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Étampes : la tour de Guinette rouvre

Par Assia Bedja
Publié le 14 septembre 2026 à 15h11 – Temps de lecture : 4 minutes

Fermée au public depuis 2018 pour des raisons de sécurité, la tour de Guinette s’apprête à retrouver les visiteurs. Ce samedi 19 et dimanche 20 septembre, à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, le donjon qui domine Étampes redevient le cœur de la programmation municipale, au terme d’un long chantier mené sur ses vieilles pierres. Dans le sud de l’Essonne, où châteaux, jardins et vestiges médiévaux se disputent l’attention des promeneurs, ce retour s’annonce comme l’un des temps forts du week-end, et l’aboutissement d’une mobilisation que la Ville suit de près depuis plusieurs années.
Vestige le plus spectaculaire de l’ancien château royal, la tour a été édifiée au XIIe siècle, à l’époque où les premiers Capétiens tenaient la cité et en faisaient une place forte sur la route du Sud. Son plan quadrilobé, en forme de trèfle à quatre feuilles, en fait un donjon d’un type rare dans le royaume. Classé au titre des monuments historiques depuis 1862, puis reconnu site pittoresque en 1932, l’édifice figure sur les armoiries de la ville, aux côtés du palais du Séjour, autre témoin de ce passé royal. La place fut aussi geôle : la tradition veut que la reine Ingeburge de Danemark, épouse un temps répudiée par Philippe Auguste, y ait été retenue avant de recouvrer ses droits au début du XIIIe siècle. Longtemps, les promeneurs grimpaient jusqu’au sommet pour embrasser du regard la vallée de la Juine, avant que ses maçonneries fragilisées n’imposent sa fermeture, voici sept ans.
Le chantier engagé à l’automne 2025, une fois les échafaudages dressés, visait précisément à écarter ce péril. Des sondages archéologiques ont d’abord été menés au pied de l’édifice, avant le gros de l’intervention. Sur les hauteurs, les tailleurs de pierre ont consolidé les arases, repris les joints, traité les fissures par remaillage et refichage, et débarrassé les murs de la végétation qui s’y était enracinée. Les sols de ciment ont laissé place à des matériaux plus adaptés, les parties instables ont été confortées et les échelles métalliques rongées par la rouille remplacées. Objectif affiché : stabiliser l’ensemble, sécuriser les abords et rendre à l’architecture toute sa lisibilité. Estimée à 330 000 euros, l’opération s’est étirée sur une dizaine de mois, pour une livraison attendue au fil de l’été.
Pour réunir cette somme, la Ville a fédéré plusieurs partenaires publics : l’État, à travers sa direction régionale des affaires culturelles, la Région Île-de-France et le Département de l’Essonne. Le monument a par ailleurs figuré parmi les lauréats du Loto du patrimoine, la mission confiée à Stéphane Berne, qui lui a valu une aide de 30 000 euros. En parallèle, la Fondation du patrimoine a ouvert une collecte de dons, avec un objectif proche de 99 000 euros, pour boucler le financement et associer les habitants à la sauvegarde de leur emblème. Ce tour de table, où l’argent public croise la générosité privée, illustre l’attachement des Étampois à une silhouette qui accompagne la ville depuis près de neuf siècles.
Achevés durant l’été, les travaux permettent d’envisager sereinement le retour du public. Pour ces retrouvailles, la Ville déroule deux journées d’animations. Des visites commentées devraient revenir sur l’histoire mouvementée du donjon comme sur les coulisses de sa restauration, tandis que des ateliers d’inspiration médiévale attendent les familles. Le week-end pourrait aussi donner lieu à un temps inaugural, pensé comme un hommage aux artisans et aux donateurs qui ont porté le projet. L’affluence promettant d’être forte, mieux vaut se renseigner à l’avance sur les horaires et les éventuelles réservations, certains créneaux étant limités. Au-delà de l’événement, cette réouverture referme une longue parenthèse pour un monument devenu, au fil des siècles, l’emblème d’Étampes, et rend de nouveau accessible l’un des plus beaux points de vue sur la ville et sa vallée.