Huit mois après les faits, la justice rattrape enfin deux figures du mouvement ultra niçois. Ce lundi 27 juillet 2026, deux hommes comparaissent devant le tribunal correctionnel de Nice. Ils doivent répondre de violences aggravées et de participation à un groupement préparant des violences. En cause : l’agression de deux joueurs de l’OGC Nice devant le centre d’entraînement du club, le 30 novembre 2025.
Ce soir-là, environ 300 à 400 supporters ultras attendaient le bus de l’équipe au retour d’une défaite à Lorient (3-1). L’ambiance était déjà très tendue. Le club enchaînait alors sa sixième défaite consécutive toutes compétitions confondues. Deux représentants des ultras étaient d’abord montés dans le bus pour exprimer leur colère. Cependant, la situation a rapidement basculé à la descente des joueurs.
Les attaquants Terem Moffi et Jérémie Boga ont alors subi un véritable déchaînement de violence. De nombreux individus vêtus de noir et décrits comme surexcités les ont ciblés directement. Ils ont reçu des coups de poing, des coups de pied, des crachats et des insultes. Le gardien Yéhvann Diouf a même dû intervenir pour aider Moffi à échapper à la foule. Par ailleurs, le directeur sportif Florian Maurice a lui aussi subi des violences ce soir-là.
Les conséquences physiques et psychologiques ont frappé durement les victimes. Le médecin a constaté une incapacité totale de travail de cinq jours pour Moffi. Boga a également reçu un arrêt de travail. Les deux joueurs ont immédiatement porté plainte. Surtout, ils ont ensuite refusé de continuer à jouer pour l’OGC Nice. Tous deux ont d’ailleurs quitté le club dans les semaines suivantes.
L’enquête a progressé pendant six mois avant d’aboutir en mai 2026. Les forces de l’ordre ont alors interpellé deux hommes, âgés d’une trentaine et d’une quarantaine d’années. Les enquêteurs les présentent comme des leaders reconnus du mouvement ultra niçois. Après leur comparution devant le parquet, le juge a fixé la date du procès à ce lundi 27 juillet.
En attendant l’audience, les deux suspects connaissent des situations judiciaires différentes. Le juge a placé le plus jeune en détention provisoire. En effet, les enquêteurs ont découvert à son domicile un arsenal inquiétant : plusieurs couteaux à cran d’arrêt, deux bombes lacrymogènes et une matraque télescopique. Le second prévenu bénéficie quant à lui d’un contrôle judiciaire.
De plus, ces deux hommes ne découvrent pas les tribunaux pour la première fois. Le ministère public a précisé que les deux prévenus cumulent déjà des condamnations pour des violences en lien avec des manifestations sportives. L’un d’eux a même écopé en janvier 2026 de six mois d’emprisonnement avec sursis. Il avait alors agressé un journaliste de Nice-Matin lors d’un match.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de débordements impliquant des supporters niçois. En mai dernier, des dizaines de fans du Gym ont participé à une rixe à Paris, à la veille de la finale de Coupe de France. Cet épisode a fait sept blessés, dont un grave. Quelques jours plus tôt, des supporters avaient aussi envahi la pelouse lors du dernier match de championnat contre Metz.
Le procès de ce lundi représente donc un test pour la justice face aux violences dans le football. La LFP avait condamné les faits avec fermeté dès décembre 2025 et s’était constituée partie civile. Le verdict permettra de mesurer la réponse judiciaire à ces actes qui ont profondément marqué les victimes. Les joueurs avaient d’ailleurs évoqué publiquement des séquelles physiques et psychologiques durables.

