La Direction générale des Entreprises vient de franchir une étape décisive dans la formalisation de la stratégie technologique continentale en annonçant l’ouverture officielle d’une vaste consultation publique. Ce processus de concertation, piloté à l’échelle institutionnelle, a pour vocation première d’alimenter de manière substantielle les réflexions et les chantiers conjoints menés par la France et l’Allemagne en matière d’autonomie stratégique. À travers cette initiative, les autorités cherchent à identifier et à stabiliser des critères d’évaluation rigoureux, capables de déterminer avec précision dans quelle mesure les différentes solutions et infrastructures numériques contribuent activement à la génération de richesse sur le sol européen, participant ainsi de façon concrète au renforcement global de la souveraineté économique.
Cette démarche s’inscrit en ligne droite dans la continuité opérationnelle du groupe de travail bilatéral dédié à la Souveraineté numérique. Pour mémoire, cette instance de coopération stratégique avait été formellement installée par Paris et Berlin à l’occasion du Sommet sur la Souveraineté numérique qui s’est tenu dans la capitale allemande le 18 novembre 2025. La mission fondamentale assignée à ce groupe consiste à formuler des orientations et des propositions politiques communes, conçues pour servir de socle à une doctrine européenne harmonisée, cohérente et particulièrement ambitieuse. C’est dans cette perspective de long terme que les experts s’attellent à l’élaboration d’une définition globale et multidimensionnelle de l’indépendance technologique.
Afin de compléter ce dispositif, les services de l’État français mènent de leur côté une analyse approfondie sur les mécanismes internes qui permettent de quantifier l’impact réel de l’économie numérique. Il s’agit spécifiquement d’apprécier la valeur ajoutée par les prestataires de services à travers des indicateurs concrets et structurants tels que le volume d’investissements financiers injectés, la création d’emplois locaux pérennes ou encore l’intensité des efforts de recherche et d’innovation. L’intérêt majeur de la consultation publique est donc de confronter ces critères théoriques à la réalité du terrain en sollicitant les commentaires des professionnels sur trois aspects fondamentaux : leur pertinence stratégique, leur faisabilité technique et opérationnelle, ainsi que leur proportionnalité au regard des buts politiques poursuivis. L’ensemble de ces contributions permettra d’ajuster les positions françaises, qui nourriront par la suite tant le comité franco-allemand que les négociations multilatérales actuellement en cours à Bruxelles concernant la valorisation du tissu technologique européen.
Sur le plan méthodologique, le gouvernement a opté pour un modèle collaboratif structuré, reposant en grande partie sur l’implication des corps intermédiaires. Les syndicats professionnels, les fédérations sectorielles et les groupements représentatifs de l’écosystème numérique sont expressément invités à mobiliser et à interroger leurs membres respectifs afin de centraliser les avis. La consigne est claire : les réponses transmises par ces organismes devront opérer une synthèse fidèle et globale des différents retours d’expérience, dans le but de présenter une vision unifiée, consensuelle et représentative des intérêts économiques qu’ils défendent.
Ce dispositif de collecte s’adresse à un public large et diversifié, englobant les structures patronales, les entreprises de toutes tailles et les organisations professionnelles, qu’elles soient implantées sur le territoire national ou à l’échelle internationale. Afin de garantir l’accessibilité de la démarche et de maximiser la participation, les contributions écrites peuvent être rédigées indifféremment en langue française ou en langue anglaise. Les acteurs économiques disposent d’un calendrier précis pour faire valoir leurs positions, la date limite de dépôt des dossiers étant fixée au 5 juin 2026 par le biais d’un questionnaire dématérialisé accessible sur le portail internet de l’administration. En amont de cette échéance, une session d’information et d’explication sous la forme d’un webinaire interactif est organisée par les équipes de la Direction générale des Entreprises afin de guider les participants et de répondre à leurs questions techniques.

