1. Home
  2. Nos départements
  3. École inclusive : les pôles d’appui

École inclusive : les pôles d’appui

Par Gilbert Caron
Publié le 28 août 2026 à 15h52 – Temps de lecture : 4 minutes

À la rentrée de septembre, l’Essonne rejoint le mouvement national de transformation de l’école inclusive. Le département verra apparaître ses premiers pôles d’appui à la scolarité, les PAS, un dispositif destiné aux élèves qui rencontrent une difficulté dans leurs apprentissages ou qui présentent des besoins éducatifs particuliers. Ces pôles remplacent progressivement les anciens pôles inclusifs d’accompagnement localisés, les Pial, qui organisaient jusqu’ici l’accompagnement humain des élèves en situation de handicap.
Le calendrier est progressif. À la rentrée 2024, quatre départements – l’Aisne, la Côte-d’Or, l’Eure-et-Loir et le Var – ont expérimenté les premiers pôles. La généralisation à l’ensemble du territoire s’étale ensuite de la rentrée 2025 jusqu’en 2027. Dans l’académie de Versailles, les Hauts-de-Seine ont ouvert la voie en 2025 ; l’Essonne suit à la rentrée 2026, avec le recrutement de coordonnateurs sur des postes à profil, présentés aux personnels lors d’un temps d’information organisé par les services académiques au début de l’année. Ces coordonnateurs constitueront la porte d’entrée du dispositif dans chaque secteur du département.
Selon la circulaire interministérielle du 1er septembre 2025 qui en fixe le cadre, un pôle d’appui à la scolarité constitue à la fois un service rendu aux élèves et à leurs familles et un appui aux équipes éducatives, dans une logique d’accessibilité universelle. Son objectif est d’apporter des réponses de première intention, rapides et adaptées, à tout élève en difficulté. Le pôle peut être saisi par les parents, par l’élève majeur, mais aussi par un professeur, un directeur d’école ou un chef d’établissement. La réponse peut être pédagogique, mise en œuvre par l’enseignant dans sa classe, ou prendre la forme d’un premier accompagnement humain assuré par un professionnel identifié par le pôle, éducateur spécialisé ou professeur ressource notamment.
La principale nouveauté tient à la rapidité. Ces réponses de premier niveau ne nécessitent pas nécessairement une notification préalable de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées, la CDAPH, ce qui doit permettre de mettre en place plus vite les adaptations utiles, sans attendre l’issue d’un dossier. Le texte précise toutefois que les pôles ne se substituent pas aux maisons départementales des personnes handicapées, les MDPH, qui restent seules compétentes pour reconnaître une situation de handicap et proposer des mesures de compensation ; les familles peuvent les saisir directement quand elles le souhaitent. Le pôle demeure par ailleurs chargé de mettre en œuvre l’accompagnement par les AESH notifié par la MDPH et de coordonner, si besoin, les interventions de professionnels extérieurs. Il lui revient d’organiser ces interventions médicales et paramédicales au plus près de l’élève, au sein de l’école ou de l’établissement, afin de lui éviter des déplacements multiples.
Chaque pôle repose sur un binôme permanent : un personnel de l’Éducation nationale, déchargé d’enseignement pour coordonner le dispositif, et un éducateur spécialisé à temps plein, déployé par le secteur médico-social. Le pilotage est assuré, à l’échelle du département, par le directeur académique des services de l’Éducation nationale, en lien avec l’agence régionale de santé. Le pôle peut en outre faire appel à des ressources spécialisées, comme les équipes mobiles d’appui à la scolarisation, pour un avis ou une intervention directe auprès d’un élève. Concrètement, une famille ou un enseignant pourra alerter le pôle sans attendre une décision administrative, et une première réponse, qu’elle soit pédagogique ou humaine, pourra être proposée au sein même de l’école ou de l’établissement. Cette rentrée dira si le nouveau dispositif tient sa promesse d’un accompagnement plus simple et plus rapide.