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La Sud Sainte-Baume recense les bâtiments agricoles exposés aux inondations

Sacs de sable pour la prévention des inondations devant un bâtiment
Par Jonathan Caron
Publié le 19 août 2026 à 08h17 – Temps de lecture : 5 minutes

La communauté d’agglomération Sud Sainte-Baume a dévoilé ce mardi 18 août 2026 les résultats d’un inventaire inédit consacré aux exploitations agricoles menacées par les crues. Lancée fin 2025 dans le cadre du Programme d’Actions de Prévention des Inondations des Petits Côtiers Toulonnais, cette démarche visait à identifier précisément les bâtiments agricoles situés en zone inondable, afin de préparer les mesures qui permettront demain de mieux les protéger. Pour mener ce travail de terrain, l’Agglomération s’est appuyée sur la Chambre d’Agriculture du Var, dont les techniciens connaissent finement les exploitations du territoire et les réalités du métier.

La mission confiée à la chambre consulaire ne se limitait pas à un simple pointage sur une carte. Il s’agissait de cartographier et de recenser les bâtis agricoles exposés au risque inondation en tenant compte de deux paramètres déterminants, la hauteur d’eau susceptible d’être atteinte et la vitesse d’écoulement. Ces deux données conditionnent directement la gravité des dégâts potentiels. Une eau lente de quelques centimètres n’a pas les mêmes conséquences qu’un flot rapide qui emporte le matériel, fragilise les murs et rend toute intervention impossible pendant la crue. En croisant ces informations avec la localisation des bâtiments, l’étude établit une photographie précise de la vulnérabilité agricole du territoire.

Le bilan chiffré donne la mesure de l’enjeu. Treize bâtiments ont été identifiés comme exposés, ce qui représente plus de 10 000 mètres carrés de bâtis agricoles. La majorité d’entre eux se concentre sur les communes du Castellet et de La Cadière-d’Azur, deux villages dont les plaines accueillent une activité agricole dense, portée notamment par la viticulture qui fait la renommée de ce secteur du Var. Hangars, caves, locaux techniques et bâtiments de stockage abritent du matériel coûteux, des récoltes et parfois l’outil de travail de toute une exploitation. Une inondation peut y anéantir en quelques heures des années d’investissement, ce qui explique l’attention particulière portée à ces sites.

Cette étude s’inscrit dans un cadre plus large, celui des Programmes d’Actions de Prévention des Inondations, un dispositif national qui associe l’État et les collectivités autour d’une stratégie commune de réduction du risque. Celui des Petits Côtiers Toulonnais couvre les bassins versants des petits fleuves côtiers qui descendent vers la rade de Toulon et le littoral varois, des cours d’eau discrets la plupart de l’année mais capables de gonfler brutalement lors des épisodes méditerranéens. La philosophie de ces programmes consiste à agir avant la catastrophe plutôt que de réparer après, en combinant travaux de protection, urbanisme adapté, culture du risque et accompagnement des acteurs les plus exposés.

L’inventaire ne constitue d’ailleurs qu’une première étape. La phase suivante du programme, qui s’étendra jusqu’en 2029, prévoit de solliciter un à un les propriétaires des bâtiments identifiés pour leur proposer un accompagnement personnalisé destiné à réduire leur vulnérabilité face aux inondations. Concrètement, cette démarche peut déboucher sur des diagnostics approfondis puis sur des aménagements adaptés à chaque situation, comme la surélévation du matériel sensible, la création d’espaces refuges pour les équipements, la pose de batardeaux devant les ouvertures ou la réorganisation des espaces de stockage. Autant de mesures qui ne suppriment pas le risque mais qui limitent fortement les pertes le jour où l’eau monte.

Le financement de l’opération illustre la logique partenariale du dispositif. L’État a soutenu le projet à hauteur de 9 000 euros, soit la moitié du coût, par l’intermédiaire du Fonds de Prévention des Risques Naturels Majeurs, plus connu sous le nom de Fonds Barnier. Créé en 1995, cet outil national finance les actions qui réduisent l’exposition des personnes et des biens aux catastrophes naturelles. La Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur a complété ce soutien avec une participation de 5 400 euros, soit 30 % de la dépense, laissant à l’Agglomération une part résiduelle limitée.

Pour le territoire, l’enjeu dépasse largement la seule question technique. Le Var figure parmi les départements français les plus exposés aux inondations soudaines, et le changement climatique tend à intensifier les épisodes de pluies méditerranéennes. En protégeant ses exploitations agricoles, la Sud Sainte-Baume préserve à la fois des emplois, un paysage façonné par des générations de cultivateurs et une économie locale où la vigne et les terroirs occupent une place de premier plan. Les agriculteurs du Castellet et de La Cadière-d’Azur seront donc les premiers bénéficiaires d’une politique de prévention qui entend faire de l’anticipation la meilleure des protections.