Le Var se prépare à vivre un automne placé sous le signe de la culture du risque. La préfecture relaie en cette fin septembre 2026 la cinquième édition de la Journée nationale de la résilience, un rendez-vous instauré par le Gouvernement pour apprendre à s’informer, à réagir et à se protéger face aux risques majeurs. Si le dispositif s’étend désormais sur toute l’année, son point d’orgue reste fixé au mardi 13 octobre, date choisie en écho à la journée internationale pour la réduction des risques de catastrophes portée par l’Organisation des Nations unies.
L’enjeu n’a rien d’abstrait dans un département régulièrement confronté aux incendies de forêt, aux inondations soudaines et aux épisodes méditerranéens intenses. L’objectif affiché est que chaque habitant connaisse les risques propres à son territoire, comprenne la signification des signaux d’alerte et adopte les bons comportements en cas de catastrophe, pour devenir pleinement acteur de sa propre sécurité. La démarche s’articule autour de trois axes, développer la culture du risque en cultivant notamment la mémoire des catastrophes passées, préparer la population à la survenance d’un événement majeur grâce à des exercices impliquant habitants et employés, et enfin renforcer la résilience collective en faisant connaître l’organisation du retour à la normale ainsi que les aides apportées par la puissance publique, les assureurs et les associations.
Dans le Var, cette journée nationale se décline en une série de rendez-vous concrets. Le mardi 13 octobre, la préfecture et la sous-préfecture accueilleront une journée d’acculturation au risque inondation à destination d’un public scolaire. La métropole Toulon Provence Méditerranée déploie de son côté un programme étalé sur toute l’année, avec treize sessions de formation aux inondations pour les élus et les agents entre juin et décembre, des formations dédiées aux artisans du bâtiment sur la réduction de la vulnérabilité des constructions, des rencontres matinales pour sensibiliser les entreprises, dont une le jeudi 8 octobre à Six-Fours-les-Plages, et dix-huit sessions de sensibilisation des scolaires entre avril et décembre. La ville de Toulon complète ce panorama en organisant début octobre des ateliers participatifs auprès des écoliers, mêlant jeux, gestes qui sauvent et manipulation d’extincteurs sur feux réels.
Le risque incendie, marqueur fort du territoire varois, occupe une place centrale dans cette édition. Les vendredi 16 et samedi 17 octobre, le domaine de l’Octopus à Draguignan accueillera deux journées consacrées à l’aménagement de territoires résilients face au feu de forêt, organisées par Pyrovigil. La première journée s’adressera aux professionnels, entreprises du paysage, élus, associations et gestionnaires, avec des conférences d’experts sur les obligations légales de débroussaillement, des démonstrations d’abattage, d’élagage et de matériel de défense des forêts contre l’incendie, ainsi que des conseils de pépiniéristes, de paysagistes et d’architectes. La seconde ouvrira le site au grand public autour de conférences sur l’urbanisme et les plans de prévention, de témoignages d’expériences vécues et d’animations pour les enfants et les familles. Le même vendredi 16 octobre, l’association des communes forestières organisera au Luc une journée destinée aux élus et aux agents publics, consacrée au nouvel arrêté préfectoral sur le débroussaillement, à la valorisation du bois issu des travaux et à un atelier prospectif sur l’avenir de la défense des forêts face à des feux amplifiés par le changement climatique.
Cette édition 2026 s’appuie aussi sur les actions déjà menées dans l’année. Du 19 au 21 mai, le forum Gaffofeu 83 a accueilli six cent dix enfants au domaine de Fabregas à La Seyne-sur-Mer, en plein cœur du massif du Cap-Sicié, autour d’ateliers ludiques et pédagogiques sur le cycle de crise d’un feu de forêt. Début avril, un village pédagogique avait préparé des collégiens à l’exercice national de sécurité nucléaire de la base navale de Toulon, tandis qu’à la mi-juin Bormes-les-Mimosas transformait sa plage en village des risques, avec expositions photographiques, pièce de théâtre et conférences en soirée. L’ensemble des rendez-vous varois figure sur la carte nationale des événements mise à jour par le ministère.
Pour les Varois, ces journées dessinent bien plus qu’un calendrier d’animations. Dans un département où la sécheresse, le feu et l’eau imposent régulièrement leur tempo, elles installent progressivement une culture partagée du risque, celle qui permet à une commune de se relever plus vite et à chaque habitant de savoir, le moment venu, exactement quoi faire.

