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TPM s’attaque aux plantes exotiques envahissantes avec le Fonds vert

chemin littoral et végétation méditerranéenne sur le territoire de la Métropole
Par Jonathan Caron
Publié le 24 août 2026 à 09h34 – Temps de lecture : 5 minutes

La Métropole Toulon Provence Méditerranée a engagé depuis la fin de l’année 2024 une étude stratégique consacrée aux espèces végétales exotiques envahissantes qui colonisent ses espaces naturels. Menée en partenariat avec le Conservatoire botanique national méditerranéen, cette démarche vise à dresser un état des lieux précis de la répartition de ces plantes sur l’ensemble des sites gérés par la collectivité, une étape indispensable avant de déployer des actions de lutte coordonnées. L’initiative vient par ailleurs de recevoir un appui financier de l’État, qui soutient le projet à travers le dispositif national du Fonds vert.

Derrière l’acronyme EVEE se cachent des végétaux introduits par l’homme, volontairement ou non, en dehors de leur aire de répartition d’origine, et dont la prolifération porte atteinte aux milieux qui les accueillent. Sur le littoral méditerranéen, plusieurs de ces espèces sont devenues si familières qu’elles semblent faire partie du paysage, à l’image des griffes de sorcière qui tapissent les rochers du bord de mer ou de l’herbe de la pampa dont les plumeaux s’invitent sur les terrains délaissés. Leur expansion n’a pourtant rien d’anodin. En accaparant la lumière, l’eau et les nutriments, ces plantes entraînent une dégradation des habitats naturels et une régression de la flore locale, parfois rare ou protégée. Les scientifiques classent d’ailleurs les invasions biologiques parmi les cinq causes majeures de l’érosion de la biodiversité à l’échelle mondiale, aux côtés de la destruction des milieux, de la surexploitation des ressources, des pollutions et du changement climatique.

Le dérèglement du climat joue précisément un rôle d’accélérateur dans ce phénomène. En adoucissant les hivers et en modifiant les régimes de précipitations, il élargit les zones où ces plantes venues d’ailleurs peuvent survivre, s’installer puis se propager. Des espèces jusqu’ici contenues par le froid ou la sécheresse trouvent désormais des conditions favorables sur des secteurs qui leur étaient fermés, ce qui rend la surveillance d’autant plus nécessaire dans une région déjà soumise à de fortes pressions écologiques.

C’est tout l’objet de l’étude engagée par la Métropole. Elle doit permettre de centraliser, d’actualiser et de structurer les connaissances relatives aux espèces envahissantes présentes sur le territoire, des données aujourd’hui dispersées entre différents acteurs et inventaires. Le travail couvre cinq grands ensembles qui correspondent aux secteurs est, centre et ouest de la métropole, aux zones humides et au sentier du littoral. Il englobe aussi bien les forêts communales que les sites du Conservatoire du littoral ou les zones Natura 2000, ce réseau européen qui protège les habitats et les espèces les plus remarquables du continent. Autant de milieux sensibles où la progression d’une plante invasive peut rapidement bouleverser des équilibres construits sur des siècles.

Pour mener à bien ce chantier de connaissance, la collectivité s’appuie sur l’expertise du Conservatoire botanique national méditerranéen, un organisme scientifique de référence né sur l’île de Porquerolles et dont les travaux sur la flore du sud de la France font autorité. Ses botanistes accompagnent les collectivités dans l’identification des espèces, l’évaluation des risques d’invasion et la définition de méthodes de gestion adaptées à chaque milieu. L’étude doit déboucher sur l’identification des zones d’intervention prioritaires ainsi que sur des stratégies de gestion coordonnées, articulées avec la stratégie régionale consacrée aux espèces végétales exotiques envahissantes en Provence-Alpes-Côte d’Azur, afin que l’action métropolitaine s’inscrive dans un effort cohérent à l’échelle de toute la région.

Ce travail d’ingénierie bénéficie d’une subvention de 18 200 euros, soit 40 % du coût total de l’opération, obtenue au titre du Fonds vert. Lancé en 2023 par l’État, ce dispositif accompagne les collectivités locales dans l’accélération de leur transition écologique, qu’il s’agisse d’adapter les territoires au changement climatique, de renforcer la performance environnementale des équipements publics ou d’améliorer le cadre de vie. Son volet consacré à l’ingénierie finance précisément les études préalables qui, comme ici, permettent de bâtir des politiques publiques sur des bases scientifiques solides plutôt que sur des interventions dispersées.

Pour les habitants de la métropole, l’enjeu dépasse largement le vocabulaire des botanistes. Des plages des îles d’or aux collines boisées de l’arrière-pays, ce sont les paysages qui font l’identité et l’attractivité du territoire qui se jouent dans cette bataille silencieuse. Mieux connaître l’ennemi végétal aujourd’hui, c’est se donner les moyens d’intervenir demain de façon ciblée et efficace, pour que la flore provençale continue de s’épanouir sur les sentiers, les dunes et les massifs que des générations de Varois ont appris à aimer.