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Le BHNS de la métropole toulonnaise entre en phase de travaux

Bus moderne circulant sur le premier tronçon d une ligne urbaine
Par Jonathan Caron
Publié le 28 octobre 2026 à 09h15 – Temps de lecture : 4 minutes

Attendu depuis plusieurs années dans l’agglomération toulonnaise, le bus à haut niveau de service franchit un cap décisif. Ce mardi 27 octobre 2026, la Métropole Toulon Provence Méditerranée a confirmé l’entrée du projet dans sa phase opérationnelle, avec un calendrier désormais arrêté. À partir du printemps 2027, les aménagements du premier tronçon transformeront progressivement huit kilomètres de voirie entre Ollioules et Toulon, pour une mise en service annoncée fin 2029. Le chantier, estimé à 395 millions d’euros, constitue l’un des plus importants investissements de mobilité jamais engagés sur le territoire.

Le tracé de cette première phase reliera le Technopôle de la Mer, à Ollioules, au secteur de Bir-Hakeim, à Toulon, en desservant quinze stations. Il irriguera notamment les quartiers de La Beaucaire, de l’Escaillon, de Bon Rencontre et du Pont du Las, avant de rejoindre les grands boulevards. Ce mode de transport, intermédiaire entre le bus classique et le tramway, combine voies réservées, priorité aux carrefours et véhicules de grande capacité pour offrir un niveau de service comparable à celui d’un tramway, pour un coût d’infrastructure nettement inférieur. La ligne circulera ainsi à 90 % en site propre, c’est-à-dire sur une voie entièrement dédiée, à l’abri des embouteillages, avec un passage toutes les sept à huit minutes en heure de pointe et un service assuré de 5h30 à 1h30. Les caractéristiques complètes du futur réseau sont détaillées sur la page dédiée au projet.

Sur le terrain, les premières interventions ont déjà commencé. Un chantier inaugural s’est ouvert fin 2025 à Ollioules, avec la construction d’un mur de soutènement représentant un investissement de trois millions d’euros. D’ici au printemps 2027, les concessionnaires interviendront sur les réseaux d’eau, d’électricité, de gaz et de télécommunications, une étape préalable indispensable avant de reconfigurer la voirie en surface.

Le projet dépasse d’ailleurs la seule question du transport. Sous la Porte d’Italie, une voie aujourd’hui réservée à l’automobile accueillera le BHNS, tandis que piétons et cyclistes gagneront de l’espace. Le square Kennedy et le Champ-de-Mars seront réaménagés et végétalisés, et les liaisons avec l’université et l’hypercentre seront renforcées. Dans le secteur de l’Escaillon, une passerelle piétonne facilitera l’accès à l’école maternelle Basse-Convention. Au Pont-du-Las, les travaux avanceront par phases, avec un accompagnement renforcé des habitants et des commerçants de l’avenue du XVe Corps, certaines interventions étant programmées de nuit pour limiter la gêne.

Pour les voyageurs, le bénéfice attendu se mesure d’abord en minutes. Le gain de temps est estimé à une dizaine de minutes sur le premier tronçon, mais la collectivité insiste surtout sur la régularité que garantit le site propre, un horaire fiable quelles que soient les conditions de circulation. Les stations offriront par ailleurs des quais plus larges et mieux abrités qu’aujourd’hui. Josée Massi, maire de Toulon et présidente de la métropole, présente cette nouvelle étape comme un projet mené au plus près du terrain, tandis que Julien Orlandini, premier adjoint au maire de Toulon, y voit avant tout une opération de requalification urbaine dont l’enjeu central reste un temps de parcours garanti.

La conduite du chantier s’annonce comme un défi en soi, avec plusieurs fronts de travaux menés en parallèle. La métropole s’appuiera sur le retour d’expérience de l’élargissement de l’autoroute A57, qui a rodé ses méthodes d’information en amont, avec des élus référents et des médiateurs chargés du dialogue avec les riverains, les commerçants et les usagers. Le volet environnemental n’est pas oublié, puisque 931 arbres seront plantés le long du tracé. Le financement mobilise aussi les partenaires publics, l’État apportant 40 millions d’euros et la Région Sud 10 millions.

À plus long terme, la ligne a vocation à s’étendre bien au-delà de ce premier tronçon, pour relier La Seyne-sur-Mer et Ollioules à La Garde, jusqu’à la gare de La Pauline-Hyères, dessinant ainsi une véritable colonne vertébrale de transport d’ouest en est de l’agglomération. Pour les quelque 450 000 habitants de la métropole, régulièrement confrontés à la saturation des axes routiers, ce projet représente la promesse concrète d’une alternative crédible à la voiture individuelle, et la transformation la plus visible du paysage urbain toulonnais de la décennie à venir.