La Métropole Toulon Provence Méditerranée et la Région Sud viennent de franchir une nouvelle étape dans leur coopération énergétique. Deux conventions de partenariat, signées en cette fin de septembre 2026 dans le cadre du projet européen Heat & Cool LIFE, vont permettre d’étudier le potentiel de plusieurs secteurs à Hyères, Toulon et La Valette-du-Var en vue d’y déployer de futurs réseaux de chaleur et de froid. L’ambition affichée par la métropole est claire, il s’agit d’accélérer la transition énergétique du territoire en s’appuyant sur les ressources locales.
Concrètement, ces conventions offrent à TPM une assistance à maîtrise d’ouvrage spécialisée, autrement dit un appui d’experts pour piloter des études de faisabilité approfondies sur les secteurs jugés les plus prometteurs. L’objectif consiste à déterminer les solutions les plus pertinentes pour valoriser les ressources énergétiques disponibles sur place et, à terme, alimenter durablement les logements, les équipements publics et les activités économiques en chauffage, voire en rafraîchissement lorsque les besoins le justifient. À Hyères, les analyses porteront sur plusieurs secteurs structurants de la commune, tandis qu’à Toulon et La Valette-du-Var, elles se concentreront notamment sur le quartier de Sainte-Musse et ses équipements majeurs, un secteur dense qui accueille notamment l’hôpital Sainte-Musse et dont les besoins énergétiques sont importants tout au long de l’année.
Plusieurs sources d’énergies renouvelables et de récupération seront passées au crible. La thalassothermie, qui exploite les calories de l’eau de mer pour chauffer ou rafraîchir les bâtiments, présente un intérêt évident pour une métropole littorale comme TPM, qui l’expérimente déjà. La géothermie, qui puise la chaleur du sous-sol, et la valorisation de la chaleur fatale, cette énergie perdue que dégagent les usines, les stations d’épuration ou les centres informatiques, complètent la palette des pistes envisagées. Selon la métropole, l’enjeu de ces études sera d’identifier les ressources disponibles et les solutions les mieux adaptées aux caractéristiques de chaque secteur.
Ces travaux s’inscrivent dans le cadre du projet européen Heat & Cool LIFE, porté par la Région Sud avec le soutien du programme LIFE de l’Union européenne et de l’ADEME, l’agence de la transition écologique. Ce dispositif, présenté en détail sur le site de la Région Sud, accompagne les collectivités dans le développement de réseaux de chaleur et de froid alimentés par des énergies renouvelables et de récupération. Son ambition est double, accélérer la décarbonation des bâtiments et réduire la dépendance aux énergies fossiles. Les territoires retenus bénéficient d’une expertise technique, juridique, économique et financière destinée à faire émerger des projets performants et durables. Pour TPM, cet accompagnement facilitera l’évaluation du potentiel du territoire, l’identification des montages les plus adaptés et la préparation des futures décisions d’investissement.
Le principe des réseaux de chaleur et de froid mérite d’être rappelé tant il reste méconnu du grand public. Une unité de production centralisée alimente plusieurs bâtiments d’un même quartier grâce à un maillage de canalisations souterraines, ce qui permet de mutualiser la production et la distribution d’énergie à l’échelle d’un secteur urbain entier. Cette organisation facilite le recours aux énergies renouvelables locales, limite les émissions de gaz à effet de serre et renforce la résilience énergétique du territoire. Pour les usagers raccordés, elle constitue aussi un outil de maîtrise des coûts sur le long terme, les tarifs étant moins exposés aux fluctuations des marchés du gaz et du pétrole que les chaudières individuelles.
La démarche s’articule enfin avec les grands documents de planification de la métropole, au premier rang desquels le Plan Climat-Air-Énergie Territorial et le Schéma Directeur des Énergies, qui fixent le cap de la politique énergétique locale. En lançant ces nouvelles études, TPM poursuit le développement de solutions énergétiques innovantes produites au plus près des besoins. Si les conclusions s’avèrent favorables, les habitants de Hyères, de Toulon et de La Valette-du-Var pourraient voir émerger dans les prochaines années des quartiers chauffés par la mer, le sous-sol ou la chaleur récupérée, une perspective qui donnerait au territoire une longueur d’avance dans l’adaptation aux défis climatiques et énergétiques.

