La transition énergétique en milieu urbain dense franchit un palier concret et historique au cœur de la petite couronne francilienne. Dans les toutes prochaines semaines, la signature des conventions avec les territoires retenus va être finalisée, ouvrant ainsi grand la voie au déploiement opérationnel des grands projets photovoltaïques des Hauts-de-Seine. Cet acte administratif et politique majeur va formaliser l’engagement conjoint de l’État et de la Métropole du Grand Paris auprès des collectivités lauréates, débloquant les accompagnements techniques et financiers indispensables pour transformer les infrastructures existantes en sources d’énergie propre. Face aux exigences climatiques contemporaines, cette initiative publique s’inscrit comme une étape structurante pour accélérer la transition énergétique locale et faire du département un territoire pilote de la Métropole du Grand Paris en matière d’autoconsommation collective. À travers cette alliance stratégique, le territoire amorce une révolution énergétique de proximité, centrée sur l’implication directe des structures locales et des citoyens.
Le point de départ de cette dynamique repose sur un constat chiffré particulièrement saisissant quant aux marges de progression du territoire en matière d’énergies renouvelables. À l’heure actuelle, la production d’électricité issue de l’énergie solaire ne représente qu’une part infime de l’approvisionnement local, s’élevant à seulement 0,2 % de la consommation électrique globale du département. Pourtant, les analyses techniques révèlent un potentiel d’implantation d’une ampleur insoupçonnée. Si l’ensemble des surfaces horizontales disponibles, comprenant la totalité des toitures des bâtiments publics et privés ainsi que les zones de stationnement et de parking, était mobilisé et équipé de panneaux solaires, cette contribution pourrait bondir pour atteindre près de 20 % de la demande en électricité des Hauts-de-Seine. C’est précisément pour basculer vers cette production de masse et exploiter ce gisement solaire jusqu’ici sous-utilisé que les futures conventions vont acter une feuille de route rigoureuse.
Cette accélération volontariste répond aux trajectoires imposées par la Stratégie nationale bas carbone ainsi qu’aux orientations fixées par le Plan Climat Air-Énergie métropolitain 2026-2032. Ce plan de programmation métropolitain prévoit une multiplication par 30 de la production photovoltaïque d’ici 2030. Pour satisfaire à ces exigences réglementaires ambitieuses, Alexandre Brugère, préfet des Hauts-de-Seine, a pris l’initiative de lancer, le 2 juillet 2025, en lien étroit avec la Métropole du Grand Paris, un appel à manifestation d’intérêt (Ami) spécifique. Les décideurs publics ont acté le fait que pour atteindre de tels objectifs, il était nécessaire de massifier la production et la consommation d’électricité d’origine photovoltaïque en s’appuyant notamment sur l’essor de petits projets portés localement, jugés plus agiles et plus prompts à s’intégrer dans le tissu urbain très dense qui caractérise le département.
Le cœur méthodologique de cet Ami, dont les conventions opérationnelles vont être signées, réside dans l’expérimentation d’un mécanisme moderne et solidaire : la boucle d’autoconsommation collective d’électricité. Conçu comme une phase test à l’échelle locale, ce modèle innovant a vocation à démontrer le potentiel de ces solutions et à tester des dispositifs d’avenir avant leur éventuelle généralisation nationale. L’ambition de l’Ami est de proposer un accompagnement technique et financier complet de l’État et de la Métropole du Grand Paris aux collectivités des Hauts-de-Seine pour la formation de ces boucles. Concrètement, l’autoconsommation collective permet à plusieurs consommateurs, qu’il s’agisse d’habitants, d’entreprises privées ou d’équipements publics, de partager l’électricité produite localement via une installation photovoltaïque située sur la toiture d’un producteur, lui-même membre de la boucle. Ce dispositif innovant permet à la fois une production locale, un partage organisé et transparent de l’énergie, ainsi qu’un tarif préférentiel et maîtrisé pour les participants, tout en accélérant la transition énergétique environnementale au cœur des quartiers.
Le calendrier de cet Ami s’est articulé de manière très rigoureuse tout au long de l’année passée. La clôture des candidatures, intervenue le 3 novembre 2025, a rencontré un franc succès et a permis de sélectionner six lauréats parmi les collectivités des Hauts-de-Seine. La liste des lauréats retenus témoigne d’une mobilisation générale des structures intercommunales et des municipalités du département, assurant que l’expérimentation sera menée sur des tissus urbains variés, allant des zones d’affaires denses aux secteurs plus résidentiels.
Parmi les dossiers lauréats figure l’établissement public territorial Vallée Sud Grand Paris, qui s’illustre par une approche croisée et territoriale à travers trois projets complémentaires portés par les communes de Malakoff et du Plessis-Robinson. De son côté, le territoire de Paris Ouest la Défense se distingue par une alliance de proximité, unissant les forces et les surfaces foncières des communes de Suresnes, de La Garenne-Colombes et de Vaucresson. Cette couverture géographique est idéalement complétée par l’engagement des territoires de Boucle Nord de Seine d’une part, et de Grand Paris Seine Ouest d’autre part. En concrétisant la signature imminente de ces conventions de partenariat, le Préfet Alexandre Brugère souhaite encourager le déploiement opérationnel de ces dispositifs afin de valider des modèles énergétiques d’avenir, durables, reproductibles et accessibles à tous.
Énergie : le 92 libère son potentiel solaire
Par Gilbert Caron
Publié le 8 juin 2026 à 17h38 – Temps de lecture : 5 minutes
