À l’occasion de la sixième édition de la semaine nationale des pensions de famille, le ministère de la Ville et du Logement a choisi de dresser un bilan d’étape particulièrement détaillé de sa politique de lutte contre la grande précarité et le sans-abrisme. L’exécutif, qui a initié en juin 2023 le second volet de son plan quinquennal Logement d’abord, affiche des indicateurs de performance orientés à la hausse à la date du 31 mars 2026. Cette stratégie nationale, qui a profondément modifié la philosophie de l’action publique en substituant la logique de l’hébergement d’urgence par un accès direct à un toit, repose sur une triple approche transversale : la mobilisation massive d’un parc immobilier à bas coût, la prévention des ruptures de parcours et une articulation renforcée entre les secteurs du logement, de l’insertion professionnelle et de la santé.
Selon les données statistiques consolidées et publiées par les services ministériels, l’action conjointe et de long terme menée par les services de l’État, les collectivités territoriales, les bailleurs sociaux et le tissu associatif a permis à 804 000 personnes sans domicile d’accéder à un logement stable et durable depuis le lancement de la première phase du plan en 2018. Dans le détail, le profil des attributions au sein du parc HLM a été structurellement modifié. Environ 219 800 appartements du parc social ont été spécifiquement fléchés vers des personnes issues de la rue ou de structures d’hébergement temporaire. Cette dynamique de réorientation des flux représente un doublement de l’effort public, puisque la part de ces ménages prioritaires est passée de 4,1 % en 2017 à près de 8,5 % au premier trimestre de l’année 2026.
L’effort budgétaire et technique s’est également concentré sur le développement de formules alternatives sécurisées et sur la mobilisation du parc immobilier privé. L’État finance aujourd’hui un réseau de 93 000 places en intermédiation locative, un dispositif protecteur qui s’appuie sur des associations agréées ou des agences immobilières à vocation sociale pour louer des appartements privés à des publics fragiles, ce qui représente une progression de 165 % en l’espace de huit ans. En parallèle, les structures de type pension de famille, pensées pour offrir un cadre de vie semi-collectif aux personnes souffrant de grande exclusion et d’isolement chronique, comptent désormais 26 600 places fonctionnelles sur l’ensemble du territoire national. Par ailleurs, 19 000 logements situés en résidences sociales généralistes et en foyers de jeunes travailleurs ont bénéficié d’un agrément de financement très social entre l’année 2023 et mars 2026.
Pour fluidifier ces parcours d’insertion complexes, le plan a transformé la gouvernance de terrain en doublant les effectifs des Services intégrés d’accueil et d’orientation, qui font désormais office de pivots et de guichets uniques pour l’accompagnement social global des bénéficiaires. Le ministère de la Ville et du Logement entend capitaliser sur cette restructuration pour accélérer la convergence entre le retour au logement et le retour à l’activité économique. Cette démarche s’inscrit en cohérence directe avec les directives fixées par la circulaire interministérielle de juillet 2025 ainsi que par la convention nationale de partenariat signée à l’automne 2025, deux textes cadres visant à sécuriser durablement la trajectoire de vie des personnes accompagnées en connectant de manière systématique les acteurs de l’emploi, de la santé et de la solidarité.

