Face à l’envolée des prix de l’énergie, le gouvernement adapte ses dispositifs pour protéger le pouvoir d’achat de ses personnels. David Amiel, le ministre de l’Action et des Comptes publics, a officialisé une série d’arbitrages financiers et organisationnels à destination des agents de la fonction publique contraints d’utiliser leur voiture dans le cadre de leurs missions professionnelles.
La mesure principale prend la forme d’un coup de pouce financier direct sur les indemnités kilométriques. Pour tous les déplacements de service effectués avec un véhicule personnel entre le 1er juin et le 31 décembre 2026, les barèmes de remboursement vont faire l’objet d’une majoration exceptionnelle de 3,2 %. Cette revalorisation ciblée a été calculée par l’administration pour compenser l’équivalent d’une hausse de 20 centimes d’euro par litre de carburant. Elle s’adresse en priorité aux fonctionnaires de terrain dont la nature des fonctions impose de fréquents changements de site ou des tournées régulières, à l’image des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) affectés sur plusieurs établissements, des enseignants remplaçants ou des personnels hospitaliers mobiles.
Au-delà de ce soutien monétaire, le ministère de tutelle entend modifier l’organisation managériale pour réduire les dépenses contraintes des agents. Une directive officielle, transmise aux directions administratives, exhorte l’encadrement à maximiser le recours aux outils de travail à distance afin de neutraliser les trajets évitables. Les chefs de service sont invités à accorder des journées de télétravail supplémentaires — dans la limite réglementaire de trois jours par semaine pour un temps plein — en portant une attention toute particulière aux collaborateurs dépourvus d’alternatives en transports en commun pour leurs trajets domicile-travail. De la même manière, la dématérialisation doit devenir la norme pour la tenue des séminaires, des formations professionnelles, des réunions de coordination et des jurys de concours.
Enfin, les agents publics pourront cumuler ces dispositifs sectoriels avec les aides de droit commun partagées avec les salariés du secteur privé. Le ministère rappelle que le guichet de l’indemnité « grands rouleurs », dont le montant est fixé à 100 euros, leur est totalement accessible sous réserve de respecter les critères de ressources, de distance quotidienne ou de kilométrage annuel cumulé. Les agents éligibles pourront soumettre leur demande à la fin du mois de mai 2026 sur la plateforme de la direction générale des Finances publiques, un outil de simulation numérique étant déjà opérationnel pour tester son éligibilité.

