonnaise
Par Jonathan Caron
Publié le 17 mars 2026 à 09h00 – Temps de lecture : 4 minutes

Le train du quotidien s’apprête à changer de dimension dans l’aire toulonnaise. La navette toulonnaise, volet local du grand projet de Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur, ambitionne d’offrir un service ferroviaire cadencé et rapide entre les principales villes du territoire. Portée notamment par la Métropole Toulon Provence Méditerranée, cette opération vise à améliorer l’offre de transport quotidien, à réduire les temps de parcours et à désaturer les nœuds ferroviaires de Marseille, de Toulon et de la Côte d’Azur, aujourd’hui saturés aux heures de pointe.

L’idée directrice tient dans une expression, celle de Réseau Express Métropolitain. Concrètement, il s’agit de faire circuler les trains avec la même régularité qu’un métro urbain. En heure de pointe, la navette proposera ainsi un passage toutes les quinze minutes. Le reste de la journée, un service à la demi-heure reliera l’agglomération à Marseille, à Hyères et à Carnoules. Pour l’usager, cette fréquence élevée change tout, car elle permet de prendre le train sans consulter les horaires à l’avance.

Le tracé s’appuie sur un chapelet de gares et de haltes déjà bien ancrées dans le paysage varois. À l’ouest, la ligne partira de Saint-Cyr-sur-Mer et desservira Ollioules, La Seyne-sur-Mer puis Toulon. Vers le sud-est, elle rejoindra Toulon-Sainte-Musse, La Pauline, à La Garde, et Hyères. Au nord-est, elle filera vers Carnoules et Les Arcs. Ce maillage relie donc entre eux des bassins de vie et d’emploi que la route peine aujourd’hui à connecter efficacement.

Au-delà des trajets locaux, le projet profitera aussi aux voyageurs de longue distance. Grâce à la future traversée souterraine de Marseille, les TGV en direction de Paris gagneront entre quinze et vingt minutes. Cette amélioration illustre la logique d’ensemble de la Ligne Nouvelle, pensée pour fluidifier à la fois les liaisons régionales et les grandes lignes nationales.

Le chantier s’étire sur une décennie et se divise en deux grandes étapes. La première phase de travaux a débuté en 2025. Cette année 2026 verra notamment l’électrification de tronçons autour de Toulon, une opération indispensable pour faire rouler des trains plus fréquents et moins polluants. La fin de cette première phase est attendue en 2030. La seconde phase suivra, avec une mise en service programmée en 2035. Ce phasage permet d’engager les transformations sans interrompre la circulation ferroviaire existante.

L’ampleur financière du projet traduit son importance stratégique. Le budget des deux phases atteint 3,7 milliards d’euros, dont environ 500 millions consacrés à la seule navette toulonnaise. Ce financement repose sur un partenariat classique des grands projets d’infrastructure. L’État français en assume 40 %, les collectivités territoriales une part identique et l’Union européenne le cinquième restant. La contribution de la Métropole toulonnaise s’élève, quant à elle, à 28,53 millions d’euros, soit 1,33 % du coût total.

La gouvernance mérite elle aussi d’être soulignée. La Métropole Toulon Provence Méditerranée préside le Comité de Coordination Métropolitaine et participe à la Société publique LNPCA. Cette structure rassemble onze collectivités régionales autour d’un même objectif. Un tel montage garantit que les décisions se prennent de façon concertée, à l’échelle de tout l’arc méditerranéen plutôt que commune par commune.

Les bénéfices attendus dépassent largement le confort des voyageurs. Les études tablent sur une hausse de 36 % de la fréquentation ferroviaire d’ici 2035. Surtout, le report de la voiture vers le train devrait permettre d’éviter 500 millions de kilomètres parcourus chaque année sur les routes. Cette bascule représente un gain considérable en matière de pollution, de bruit et d’embouteillages. Le nombre de trains régionaux passera par ailleurs de deux à trois et demi aujourd’hui à quatre, voire six par heure et par sens.

En définitive, la navette toulonnaise dépasse le simple projet de transport. Elle dessine une nouvelle façon de se déplacer dans le Var, plus sobre et plus fiable. Pour les habitants, elle promet des trajets domicile-travail apaisés et un accès facilité aux services, aux études et aux loisirs. C’est tout un territoire qui se prépare à vivre au rythme du rail.