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Des 12 travaux d’Astérix au Megarama : l’odyssée de Cormeilles

Par Samy Abtroun
Publié le 3 juin 2026 à 16h07 – Temps de lecture : 6 minutes

La date du 2 juin 2026 est d’ores et déjà gravée sur la pellicule de Cormeilles-en-Parisis. Ce soir-là, les projecteurs se sont enfin allumés et le tout nouveau multiplexe Megarama a officiellement levé le rideau lors d’une cérémonie d’inauguration, chargée en émotions et symboles forts. On ne parlait pas simplement ici de couper le ruban d’un équipement de plus, mais bien de célébrer le dénouement spectaculaire, presque surréaliste, d’un feuilleton local qui aura tenu toute la ville en haleine pendant quinze longues années de rebondissements. Pour ce moment historique, le maire Yannick Boëdec était particulièrement bien entouré. À ses côtés, on retrouvait Jean-Pierre Lemoine, le président-fondateur et visionnaire du groupe Megarama, un homme qui a bâti un empire du cinéma à la force du poignet, ainsi qu’Olivier Labarthe, son directeur général adjoint et véritable cheville ouvrière qui a porté le projet à bout de bras sur la dernière ligne droite.

Face à une assemblée composée d’élus, de partenaires économiques et de nouveaux résidents, Yannick Boëdec a pris le micro pour retracer ce qu’il a qualifié, sans exagération, d’« odyssée extraordinaire ». Le clin d’œil historique était d’ailleurs incontournable pour Cormeilles-en-Parisis, la ville natale de Louis Daguerre, l’un des pères de la photographie et de l’image animée. Revenir sur les terres de l’inventeur avec un multiplexe ultramoderne, c’était une jolie façon de boucler la boucle. Mais pour en arriver là, que de sueurs froides ! Lancé en février 2011, le projet a dû traverser un véritable parcours du combattant administratif. Avec un humour décapant qui a conquis la salle, le maire a comparé cette longue aventure aux célèbres « 12 travaux d’Astérix ».

Entre la concurrence féroce des communes voisines bien décidées à croquer le marché et les cartons rouges initiaux des instances décisionnaires, la municipalité a dû faire preuve d’une ténacité digne des plus grands blockbusters américains. Pour décrire la lutte acharnée menée par ses équipes, le maire a enchaîné les punchlines cinématographiques, citant tour à tour le souffle épique de La Guerre des étoiles, la répartie des Tontons flingueurs et la rage de vaincre d’un combat à la Rocky Balboa. Après avoir connu un suspense insoutenable et la peur viscérale de voir le projet s’arrêter net suite à une décision administrative défavorable, la mairie a finalement sorti son « Joker » : une stratégie fine de cinéma à taille progressive. Cette patience de joueur d’échecs a payé. Yannick Boëdec a d’ailleurs rappelé avec une pointe de malice le vieux match amical qui l’opposait à la ville voisine de Montigny-lès-Cormeilles. Il y a quinze ans, Montigny gagnait la course au cinéma pendant que Cormeilles décrochait son lycée. Aujourd’hui, en fin stratège, le maire a savouré sa victoire : sa commune dispose désormais des deux infrastructures majeures sur son territoire. Il a également tenu à saluer la success-story de Jean-Pierre Lemoine et l’expertise d’Olivier Labarthe, ancien cadre de la concurrence qui a rejoint l’aventure Megarama pour offrir une « belle fin » à ce scénario d’action.

Sur le plan technique et architectural, Megarama n’a pas fait les choses à moitié pour séduire les cinéphiles. L’expertise du groupe transparaît dans chaque recoin du complexe, conçu pour que le spectateur ne soit plus un simple client, mais un voyageur littéralement projeté au cœur de l’image. Oubliez les salles obscures classiques et étriquées : ici, les fauteuils affichent des dimensions XXL ultra-confortables, développés en exclusivité pour l’enseigne afin de garantir une assise parfaite. Le grand clou du spectacle reste la salle Horizon-THX, une pure prouesse technologique qui offre une expérience acoustique incomparable grâce à un travail d’ingénierie invisible dissimulé derrière l’écran, balançant un son à la fois surpuissant et d’une clarté cristalline. Le complexe se distingue aussi par une vraie touche de modernité dans ses services, en mode « chill and movie ». On y retrouve un corner Starbucks pour les accros au café et, surtout, une offre de restauration originale qui fait déjà parler d’elle : le pop-corn est fabriqué directement sur place à Cormeilles avec du maïs français rigoureusement sélectionné dans le Sud-Ouest. Une exclusivité nationale dont l’enseigne est particulièrement fière et qui apporte une vraie valeur ajoutée gustative à la séance.

Le succès populaire ne s’est d’ailleurs pas fait attendre. Le public de la région n’a pas attendu les discours officiels pour valider le spot, puisque depuis l’ouverture technique le 20 mai, quelque 5 000 spectateurs curieux ont déjà testé et approuvé les lieux. Cette réussite éclair est aussi celle d’un chantier mené tambour battant, bouclé en seulement cinq mois et demi grâce à la mobilisation non-stop d’entreprises locales. Désormais, sous la direction de Stéphane Michel sur le terrain et la supervision de Thomas Blocquaux au niveau national, l’équipe du cinéma veille au grain pour que le septième art reste une fête accessible et inclusive, notamment par le biais de tarifs maîtrisés et d’une formule d’abonnement illimitée qui devrait rapidement faire le plein.

La soirée inaugurale s’est achevée avec la projection des bandes-annonces exclusives du très attendu biopic De Gaulle et du dernier Steven Spielberg, Disclosure Day, avant de laisser place à l’événement de la nuit : l’avant-première de la comédie Les Caprices de l’enfant roi, portée par le duo Artus et Franck Dubosc. Mais que les habitués et les puristes se rassurent : malgré cette entrée fracassante et ultra-connectée dans la modernité, le maire a tenu à rassurer tout le monde en fin de discours. Les séances dominicales du traditionnel ciné au théâtre du Cormier – Lucienne Malovry sont maintenues, offrant ainsi une complémentarité culturelle parfaite pour tous les amoureux des toiles à Cormeilles. Le grand écran a trouvé son nouveau temple, et le spectacle ne fait que commencer !