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Le préfet du Var encadre l’espace public pendant la Coupe du Monde

Policier de dos en gilet tactique pendant la Coupe du Monde
Par Jonathan Caron
Publié le 6 juillet 2026 à 10h11 – Temps de lecture : 4 minutes

À l’occasion de la Coupe du Monde de football 2026, les services de l’État renforcent leur vigilance dans le Var. Le préfet du Var a signé trois arrêtés d’interdiction temporaire, applicables sur l’ensemble du département. Ces mesures visent un objectif clair, prévenir les troubles à l’ordre public que peuvent provoquer les grands rassemblements festifs liés à la compétition. Elles s’inscrivent dans un contexte sécuritaire particulier, puisque la posture Vigipirate est actuellement fixée au niveau « Vigilance renforcée ».

Ce niveau correspond au socle permanent du plan gouvernemental de vigilance, de prévention et de protection face à la menace terroriste. Concrètement, il impose une attention soutenue dans les lieux accueillant du public et lors des événements susceptibles de rassembler de nombreuses personnes. Les rencontres de la Coupe du Monde, souvent suivies collectivement dans les bars, sur les places ou lors de retransmissions publiques, entrent pleinement dans ce cadre. C’est pourquoi l’État a choisi d’agir en amont plutôt que de réagir dans l’urgence.

Le premier volet des arrêtés concerne les artifices de divertissement. Depuis ce vendredi 3 juillet à 20 heures, et jusqu’à ce mercredi 8 juillet à 8 heures, les particuliers ne peuvent plus utiliser d’artifices ni d’articles pyrotechniques dans le département. L’interdiction porte également sur la détention, le transport et l’utilisation des artifices de catégories F2 et F3, c’est-à-dire les modèles les plus puissants accessibles au grand public. La vente au déballage de ces produits est elle aussi suspendue pendant toute la période. Cette précaution n’a rien d’anodin. Détournés de leur usage, ces engins deviennent des projectiles dangereux, notamment face aux forces de l’ordre, et peuvent transformer une soirée de liesse en incident grave.

Le deuxième volet vise les carburants et les produits inflammables. Sur la même durée, du vendredi soir au mercredi matin, l’achat, la vente au détail, l’enlèvement et le transport de produits combustibles dans des récipients transportables sont interdits. Sont notamment concernés les bidons, les jerricans, les cubitainers et les flacons, ainsi que les gaz inflammables. Là encore, la logique est préventive. En limitant l’accès à ces produits facilement stockables, l’État cherche à écarter tout risque d’incendie volontaire ou de dégradation en marge des matchs. Les usages courants, comme le ravitaillement classique d’un véhicule à la pompe, ne sont pas touchés par cette restriction ciblée sur les contenants transportables.

Le troisième arrêté portait sur la consommation d’alcool sur la voie publique. Il s’est appliqué sur une fenêtre plus resserrée, du samedi 4 juillet à 15 heures au dimanche 5 juillet à 8 heures, soit autour d’une échéance sportive sensible. Les terrasses des débits de boissons et des restaurants restaient exclues de la mesure, afin de ne pas pénaliser l’activité économique et la vie de quartier. Cette distinction traduit une volonté d’équilibre. Il s’agissait de contenir les débordements sur l’espace public sans figer entièrement la convivialité que la compétition suscite.

Prises ensemble, ces trois interdictions dessinent une réponse graduée et proportionnée. Chacune répond à un risque précis, l’usage détourné des artifices, la disponibilité de produits inflammables et l’alcoolisation sur la voie publique. Les durées diffèrent selon la nature du danger, plus longues pour les produits dangereux, plus courtes pour l’alcool, calées sur les moments de forte affluence. Le caractère départemental des arrêtés garantit par ailleurs une application homogène, des communes du littoral aux villages de l’arrière-pays.

L’application de ces arrêtés repose sur les forces de sécurité intérieure. La police nationale et la gendarmerie assurent les contrôles sur le terrain pendant toute la durée des interdictions. Le non-respect de ces mesures expose les contrevenants à des sanctions, la violation d’un arrêté préfectoral étant passible d’une contravention. Les agents peuvent également procéder à la saisie des produits détenus en infraction, qu’il s’agisse d’artifices ou de carburant.

Pour les habitants du Var, ces règles temporaires n’ont rien d’exceptionnel dans leur principe. Elles accompagnent régulièrement les grands rendez-vous populaires, des fêtes de fin d’année aux événements sportifs majeurs. Le message des services de l’État reste le même. Profiter pleinement de la Coupe du Monde suppose de le faire dans le respect de la sécurité de tous. En anticipant les points de tension, la préfecture entend permettre à chacun de vivre la compétition sereinement, tout en préservant la tranquillité publique sur l’ensemble du territoire varois.