Le musée de la Grande Guerre, à Meaux, s’apprête à transformer ses jardins en champ de manœuvres grandeur nature. Les samedi 5 et dimanche 6 septembre, l’établissement, géré par la communauté d’agglomération du Pays de Meaux, organise son grand week-end de reconstitution historique consacré au conflit de 1914-1918. Plus de 300 reconstituteurs, venus d’une trentaine d’associations françaises et étrangères, doivent planter leurs tentes dans le parc pour y dresser un bivouac géant. Aux côtés des unités françaises, des figurants venus d’Allemagne, de Pologne, d’Italie ou d’Europe de l’Est font revivre, deux jours durant, le quotidien des combattants comme celui de l’arrière. Campements, popotes de campagne, cérémonies aux drapeaux, inspections de cantine et scènes de la vie de tranchée doivent se succéder du matin à la fin de l’après-midi, sous les yeux d’un public invité à circuler entre les installations et à dialoguer avec les participants. Ces derniers endossent l’uniforme et les gestes des poilus, mais aussi ceux de leurs adversaires et de leurs alliés, afin de restituer la diversité des armées engagées sur le front. La manifestation déborde la seule enceinte du musée : les deux matinées, à 11h, des défilés sont annoncés dans différents quartiers de Meaux, façon de rappeler que la ville et sa région furent, dès septembre 1914, au cœur de la première bataille de la Marne. Conçu comme une immersion plutôt que comme une exposition classique, le rendez-vous vise autant les passionnés d’histoire militaire que les familles désireuses de comprendre, de manière concrète, ce que fut la vie sur le front et à l’arrière. Ouvert en 2011 au pied du monument américain de la bataille de la Marne, le musée abrite l’une des plus vastes collections européennes consacrées à 1914-1918 ; ce week-end en constitue l’un de ses temps forts de rentrée, très attendu du public familial comme des amateurs de matériel d’époque.
Au fil des deux journées, plusieurs pièces maîtresses concentrent l’attention. Une réplique du char Saint-Chamond, baptisée « La Madelon », doit être présentée et mise en mouvement à plusieurs reprises : le samedi autour de 11h et de 16 h 15, le dimanche vers 10h et 15 h 30. Le musée annonce également la venue d’un authentique taxi de la Marne, prêté par la Fondation Renault, en écho à l’épisode resté célèbre où ces automobiles réquisitionnées acheminèrent des soldats vers le front à l’automne 1914. Les chevaux ne sont pas oubliés : l’association Fer de Lance propose des démonstrations équestres qui rappellent la place, souvent sous-estimée, de la cavalerie et de la traction animale dans le conflit. Des reconstitutions de combats, dont une scène d’attaque au gaz, et, le dimanche, des manœuvres de troupes allemandes, complètent un programme pensé pour donner à voir l’affrontement sous plusieurs angles, du champ de bataille au campement. Côté billetterie, l’entrée est fixée, sur place, à 7 euros pour une journée et à 10 euros pour les deux ; en réservant jusqu’au 4 septembre, le tarif tombe à 5 euros la journée et 8 euros le week-end. La gratuité bénéficie notamment aux enfants de moins de 12 ans, aux militaires et aux enseignants venus préparer une sortie scolaire. Pour 3 euros supplémentaires, et sur réservation, les visiteurs peuvent en outre tenter une « expérience tranchée », parcours guidé dans un boyau reconstitué. La manifestation se déroule dans les jardins du musée, dont l’accès est distinct de celui des collections permanentes : de quoi combiner, lors d’une même venue, la visite du parcours muséographique et la découverte du camp installé à l’extérieur. Le musée met par ailleurs en avant sa billetterie en ligne, ouverte jusqu’au 4 septembre pour profiter des tarifs les plus avantageux, et invite le public à réserver avant de se présenter.
Meaux : un bivouac géant de 1914-1918
Par Marc Blanc
Publié le 31 août 2026 à 10h24 – Temps de lecture : 4 minutes
