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École Saint-Dominique : mesures immédiates et soutien aux familles

Par Assia Bedja
Publié le 30 janvier 2026 à 20h01 – Temps de lecture : 5 minutes

À la suite de la diffusion, le 29 janvier sur France Télévisions, d’images révélant des violences envers des enfants de l’école Saint-Dominique, dans le 7e arrondissement, la Ville de Paris a pris des mesures immédiates. Deux animatrices identifiées dans le reportage ont été suspendues, une enquête administrative a été ouverte, et un signalement a été transmis au Parquet. La Ville, en collaboration avec la mairie du 7e arrondissement, a organisé un premier temps d’échange avec les parents dès ce 30 janvier. Face à l’indignation provoquée par ces images, la municipalité réaffirme son engagement ferme contre toute forme de violence ou de maltraitance envers les enfants et confirme son soutien constant aux familles.

Dès le 29 janvier, des vérifications ont été menées pour identifier les agents concernés, et leur suspension a été prononcée à titre conservatoire. La Maire de Paris a demandé à l’Inspection générale de diligenter une enquête administrative sans délai. Parallèlement, un signalement au Parquet, conformément à l’article 40 du code de procédure pénale, a été effectué et une plainte déposée. Le Service départemental de la Jeunesse, de l’Engagement et des Sports (SDJES) a également été informé, pouvant lui aussi déclencher une enquête et interdire aux personnes identifiées d’exercer auprès des enfants.

Pour soutenir les familles, la Ville a mis en place une cellule d’écoute psychologique, gérée par des professionnels de la protection de l’enfance, joignable au 01 87 66 36 42. Depuis novembre, un plan d’action renforcé contre les violences faites aux enfants est déployé, visant à encourager la libération de la parole des enfants et à prévenir les situations de violence. Des points d’étape réguliers sont organisés pour informer les parents.

Depuis le 10 décembre, une ligne téléphonique gratuite et confidentielle, gérée par le centre ressource de l’association l’OSE, permet aux parents d’obtenir conseils et accompagnement psychologique, notamment pour aborder ces sujets avec leurs enfants. Des webinaires mensuels présentent également cette cellule d’écoute et ses services. L’association Paris Aide aux Victimes est mobilisée depuis mi-décembre dans les écoles concernées par des signalements.

Le plan d’action prévoit également un renforcement des procédures de recrutement. Depuis novembre, les entretiens sont réalisés par les circonscriptions des affaires scolaires (Caspe) et non par les Responsables éducatifs Ville (REV). Une grille commune, incluant des mises en situation, est utilisée pour tous les recrutements. La formation des animateurs a été renforcée : en décembre, 255 agents de la Dasco ont suivi une formation avec le Criavs sur la prévention des violences sexuelles et la protection des enfants. Les REV de toutes les écoles suivent la même formation entre le 8 janvier et le 13 mars. Une formation obligatoire de deux jours pour les nouveaux animateurs a commencé en décembre et sera généralisée à partir du 10 février.

Parallèlement, des demi-journées pédagogiques sont organisées dans toutes les écoles pour former les équipes en dehors de la présence des enfants. La première demi-journée, tenue du 12 janvier au 5 février, a porté sur la charte de l’animation, la sécurité physique et affective et les postures professionnelles. La seconde, programmée en avril, sera consacrée aux violences sexuelles. L’Éducation nationale a également formé les directrices et directeurs d’école en janvier, en partenariat avec la Dasco et le Parquet, formation qui sera étendue aux REV.

Pour mieux identifier les équipes périscolaires, les écoles déploient depuis janvier le port du badge par le personnel, l’affichage des trombinoscopes et la transmission des compositions d’équipes aux parents via Paris Classe Numérique. Le protocole conjoint Ville/Rectorat sur les signalements a été actualisé pour assurer une information réciproque systématique entre équipes scolaires et périscolaires. La communication avec les familles est également renforcée : les parents et représentants élus sont informés dans un délai moyen de deux semaines après un signalement. La Ville travaille en coordination avec le Parquet pour établir un protocole de communication respectant le secret de l’enquête.

La Défenseure des enfants de la Ville de Paris, en fonction depuis le 8 décembre, exerce ses missions en totale indépendance et rendra compte régulièrement de son activité. Elle peut être saisie à l’adresse : defenseurdesenfants@paris.fr.

Sur le plan budgétaire, le budget 2026 a été renforcé pour soutenir l’école et le périscolaire, en cohérence avec le plan d’action contre les violences. Des investissements ont été prévus pour l’aménagement des espaces de lecture, le maintien de tous les postes Ville (PVP, animateurs, Asem), la création de 63 postes supplémentaires, l’augmentation des budgets de formation diplômante et des primes pour les REV, la désignation d’un référent inclusion par école et le développement d’ateliers de sensibilisation aux droits de l’enfant dès la maternelle. Le maintien des décharges d’enseignement des directrices et directeurs d’école a été assuré. Le coût total du plan d’action est estimé à 12 millions d’euros.