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La métropole toulonnaise part en campagne contre les plantes envahissantes

Sentier côtier et végétation méditerranéenne préservés par la métropole
Par Jonathan Caron
Publié le 20 août 2026 à 14h15 – Temps de lecture : 4 minutes

La Métropole Toulon Provence Méditerranée a présenté ce mercredi 19 août 2026 l’avancée d’une démarche engagée fin 2024, une étude stratégique consacrée aux espèces végétales exotiques envahissantes qui colonisent peu à peu ses espaces naturels. Derrière ce sigle un peu technique, les EVEE, se cache un enjeu écologique de premier plan pour un territoire qui s’étend des plages du littoral aux reliefs boisés de l’arrière-pays toulonnais. La collectivité entend désormais disposer d’une connaissance fine et organisée de ces végétaux indésirables afin de mieux orienter ses actions de gestion sur le terrain.

Ces espèces, introduites volontairement ou accidentellement par l’homme hors de leur aire d’origine, prospèrent parfois au point d’étouffer la végétation locale. Sur le littoral méditerranéen, plusieurs d’entre elles sont bien connues des promeneurs sans que ceux-ci mesurent toujours leur nocivité. La griffe de sorcière tapisse les rochers du bord de mer et prive les plantes indigènes de tout espace, tandis que l’herbe de la pampa ou les ailantes gagnent du terrain sur les friches et les talus. Les scientifiques classent ces invasions biologiques parmi les cinq causes majeures de l’érosion de la biodiversité à l’échelle mondiale, aux côtés de la destruction des habitats, de la surexploitation des ressources, des pollutions et du dérèglement du climat. En s’installant, ces végétaux dégradent les milieux naturels et font régresser une flore locale souvent remarquable, dont certaines espèces n’existent nulle part ailleurs que sur les côtes varoises.

Le réchauffement climatique vient aggraver le phénomène. En adoucissant les hivers et en modifiant les régimes de pluie, il élargit les zones où ces plantes venues d’ailleurs peuvent survivre et se reproduire. Des espèces jusqu’ici contenues par le froid ou la sécheresse trouvent désormais des conditions favorables sur de nouveaux secteurs, ce qui rend d’autant plus urgente une surveillance méthodique de leur progression.

Pour mener ce travail, la métropole s’est associée à un partenaire de référence, le Conservatoire botanique national méditerranéen. Cet établissement scientifique, dont le cœur historique se trouve précisément sur le territoire métropolitain, à Hyères, fait autorité dans la connaissance et la conservation de la flore du sud-est de la France. Il agit sous agrément de l’État et accompagne régulièrement les collectivités dans leurs stratégies de préservation. Son expertise permet d’identifier avec certitude les espèces en cause, d’évaluer leur dangerosité et de recommander les méthodes de lutte les plus adaptées à chaque milieu.

L’étude vise à centraliser, actualiser et structurer l’ensemble des connaissances disponibles sur ces espèces à l’échelle du territoire métropolitain. Jusqu’ici, les observations existaient mais restaient dispersées entre différents gestionnaires, associations naturalistes et services techniques. Le travail engagé doit aboutir à une vision d’ensemble cohérente, condition indispensable pour hiérarchiser les interventions et agir là où l’enjeu écologique est le plus fort. Cinq grands ensembles ont été définis pour couvrir la diversité des espaces naturels gérés par la collectivité. Trois secteurs géographiques, l’est, le centre et l’ouest de la métropole, s’ajoutent aux zones humides et au sentier du littoral, ce cheminement côtier très fréquenté qui longe la Méditerranée et concentre à la fois une flore fragile et une forte pression touristique.

Le financement de cette ingénierie environnementale bénéficie d’un soutien national. La métropole a obtenu une subvention de 18 200 euros au titre du Fonds vert, soit 40 pour cent du budget total de l’opération. Ce dispositif, déployé par l’État depuis 2023, accompagne les projets des collectivités locales en faveur de la transition écologique, qu’il s’agisse de rénovation énergétique, de renaturation ou, comme ici, de préservation de la biodiversité. L’obtention de cette aide confirme la solidité technique du projet toulonnais et allège d’autant l’effort financier de la collectivité.

Pour les habitants des douze communes de la métropole, cette démarche encore discrète prépare des effets très concrets. Mieux connaître les plantes envahissantes, c’est demain des chantiers d’arrachage mieux ciblés, des replantations d’espèces locales plus efficaces et des paysages littoraux qui conservent leur identité provençale. Dans un territoire où la nature constitue à la fois un cadre de vie quotidien et un atout touristique majeur, la préservation de la flore d’origine relève d’un investissement durable dont les promeneurs du sentier du littoral, les riverains des zones humides et les générations futures seront les premiers bénéficiaires.