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Sceaux : festival de l’Orangerie

Par Marc Blanc
Publié le 10 septembre 2026 à 16h15 – Temps de lecture : 4 minutes

La musique de chambre reprend ses quartiers dans le parc de Sceaux. Le Festival de l’Orangerie de Sceaux ouvre sa 57e édition le jeudi 10 septembre et se poursuit jusqu’au dimanche 27 septembre, au cœur du domaine départemental. Pendant 3 week-ends, 16 concerts se succèdent, de l’après-midi à la soirée, dans un cadre patrimonial rare, propriété du département des Hauts-de-Seine, qui compte parmi les partenaires de la manifestation aux côtés de la région Île-de-France. Le premier de ces rendez-vous tombe dès la semaine d’ouverture, les 12 et 13 septembre, et offre aux mélomanes une mise en bouche avant les week-ends suivants. Fidèle à sa vocation, le festival déploie sa programmation dans plusieurs lieux du domaine. Récitals et formations de chambre investissent tour à tour l’Orangerie, le grand salon du château et, selon les propositions, les abords du parc dessiné au XVIIe siècle par André Le Nôtre. Ce va-et-vient entre les espaces appartient à l’identité de la manifestation, qui prend soin d’accorder le répertoire aux décors. L’Orangerie, son écrin principal, a été édifiée en 1686 par Jules Hardouin-Mansart, l’architecte de Louis XIV, pour abriter les orangers pendant l’hiver ; elle a bénéficié d’une restauration récente qui lui a rendu son éclat. Chaque concert y prend des allures de rendez-vous privilégié, dans une salle à taille humaine où la proximité avec les interprètes fait partie du plaisir. Le parc, en accès libre, permet en outre de prolonger la soirée par une promenade au fil des perspectives et des pièces d’eau. Cette 57e édition confirme la place du festival dans le calendrier de la rentrée musicale francilienne, entre grand répertoire et découvertes.
Né en 1969 à l’initiative du violoniste Alfred Loewenguth, à la tête d’un quatuor à cordes réputé, le festival compte parmi les plus anciens rendez-vous de musique de chambre de la région parisienne. Il a traversé les décennies sans renier son esprit d’origine, celui d’un lieu de découverte où se croisent interprètes confirmés et jeunes talents. Depuis 2014, sa direction artistique revient au pianiste Jean-François Heisser, attentif à cet équilibre entre grands noms et révélations, entre fidélité au répertoire et ouverture à de nouvelles voix.
Pour cette édition, la programmation fait dialoguer cordes, piano et chant, dans l’esprit intimiste propre au genre, et attire chaque année un public d’habitués comme de curieux. Chaque fin de semaine réunit plusieurs concerts, le samedi comme le dimanche, autour de programmes distincts. Le choix du domaine de Sceaux n’a rien d’anodin. Aménagé au XVIIe siècle pour Colbert, ministre de Louis XIV, l’ensemble doit ses grandes perspectives, ses pièces d’eau et son canal au talent de Le Nôtre. Devenu l’un des plus vastes espaces verts du département, il marie jardins à la française et bâtiments classés, et se rejoint aisément par le RER B, dont une gare porte le nom du parc. Le château, reconstruit au XIXe siècle, abrite aujourd’hui le musée du domaine départemental, consacré à l’histoire du territoire et à l’art des jardins. Classé, l’ensemble figure parmi les fleurons du patrimoine francilien, et le musée qu’il abrite porte le label musée de France. En installant ses concerts dans ce décor, le festival propose une expérience où l’écoute se prolonge volontiers d’une flânerie, et où l’on peut coupler la venue avec la découverte des collections du musée.
Le rendez-vous s’inscrit dans la Vallée de la culture, la politique portée par le département pour fédérer musées, domaines et manifestations sur son territoire. Le domaine a fait l’objet d’importants travaux de valorisation ces dernières années, de ses jardins à ses bâtiments. Les organisateurs invitent le public à réserver, les jauges des salles historiques demeurant limitées. Le programme détaillé et les modalités d’accès sont communiqués par l’association organisatrice, joignable sur son site. Les spectateurs y viennent autant pour la musique que pour le lieu, où l’histoire et les jardins composent un décor rare en proche banlieue. Après le coup d’envoi de la mi-septembre, la manifestation se prolongera les week-ends suivants jusqu’au 27 septembre, dans une Orangerie enfin retrouvée.