1. Home
  2. Nos départements
  3. ALPES-MARITIMES (06)
  4. Garance à Cannes 2026 : Adèle Exarchopoulos bouleverse dans le rôle d’une femme qui lutte contre l’alcool

Garance à Cannes 2026 : Adèle Exarchopoulos bouleverse dans le rôle d’une femme qui lutte contre l’alcool

Par Ethan Hunt
Publié le 18 mai 2026 à 08h10 – Temps de lecture : 4 minutes

Le Festival de Cannes 2026 accueille un nouveau film français en compétition avec Garance, réalisé par Jeanne Herry. La cinéaste, déjà remarquée pour Pupille et Je verrai toujours vos visages, revient cette fois avec un drame intime autour de l’alcoolisme féminin. Présenté dimanche 17 mai au Grand Théâtre Lumière, le film met Adèle Exarchopoulos au centre d’un récit intense, parfois dur, mais porté par une vraie énergie.

Dans Garance, Adèle Exarchopoulos incarne une jeune actrice qui tente de trouver sa place. Elle travaille dans une compagnie de théâtre, accepte des petits rôles et traverse une vie professionnelle instable. Sa carrière ne décolle pas vraiment. Pourtant, elle garde une présence solaire, un humour direct et une envie forte de vivre. Derrière cette façade, son rapport à l’alcool prend de plus en plus de place.

Garance boit depuis l’adolescence. Au début, elle associe l’alcool à la fête, aux amis, aux soirées et à une forme de liberté. Ensuite, les verres s’accumulent. Le vin blanc devient une habitude, puis un refuge. La jeune femme boit pour tenir, pour oublier, pour calmer ses angoisses et pour supporter ses frustrations. Peu à peu, cette consommation abîme ses relations, son travail et son équilibre.

Jeanne Herry suit son personnage sur plusieurs années. Elle montre les moments d’euphorie, les lendemains difficiles, les trous de mémoire et les retours brutaux à la réalité. Le film ne cherche pas seulement à montrer une descente. Il observe aussi les élans de Garance, ses contradictions et sa difficulté à demander de l’aide. Cette approche donne au personnage une dimension plus humaine que spectaculaire.

Adèle Exarchopoulos apporte beaucoup à ce rôle. Son jeu mélange la force, la fragilité et l’instinct. Elle donne à Garance une énergie presque électrique. À l’écran, elle rit, provoque, s’effondre, repart, puis retombe. Cette intensité nourrit le film et évite au sujet de devenir trop froid. Face à elle, Sara Giraudeau apporte une présence plus douce. Son personnage, Pauline, joue un rôle important dans le parcours intime de Garance.

Le film aborde aussi plusieurs autres thèmes. Il parle de précarité dans le milieu artistique, de solitude, d’amour, de sexualité, de maladie et de reconstruction. Par moments, cette accumulation donne une impression de récit très chargé. Cependant, elle traduit aussi le chaos dans lequel vit Garance. Sa vie avance par secousses, avec des joies rapides et des chutes violentes.

Le sujet de l’alcoolisme reste au cœur du film. Jeanne Herry choisit de ne pas réduire son héroïne à sa dépendance. Elle montre une femme drôle, aimante, maladroite et parfois épuisante. Cette nuance compte, car l’alcoolisme féminin reste souvent moins visible ou moins raconté au cinéma. Garance met donc en lumière un problème de santé publique sans prendre un ton moralisateur.

L’accueil du film semble déjà partagé. Certains saluent la puissance émotionnelle du récit et la performance d’Adèle Exarchopoulos. D’autres reprochent au long-métrage une narration trop répétitive ou trop remplie. Cette division n’a rien d’étonnant à Cannes. En compétition, chaque film affronte un regard exigeant, surtout lorsqu’il traite un sujet sensible avec une forme très incarnée.

Garance marque aussi une étape importante pour Jeanne Herry. Pour la première fois, la réalisatrice présente un film en compétition officielle à Cannes. Elle confirme son goût pour les histoires humaines, les blessures intimes et les parcours de réparation. Après l’adoption et la justice restaurative, elle explore une nouvelle faille personnelle, avec le même désir de comprendre plutôt que de juger.

Le film doit sortir en salles le 23 septembre 2026. D’ici là, sa présentation cannoise devrait nourrir les discussions. Grâce à Adèle Exarchopoulos, Garance possède déjà un visage fort. Son personnage avance dans l’excès, mais cherche surtout une manière de survivre. Sur la Croisette, cette trajectoire douloureuse a trouvé un écho particulier, entre admiration, réserves et émotion.

Crédit photo : Adèle Exarchopoulos, « Garance » et sa part d’ombre (Photo Marie Camille Orlando – 2026 Trésor Films – Chi-Fou-Mi Productions – Studiocanal – France 3 Cinéma – Artémis Productions)