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Le port de l’Ayguade se modernise sur l’île du Levant

Voiliers amarrés à un ponton de port sur l'île du Levant
Par Jonathan Caron
Publié le 13 août 2026 à 08h15 – Temps de lecture : 4 minutes

Au large d’Hyères, l’île du Levant vient de voir aboutir un chantier attendu. La première phase de l’opération de sécurisation et de réaménagement du port de l’Ayguade, conduite par la Métropole Toulon Provence Méditerranée, s’est achevée en juillet 2026. Engagés en octobre 2025, ces travaux d’une dizaine de mois ont transformé en profondeur ce petit port insulaire, avec des infrastructures modernisées, des accès sécurisés et un accueil amélioré pour les usagers, comme l’a annoncé la métropole ce mercredi 12 août.

L’enjeu dépasse largement le simple confort portuaire. L’île du Levant, la plus orientale des îles d’Or, n’est accessible que par la mer, et le port de l’Ayguade constitue la porte d’entrée quasi exclusive du village d’Héliopolis et de ses habitants. Résidents permanents, vacanciers, commerçants et services techniques dépendent de cet équipement pour chaque traversée, chaque livraison et chaque approvisionnement. La fiabilité et la sécurité de l’ouvrage conditionnent donc directement la vie quotidienne insulaire, en particulier durant la saison estivale où la fréquentation s’intensifie fortement.

Parmi les réalisations les plus structurantes figure la création d’un quai RoRo, un type d’équipement conçu pour permettre aux navires de charger et de décharger des véhicules et des marchandises par une rampe, sans recourir à une grue. Pour une île qui reçoit l’essentiel de ses biens par bateau, ce quai fluidifie considérablement la logistique. L’ouvrage repose sur des pieux surmontés de platines en acier, complétés par des éléments en béton armé préfabriqués à Toulon puis acheminés sur place, une méthode qui limite la durée des interventions en site maritime sensible.

Le terre-plein central a par ailleurs été étendu et conforté par un mur de soutènement. Cette extension s’est accompagnée d’une série d’améliorations visibles pour les usagers, avec la réhabilitation des escaliers menant au sentier du littoral, la réfection des enduits, le remplacement des garde-corps, ainsi que l’installation d’une nouvelle pergola et de jardinières qui adoucissent l’aspect minéral du site. Le port gagne ainsi en fonctionnalité sans renoncer à son intégration dans un environnement littoral remarquable, aux portes du Parc national de Port-Cros.

La liaison entre le port et le rivage a également fait l’objet d’une attention particulière. La dalle Sud, entièrement démolie puis reconstruite, se rejoint désormais par un nouveau cheminement en béton qui facilite la circulation des piétons entre les quais et le littoral. Sur la partie émergée de l’ouvrage, des caillebotis antidérapants et des garde-corps ont été posés afin de réduire les risques de chute, un point sensible sur des surfaces exposées aux embruns et régulièrement humides.

Le coût total de cette première phase atteint 3,2 millions d’euros toutes taxes comprises. La Métropole TPM a assuré la maîtrise d’ouvrage, tandis que les entreprises Océlian et TP Spada ont exécuté les travaux sous la conduite de BRL Ingénierie, maître d’œuvre de l’opération. Le financement a bénéficié du soutien du Conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur et de l’État au travers de la Dotation de soutien à l’investissement local, un fonds national destiné à accompagner les projets structurants des collectivités, auquel les communes et intercommunalités peuvent prétendre pour leurs équipements publics.

Cette opération s’inscrit dans une politique portuaire plus large. Gestionnaire des ports de la rade de Toulon et de son littoral, la métropole indique poursuivre la modernisation de ses infrastructures et le renforcement de leur niveau de sécurité, afin d’offrir aux usagers des équipements plus sûrs, plus fonctionnels et mieux adaptés à leurs besoins. Le chantier de l’Ayguade illustre cette démarche appliquée à un site insulaire, où chaque intervention exige une logistique spécifique et un calendrier compatible avec la saison touristique.

Pour les Levantins comme pour les milliers de visiteurs qui débarquent chaque été, cette première phase change déjà concrètement l’expérience du port, des manœuvres de débarquement jusqu’à la promenade vers le sentier du littoral. Elle pose aussi les bases de la suite de l’opération, la mention d’une première étape laissant entrevoir de nouveaux aménagements pour ce point d’ancrage vital de l’île du Levant, trait d’union entre Hyères et son archipel.