Au cœur de Toulon, un ancien site hospitalier a laissé place à un quartier entièrement repensé. Baptisé du nom de l’hôpital qui occupait autrefois les lieux, l’écoquartier Chalucet s’étend sur 3,5 hectares et se présente comme un quartier de la création et du savoir. Conçu par l’architecte Corinne Vezzoni et son agence, il marie patrimoine restauré, vastes espaces verts et lieux dédiés à l’innovation. Ouvert en septembre 2019, il a depuis trouvé toute sa place dans le paysage toulonnais.
La reconversion d’un ancien hôpital n’avait pourtant rien d’évident. Le projet a fait le choix de conserver et de restaurer plusieurs bâtiments anciens, plutôt que de tout raser pour reconstruire. Cette approche mêle le patrimoine bâti aux constructions contemporaines. Elle donne au quartier une identité singulière, entre mémoire et modernité. Le pari consistait à transformer un lieu de soins refermé sur lui-même en un espace public largement ouvert à tous.
Au centre du projet trône la médiathèque Chalucet. Avec ses 5 000 mètres carrés, elle propose bien plus que des livres. On y trouve des espaces de lecture, des salles d’exposition, une salle de cinéma et un café culturel. Véritable lieu de vie, elle est fréquentée par les Toulonnais de tous âges, du lycéen venu réviser au retraité amateur d’expositions.
Chalucet mise aussi fortement sur l’enseignement supérieur et sur l’innovation. La Maison de la créativité accueille Kedge Business School, l’école méditerranéenne Camondo et le Conservatoire national des arts et métiers, le CNAM. À proximité, le pôle des Beaux-Arts héberge l’École supérieure d’art et de design TPM ainsi que TVT Innovation, qui accompagne les jeunes entreprises du numérique. Au total, le quartier peut accueillir près de 1 200 étudiants. Il attire donc une population jeune en plein centre-ville, ce qui dynamise les commerces et la vie de quartier.
Le poumon vert du quartier porte un nom, celui du jardin Alexandre Ier. Ce jardin botanique historique s’étend sur 20 000 mètres carrés. Il abrite des jardins thématiques, huit bassins et 350 arbres plantés. Patiemment restauré, il offre aux habitants un havre de fraîcheur en plein cœur urbain, particulièrement précieux lors des étés méditerranéens de plus en plus chauds.
La nature occupe une place centrale dans la conception du quartier. On y compte 20 000 mètres carrés d’espaces verts et quelque 15 000 plantes. Les toitures végétalisées et les systèmes d’économie d’eau limitent son empreinte écologique. Cent vingt nichoirs à martinets ont même été installés pour protéger cette espèce menacée. La biodiversité n’a donc pas été sacrifiée au profit du béton.
Cet engagement environnemental se traduit par trois reconnaissances officielles. L’écoquartier Chalucet est à la fois labellisé ÉcoQuartier et ÉcoCité, deux distinctions nationales exigeantes qui saluent les projets urbains les plus durables. En octobre 2025, il a de plus décroché le label Quartier Durable Méditerranéen, au niveau or, sa plus haute marche. Cette distinction régionale récompense les quartiers réellement pensés pour le climat du Sud et pour durer dans le temps.
L’opération représente un investissement de 120 millions d’euros et s’est étalée de 2015 à 2019. Plusieurs acteurs publics ont uni leurs forces pour la mener à bien. La Ville de Toulon, la Métropole Toulon Provence Méditerranée, le Département du Var et la chambre de commerce et d’industrie du Var ont porté le projet ensemble. Cette coopération illustre bien ce qu’une action publique coordonnée peut accomplir sur un territoire.
Aujourd’hui, l’écoquartier Chalucet incarne une certaine idée de la ville de demain. Il démontre qu’un ancien site hospitalier peut renaître en un lieu ouvert, vert et tourné vers la connaissance. Pour les Toulonnais, c’est un nouveau centre de vie où se croisent étudiants, familles et amateurs de culture. Le pari de la reconversion urbaine semble, ici, largement gagné.

